Parti de la fête

Parti de la fête Et bien d’autres choses encore ! Et l’union de la gauche !

Le Parti de la fête appelle a la coalition de tous ceux qui aspirent a une vie digne : on veut du temps libre, des espaces publics ouverts et sans voitures et un vrai financement des artistes !

15/03/2026

Le parti de la fête n'a pas présenté de liste aux municipales mais il agit... en attaquant devant le Tribunal administratif de Montreuil l'arrêté préfectoral limitant à minuit l'ouverture des bars alors que c'est 2h à Paris ! Ci-dessous le texte du recours dans son intégralité...

Par une lettre envoyée en recommandé avec accusé de réception le 22 décembre 2025 et reçue le 24 décembre de la même année, le requérant, auteur du présent recours, a demandé au Préfet du département de la Seine-Saint-Denis de bien vouloir retirer l’arrêté n°2016-4124 du 7 décembre 2016 en tant qu’il limite à minuit l’ouverture des bars dans tout le département alors que cette limite est fixée à 2 heure du matin pour la ville de Paris, ce qui constitue une atteinte injustifiée et disproportionnée au principe d’égalité.

L’absence de réponse du Préfet dans les 2 mois suivant la demande valant décision implicite de rejet, c’est le juge administratif compétent – le tribunal administratif de Montreuil - que nous saisissons afin d’obtenir l’annulation de cette décision ainsi que de l’arrêté préfectoral visé dans le cadre de cette procédure.

S’agissant de la recevabilité de ce recours et singulièrement de l’intérêt à agir du requérant, il convient de souligner qu’habitant dans le département de la Seine-Saint-Denis, cette qualité devrait suffire à établir que la décision préfectorale contestée lui fait directement grief et si cela ne suffisait pas, le requérant admettra volontiers fréquenter des bars soumis à cette contrainte horaire.

Le présent recours s’appuie sur le principe constitutionnel d’égalité devant la loi consacré par la Constitution et singulièrement par l’article 6 de la Déclaration des droits de 1789, lequel prévoit que « la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ». Il s’appuie également sur une jurisprudence constante du juge administratif en vertu de laquelle les limitations de la liberté doivent toujours être strictement limitées à ce qui est éminemment nécessaire c’est-à-dire proportionnées au but légitime poursuivi.

A cet égard, si le requérant a pris connaissance des raisons ayant fondé l’arrêté préfectoral –la tranquillité publique et la sécurité des personnes et des biens – nous persistons à considérer que la différence de traitement résultant de cette mesure entre les habitants de Paris et ceux de la Seine-Saint-Denis ne semble ni suffisamment justifiée, ni proportionnée au but poursuivi. Cette appréciation repose sur les conséquences entrainées par cette discrimination sur les conditions d’exercice des libertés fondamentales qui sont en cause. Cette analyse est renforcée par le constat que la limitation fixée par cet arrêté préfectoral vaut de manière générale et absolue puisqu’elle vise tout le département et s’applique toute l’année alors qu’il aurait pu se limiter aux seuls lieux et pour les seules périodes où cette différence de traitement se justifie évidemment. Or, il appartient à l’autorité administrative de prendre les mesures appropriées les moins restrictives des libertés concernées pour atteindre ses objectifs.

