05/03/2026
L’histoire de la Tour Eiffel, 24 Rue d’Allier continue - malheureusement
L’horrible dame de fer de la Rue d’Allier coûte très cher aux commerçants qui y sont installés et enlaidit notre centre-ville. La résolution du problème liée au sinistre du bâtiment 24 rue d’Allier et sa fermeture ainsi que celle des deux immeubles voisins est urgente pour redonner son lustre à la principale rue commerçante de Moulins.
L’affaire risque de devenir aussi un "boulet" financier très onéreux pour Moulins Communauté, car communauté d’agglomération est le propriétaire de l’ouvrage d’assainissement au joli nom de « Nid de merle » qui passe sous l’immeuble en question. En annonçant au conseil communautaire du 10 décembre dernier (voir le PV, p.13) un accord imminent avec le propriétaire, la SCI Turenne, le Maire de Moulins a soulagé temporairement élus et commerçants en laissant sous-entendre une issue heureuse au conflit.
Selon lui, Moulins Communauté allait reprendre et démolir le bâtiment et que son assurance allait couvrir 50% des frais de l’opération en évocant une responsabilité de la collectivité à hauteur de 50% établie par l’expert judiciaire. Depuis le dernier conseil communautaire et la publication des informations données lors du bureau communautaire du 27 novembre (voir le PV, p.9 suivants) (instance exécutive de la Communauté d’Agglomérationt) - nous savons qu’il n’en est rien.
Ça risque de durer encore longtemps et de devenir de plus en plus couteux.
La déclaration prématurée du Maire n’a rien fait pour arranger les choses. Elle n’avait qu’une portée électorale et n’a pas servi l’intérêt de la collectivité.
Explications en détail:
Le bâtiment 24 Rue d’Allier connaît un risque d’effondrement. C’est pourquoi il a été évacué le 24 janvier 2023 et butonné par une hideuse demie Tour Eiffel en février 2024.
En octobre 2023 les immeubles mitoyens ont été également fermés par mesure de précaution. Depuis tout ce temps, le commerce de la Rue d’Allier et du Centre-Ville tout entier souffre du goulet d’étranglement provoquée par cette structure en métal. Le coût global est difficilement chiffrable. Les frais directs du manque à gagner pour les propriétaires d’immeubles s’élèvent à 25.000€ par mois, c’est à dire à plus de 700.000€ depuis le début du sinistre, somme à laquelle il faudrait encore ajouter le coût du butonnage et des études à hauteur d’environ 600.000€. Et le compteur tourne.
En décembre 2024 l’expert judiciaire a conclu à une responsabilité de 50-50. 50% pour le propriétaire de l’immeuble à cause des fondations bâclées et 50% pour Moulins Communauté, propriétaire d’un ouvrage d’assainissement au nom de « Nid de Merle » qui passe sous l'immeuble. L’expert préconise par ailleurs, une démolition et reconstruction de l’immeuble estimé à 1,3 millions d’euro. En proposant le partage des frais, un transfert de la propriété à Moulins Communauté, et sa seule démolition sans reconstruction, le Maire et ses services ont entamé les négociations d’un accord transactionnel depuis le début de l’année 2025.
C’est cet accord qui a été évoqué lors du conseil communautaire du 10 décembre et qui a tant soulagé les élus. Simplement, lors du bureau communautaire du 27 novembre qui réunit les vice-présidents, conseillers et maires des communes membres de Moulins Communauté, le Directeur General des Services avait bien expliqué qu’il y avait un problème avec l’assurance de la partie adverse, qui contrairement à celle de Moulins Communauté ne voulait pas adhérer au principe de 50-50. Il a également révélé que la SCI Turenne avait introduit déjà en août 2025 un référé indemnitaire au Tribunal administratif pour un remboursement à 100% par Moulins Communauté en s’appuyant sur une jurisprudence établie selon laquelle le pouvoir public assume 100% du coût d’un sinistre même si sa responsabilité n’est que partielle. (voir le PV du bureau communautaire ici: https://publiact.fr/documentPublic/908101 ; à partir de la page 9)
A quoi il faut ajouter qu’entre-temps les voisins avaient également introduit un recours et que le rapport d’un expert judiciaire sur d’éventuels défauts structurels de leurs bâtiments n’est pas attendu avant juin prochain. Si on se base sur le nombre d'intervenants : L’assurance de la partie adverse, celle de Moulins Communauté, le Tribunal administratif, les riverains, l’expert judiciaire et son rapport non finalisé, voyez la complexité d’une affaire qui coûte plus cher chaque mois perdu.
Annoncer une conclusion imminente en décembre et faire ensuite voter les élus sur les termes d’un protocole d’accord transactionnel alors que les obstacles majeurs à un tel accord étaient parfaitement connus et annoncés au bureau deux semaines avant, relève d’une considération purement électorale du Maire de Moulins et Président de Moulins de Communauté. Si vraiment il avait voulu trouver une solution rapide à l’affaire il aurait dû se taire.