Ce recours se fonde essentiellement sur le principe d’égalité mais ce sont in fine de nombreux autres droits et libertés qui sont concernés par cette mesure administrative et ceux-là nous semblent si fondamentaux que nous invitons le juge présentement saisi à mesurer le bénéfice de cet arrêté préfectoral au regard des conséquences qu’il emporte sur les conditions d’exercice de ces droits et libertés.
En premier lieu, cette différence de traitement porte atteinte au droit de chaque personne de participer à la vie politique - droit fondamental qui résulte naturellement du principe démocratique affirmé à l’article 1er de la Constitution de 1958. Il est largement admis dans la doctrine que la démocratie ne saurait se limiter à ses seules manifestations électorales puisqu’elle s’inscrit dans un continuum ; ce que le Professeur Dominique Rousseau qualifie de « démocratie continue ». Cette conception de la démocratie suppose des lieux adaptés pour recevoir du public et qui permettent une confrontation des points de vue. A cet égard, les 40 000 bistrots recensés sur le territoire national apparaissent aujourd’hui comme les lieux privilégiés pour permettre aux habitants d’un quartier de se rencontrer et de débattre des questions d’intérêt public. Et, de fait, on y critique les politiques menées en notre nom, on y mobilise en vue des manifestations, on y fait l’inventaire des mérites et inconvénients respectifs des moyens qui sont les nôtres pour agir ensemble et déjà être au café ensemble c’est agir, c’est faire quelque chose puisque nous mettons en œuvre concrètement la conviction que nos vies ne doivent pas se réduire à celles de travailleurs.
Les bars constituent ainsi l’un des cadres de la démocratie à l’échelle locale et pour tous ceux qui ne disposent pas d’un espace privé, adapté pour recevoir du public, ils font office de refuges. Cela vaut tout particulièrement pour les personnes qui n’ont ni le temps ni l’énergie ni parfois même l’envie de s’engager dans la vie militante – c’est-à-dire la majeure partie de la population – puisqu’alors les bars sont les seuls lieux qui leur offrent un accès au débat public. Si l’on objectait à cette argumentation qu’elle est purement hypothétique, il conviendrait de répliquer que notre analyse est parfaitement démontrée par l’étude scientifique établissant une nette corrélation entre la fermeture des bars et la progression des votes en faveur de l’extrême droite (Hugo Subtil, « Quand les bars-tabacs ferment. L'érosion du lien social local et la progression du vote d'extrême droite en France », Centre pour la recherche économique et ses applications, Université de Zurich, 30 janvier 2026, Note de L’OBE, 2026-02, 2026-02-Quand-les-bars-ferment-2.pdf). Faute de lieux où l’on bute sur des opinions critiques notre bêtise ne peut que s’étendre. Les bars constituent des lieux de débats publics où les points de vue se confrontent et cela apparait essentiel dans le cadre d’un système qui s’affirme comme démocratique.
Si la Préfecture venait à arguer de ce qu’on ne parle pas forcément politique dans les bars et certainement pas à toutes les tables, nous estimons qu’il suffit qu’il y en ai une et peu importe finalement qu’il ne s’en trouve aucune puisque l’essentiel réside dans la possibilité que ce cadre nous offre de faire de la politique.
Si la Préfecture trouvait à répliquer qu’il est loisible aux personnes habitant la Seine-Saint-Denis de se déplacer vers la capitale pour accéder à des bars fermant à 2 heures du matin, nous avancerions que toute notre argumentation repose précisément sur la possibilité de fréquenter un lieu à proximité de notre habitation précisément pour y traiter des sujets locaux, des discriminations qui visent tout particulièrement les personnes résidant dans ce département et des moyens de s’organiser pour les combattre.
A cet égard et ce principe étant admis, si les objectifs poursuivis par l’autorité administrative pour justifier la fermeture 2 heures plus tôt dans le 93 sont légitimes, elles ne peuvent faire contre-poids à cette restriction d’une liberté politique ; la vigilance du juge administratif étant particulièrement accrue dans ce domaine. En effet, toute différence de traitement doit faire l’objet d’une appréciation scrupuleuse du juge et tout particulièrement lorsque la différence de traitement concerne un droit ou une liberté de nature politique. A cet égard, il est particulièrement regrettable que cette différence de traitement concernant les conditions d’exercice d’une liberté politique vienne ici se superposer à de nombreuses autres inégalités sociales entre les populations issues de ces territoires respectifs. Aussi, est-il doublement injuste de priver une population déjà socialement discriminée – y compris dans l’accès aux services publics – de 2 heures de temps de participation à la vie politique (voir notamment les rapports parlementaire d’informations sur l’évaluation de l’action de l’État dans ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis du 31 mai 2018 et du 30 novembre 2023, Comité d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée nationale).

En second lieu c’est le droit d’accéder à la culture qui souffre de cette différence de traitement. Ce droit est consacré par l’alinéa 13 du Préambule de la Constitution de 1946 qui fait partie intégrante du bloc de constitutionnalité et qui proclame que « La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture ». Or, les bars sont des lieux qui offrent un accès à la culture autrement plus large en comparaison d’autres institutions où l’art est enfermé, précisément parce qu’on ne l’y attend pas forcément et surtout en raison de leur proximité pour des populations qui sont socialement éloignées de tous les lieux officiellement dédiés.
A cet égard, les bars constituent un remède au mouvement centrifuge qui concentre les manifestations culturelles dans certains quartiers de la capitale alors que le droit à la culture devrait commander un mouvement inverse, centripète et de dispersion afin de garantir que chacun, peu importe son lieu d’habitation ou de travail, puisse croiser la route de quelques artistes.
A la proximité et à la dispersion s’ajoute la liberté d’accès puisque les bars demeurent des lieux dont l’accès n’est pas payant alors que le prix d’une place de spectacle peut être totalement rédhibitoire pour de nombreuses personnes. Du côté des artistes et à rebours d’une politique culturelle toujours plus concentrée et dominée par quelques privilégiés, les bars permettent d’offrir à leur public toute une diversité de formes artistiques, ce que l’on pourrait appeler la biodiversité culturelle.
Il convient ici d’en revenir à un aspect essentiel de la culture qui tient à son rôle politique et ainsi faire le lien avec la première série d’arguments : si les constituants de 1946 ont consacré le droit à la culture dans la Constitution c’est dans le contexte de l’après seconde guerre mondiale, à ce moment où l’on constate les ravages du fascisme face auxquels la culture apparait comme un rempart, un remède pour se prémunir de cette dérive de la société toute entière. Voilà s’agissant des enjeux de cette question juridique.
Et si le rapport avec la fermeture 2 heures plus tôt ne saute pas à l’esprit, il convient de souligner que le droit à la culture doit s’entendre comme englobant la possibilité – après avoir découvert une œuvre – de partager nos impressions, de discuter avec les artistes – eux qui d’ordinaire sont si inaccessibles. Ainsi, ce qui est visé par ce recours ne concerne pas tant la durée du concert ou de la performance que la possibilité de se maintenir dans le lieux après le spectacle pour prolonger ce moment.

Enfin, qu’il nous soit permis ici de prendre de l’avance sur le débat que pourra susciter ce recours et de répondre à quelques arguments que l’on sent venir.
L’argument tenant à la tranquillité publique mérite ici d’être considéré. Cette question se posant dans les mêmes termes à Paris, elle a vocation à être traitée de la même manière dans le 93 : les lieux accueillant du public ne peuvent déranger les riverains sous peine d’une sanction pénale et civile.
Quant à l’argument consistant à affirmer qu’il existe d’autres lieux, ouverts bien plus t**d, il convient de le relativiser et ce à plusieurs titres :
- L’accès à ces lieux est payant ;
- L’accès à ces lieux n’est pas garanti et encore moins pour les habitants de Seine-Saint-Denis ;
- Ces lieux ne sont pas destinés à permettre aux personnes qui les fréquentent de discuter et c’est ici la singularité des bistrots qui mérite encore une fois d’être soulignée afin de faire écho aux arguments développés dans ce recours.
Enfin, pour ceux qui estimeraient que cette discrimination, pour réelle qu’elle soit, ne porte que sur une différence de 2 heures « seulement » il nous semble essentiel de rapporter cette durée au temps réellement disponible pour accéder à la culture et participer à la vie démocratique pour les personnes ordinaires. Ces deux heures apparaissent dans toute leur importance puisque pour certains ce sera tout ce que la vie - professionnelle et familiale - leur autorise pour jouer un rôle politique et se nourrir de culture.

En conclusion, il apparait que la mesure contestée conduit à ce qu’une population soit discriminée dans son droit d’accéder à la culture et dans son droit de participer au débat public, et que l’objectif poursuivi par l’autorité administrative – pour sérieux qu’il soit – ne suffit pas à justifier une différence de traitement qui constitue une atteinte grave au principe d’égalité.

Pour l’ensemble de ces raisons, le requérant invite le juge à annuler les décisions visées par le présent recours.

Pourquoi le Parti de la fête défend les bistrots ? Extrait de cet article publié par le journal Le Monde : « Si ces ferm...
03/02/2026

Pourquoi le Parti de la fête défend les bistrots ? Extrait de cet article publié par le journal Le Monde : « Si ces fermetures ne sont évidemment pas la cause unique de la progression du RN, elles constituent une dimension non négligeable de l’« effritement des conditions matérielles de la délibération ». Car « quand il n’y a plus de lieu pour se parler, la politique devient un face-à-face entre l’individu isolé et les grands récits médiatiques – et dans ce face-à-face, les discours qui offrent des réponses simples ont un avantage structurel ».

18/01/2026

Elections municipales : l'appel du Parti de la fête !

Parce que la politique doit être l'affaire de tous, sauf à renoncer au principe même de la démocratie ;
Parce que, face à l'extrême droite, la résistance sera collective ou ne sera pas ;
Parce que les idées de gauche doivent être défendues mais surtout incarnées et partagées au quotidien par les gens ordinaires...

Le Parti de la fête invite les bandes d'amis, les copains de quartier, les voisins solidaires, les collectifs d'artistes, tous ceux qui font des choses ensemble - dans un esprit d'ouverture, de tolérance et de solidarité - à s'organiser afin de présenter des listes aux élections municipales !

Cet appel n'exclut personne à gauche mais il s'adresse en priorité à ceux qui n'ont jamais imaginé être candidats, à ceux qui vivent leurs convictions sans disposer de mandats, à ceux que l'on n'entend pas, à ceux qui préfèrent la politique quand elle est concrète : quand les valeurs ne sont plus seulement proclamées mais vécues.

Cet appel repose sur l'idée qu'il faut déprofessionnaliser la politique, assumer l'amateurisme et poétiser la démocratie.

Cet appel propose que la convivialité devienne une méthode d'organisation collective. Sans se prendre au sérieux, commençons par un apéro, un diner et demandons-nous comment élargir le cercle : une fête, une déambulation anti-publicité, un concert... avec toujours à l'esprit l'objectif de rencontrer et faire se rencontrer.

Car, c'est le seul résultat qui vaille : quel que soit le score aux élections notre victoire se mesurera à l'aune des liens que nous aurons créés et renforcés.

08/01/2026

Le bal du 3 janvier… ça ressemblait à ça et c’était drôlement chouette ! Merci Le Bal Thérapie et la Brasserie Croix de Chavaux

Signez et faites tourner 😉
20/12/2025

Signez et faites tourner 😉

Mettre fin à la discrimination des horaires de fermeture des bars

19/12/2025

Oyez Oyez ! Au nom du droit à la fête, nous avons décidé d'engager un recours contre la Préfecture de Seine-Saint-Denis pour mettre fin à la discrimination concernant les horaires de fermeture des bars... C'est minuit dans le 93 alors que c'est 2h du mat' à Paris ! Rien ne peut justifier cette atteinte au principe d'égalité !

"Recours gracieux auprès de M. Julien Charles, Préfet de police de Seine-Saint-Denis et de M.Marc Guillaume, Préfet de la région d'Ile de France.

Par la présente, nous demandons à l'autorité préfectorale compétente :

- de retirer son arrêté n°2016-4124 du 7 décembre 2016 en ce qu'il fixe à minuit l'heure limite de fermeture des débits de boisson dans le département de la Seine-Saint-Denis ;
- d'aligner cet horaire sur celui qui prévaut à Paris c'est-à-dire 2 heure du matin.

Aucune raison ne pouvant justifier une telle différence de traitement, il s'agit d'une discrimination territoriale visant la population de ce département.

Alors que les bars constituent des lieux de rencontres et de convivialité où se créent des liens essentiels au tissu social, cette discrimination porte une atteinte injustifiée aux libertés et aux droits sociaux et culturels protégés par la Constitution française.

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer nos salutations festives et vous rappelons qu'en l'absence d'une réaction à cette demande dans le délai de 2 mois nous pourrons engager un recours contre votre refus d'accéder à notre légitime requête.

Le Parti de la fête"

quand Mr Mondialisation rencontre Planète boum boum ;)
17/12/2025

quand Mr Mondialisation rencontre Planète boum boum ;)

Né au cœur des manifestations contre la réforme des retraites, Planète Boum Boum transforme la rue en dancefloor politique, prolongeant cette manière de faire résonner les luttes autrement : par les corps, la fête et le son. Dans un paysage militant où l’art, la fête et la contestation s’entremêlent — qu’il s’agisse des manifs festives bretonnes face au fascisme, du hip-hop écolo-futuriste de Kazaya ou encore des chants d’exil du Cuarteto Tafi — Planète Boum Boum apporte une nouvelle vibration.

Il y a des manières classiques de militer, et puis il y a Planète Boum Boum. Presque par accident, dans la rue, au milieu des cortèges et des casseroles, le collectif s’est imposé en quelques mois comme un souffle d’air frais.

Là où beaucoup voient la fête comme une distraction, eux en font un outil politique. Là où d’autres crient leur colère, ils la font vibrer sur des basses. Derrière leurs DJ sets engagés, il y a une conviction simple : la joie est une arme. La fête, loin d’être une fuite, devient un moyen de tenir, de se rencontrer, de se relier, de se soigner.

Rencontre avec un collectif qui met la lumière, les paillettes et le BPM au service du bien commun.

➡️ Mr Mondialisation : Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore, c’est quoi Planète Boum Boum ? Un collectif, une utopie, un espace sonore, un manifeste ?

Planète Boum Boum : « Planète Boum Boum, c’est un groupe techno-activiste, né dans la rue et pour la rue. Notre spécialité : mettre de la t**f dans les manifs, et des manifs dans la t**f. On vient du milieu militant et on avait envie d’y injecter un carburant souvent sous-exploité, un carburant renouvelable : la joie.

« ON A MÉLANGÉ BEATS TECHNO, SLOGANS, EXTRAITS D’ACTUALITÉS ET CRIS DE LUTTE, JUSQU’À CRÉER UN ESPACE SONORE, FESTIF ET POLITIQUE. »

Le projet est né pendant les manifestations contre la réforme des retraites en 2023. On a inventé ce format un peu sur le vif, et la magie a opéré. Les gens ont dansé, chanté, repris nos refrains. Très vite, on nous a invités à rejouer ailleurs, en concert ou en festival. Aujourd’hui, Planète Boum Boum, c’est plus qu’un groupe : c’est un mouvement, un souffle collectif, une autre façon de militer. »

➡️ Mr Mondialisation : Pourquoi avoir choisi la fête, la musique électronique et la performance comme terrains d’expression politique ?

Planète Boum Boum : « C’est venu naturellement. On est 9, tous et toutes issu·es du militantisme, et on voulait un support plus créatif pour porter les luttes.

En manif, on marche souvent beaucoup. Si tu le fais en mode full colère, en criant des slogans a capella, c’est dur, tu fatigues et tu te concentres sur le négatif comme ton mal de pied après avoir tant marché. Si tu fais la même chose en dansant, en chantant, tout ça avec plein de gens, tu vois pas le temps passer, c’est magique .

La fête, elle mobilise le corps, crée une communauté de l’instant. Tu ne connais personne, mais tu danses avec tout le monde. Peu importe ton âge, ton look, d’où tu viens, la porte est grande ouverte. Et puis, on y met de l’humour. Ça permet aussi de désamorcer les résistances, de faire réfléchir sans asséner des leçons. »

➡️ Mr Mondialisation : Quelles luttes défendez-vous ?

Planète Boum Boum : « On vient plutôt du milieu écolo, mais une écologie populaire, sinon ce n’est pas de l’écologie. Si on ne parle pas de justice sociale, c’est du vernis.

C’est notre cœur de chansons : on a un titre sur le fret ferroviaire avec Sud Rail, un autre sur la lutte contre les puits de pétrole du bassin d’Arcachon. On parle aussi des pesticides, de la loi Duplomb … Et via cet angle, on relie à d’autres combats : féministes, sociaux, anticapitalistes. »

➡️ Mr Mondialisation : Est-ce que vous considérez vos événements comme des « safe spaces » politiques ? Comment vous les construisez concrètement ?

Planète Boum Boum : « On n’est pas organisateur d’événements à proprement parler, on est plutôt invité·es dans des cadres militants qui partagent ces valeurs. Mais dès qu’on a la main, on fait attention autant que possible à l’accessibilité, le prix, la mixité. Par exemple, pour notre événement Sueur Sociale avec Le Bruit qui Court à la Prairie du Canal en avril dernier, on a veillé à ce que ce soit ouvert à tous·tes, à un prix abordable. »

➡️ Mr Mondialisation : Les personnes racisées sont souvent exclues des discours écolos. Que faites-vous contre ça ?

Planète Boum Boum : « C’est une question qu’on se pose souvent. Dans le groupe, il y a quelques personnes racisées, mais on sait qu’on reste un collectif plutôt blanc. On en a conscience. On ne prétend pas parler pour tout le monde.

Si on est invité·es dans un espace décolonial ou dans une lutte qui ne nous concerne pas directement, on se questionne sur la pertinence de notre présence. Et si on connaît des gens plus légitimes, on conseille de les inviter à notre place. Ça arrive généralement quand c’est pour intervenir sur une table ronde ou autre prise de parole, moins en format concert, car il y a peu de groupe militant qui font la même chose que nous.

Nous savons que l’écologie et la musique électro en France ont une image très blanche et bourgeoise, bien que ce soit une réappropriation car à l'origine c'est une musique inventée par et pour les minorités afro-descendantes aux États-Unis puis les minorités LGBTQIA+. On ne s’en extrait pas totalement, mais on y travaille. Il faut assumer qui on est, on fait attention à nos postures, et surtout, on écoute.

Nous sommes toujours toujours ravi·es d’aller jouer pour des évènements qui mettent en avant ce sujet, comme lors du Printemps des Impactrices, un collectif qui réunit des entrepreneuses écolos racisées qui font le lien entre ces luttes. On les remercie pour ça et on est content·es de les soutenir en y apportant notre touche festive, joyeuse et engagée. »

➡️ Mr Mondialisation : Comment repenser la fête à l’heure de l’urgence climatique ? Peut-on encore « faire la t**f » sans détruire la planète ?

Planète Boum Boum : « On pense que oui. Déjà, là où on joue, les organisateurs ne font pas venir des gens de l’autre bout du monde. On privilégie les événements locaux, les transports doux, le matériel réutilisable. On a déjà joué en manif sur des systèmes mobiles à vélo.

Et on adepte de l’éco-pragmatisme : si on peut faire mieux, on le fait. Mais parfois, il faut aussi faire des compromis : en manif entre ne pas avoir de char pour éviter de polluer et en avoir un, on choisit d’en avoir un, si possible grand et avec un système son puissant car c’est un porte-voix politique énorme. La question, c’est toujours : quel sens ça a ?

L’imaginaire doit être désirable. On peut faire la fête différemment, manger mieux, soutenir les producteurs locaux, rencontrer des gens venus à pied ou à vélo. Ce n’est pas une punition, c’est une expression plus joyeuse, plus vraie. »

➡️ Mr Mondialisation : Qui sont les membres du collectif ?

Planète Boum Boum : « On est neuf. La plupart se sont rencontré·es à Alternatiba Paris (devenu Action Justice Climat Paris), dans les actions de désobéissance civile. Globalement, tout le monde chante, danse et coécrit les chansons. Parmi nos rangs de joyeux lurrons, il y a :

Marie, coprésidente des Amis de la Terre, qui vient d’un milieu écolo militant.

Rachel, réalisatrice, à l’origine de la plupart de nos clips (ex : Ça crame, Le Fret)

Rémi, DJ dans la vie et pour Planète Boum Boum, il compose en grande partie les instrus de nos sons.

Élodie, issue des arts du cirque, elle insuffle l’esprit de coopération dans le groupe, elle s’est formée dans le milieu écolo à travers plusieurs collectifs.

MC, ancienne d’Alternatiba Paris et ancienne assistante parlementaire, elle est aujourd’hui DJ et influenceuse écolo.

Hélène, chanteuse et comédienne, vient du projet Koclico. Elle parle des luttes sous l’angle des émotions, avec beaucoup de puissance scénique.

Sasha, militante aguerrie, elle trouve dans Planète Boum Boum un espace pour relier l'engagement et fête.

Lulu, DJ formée dans le collectif, elle vient du monde de la mobilisation sociale.

Eva, issue du théâtre et de la coordination d’espaces militants (La Base, à Paris), elle gère la production et le booking du groupe.

Chacun et chacune apporte sa touche, sa vision, son énergie. C’est un écosystème vivant. »

➡️ Mr Mondialisation : Comment nourrissez-vous le processus créatif de Planète Boum Boum ?

Planète Boum Boum : « C’est hyper organique. Souvent, tout part d’une actualité ou d’un mot d’ordre militant. On détourne des chansons populaires comme J’aime la galette qui devient J’aime la retraite.

On a repris Toxic de Britney pour parler des PFAS, polluant éternels cancérigènes présents dans plein de produits de cuisine, vêtements, cosmétiques, pour visibiliser auprès du grand public un projet loi à l’Assemblée, visant à les interdire. Ça a super bien marché !

Parfois, on reçoit des commandes : Greenpeace nous a demandé un son sur une nouvelle centrale nucléaire en zone inondable. On a fait un morceau inspiré de Diams & Vitaa, en comparant le nucléaire à un ex toxique.

« SOUVENT, SI ÇA NOUS FAIT RIRE, C’EST BON SIGNE. »

Mais derrière, il y a du travail collectif : écriture à plusieurs, enregistrements studio, réflexions politiques sur le message. C’est à la fois intuitif et très réfléchi. »

➡️ Mr Mondialisation : Si on devait imaginer la fête du futur selon Planète Boum Boum, à quoi ressemblerait-elle ?

Planète Boum Boum : « Pour nous, la fête du futur, c’est dehors. Pas dans des clubs fermés où il faut payer cher l’entrée. C’est dans la rue, dans les champs, sur des places. Libre, inclusive, politique.

« MES JOURS PRÉFÉRÉS, C’EST MON ANNIVERSAIRE… ET LES MANIFS. »

Ce serait une fête avec le moins de gâchis possible, où les déplacements se font à vélo ou en covoiturage, où la nourriture est locale, sans plastique, sans sponsoring toxique.

Une fête qui a du sens écologiquement et humainement. On aime l’idée de la slow fête :
on reste plus longtemps, on rencontre les gens, on se relie aux luttes locales. Quand c’est possible, on programme des dates sur le même territoire. L’été dernier, on était invité à la Fête de la chanson politique près de Toulouse, alors la veille on s’est organisé pour aller jouer à La Base Toulouse, qui sert de base arrière au mouvement qui lutte contre le projet inutile et écocide de l’autoroute A69. »

➡️ Mr Mondialisation : Les milieux de la techno ont parfois une réputation d’être sexistes, voire d’extrême droite. Ça ne vous fait pas peur ?

Planète Boum Boum : « Franchement, non. Il faut distinguer les scènes. L’électro vient à la base des milieux populaires, ouvriers, q***r, racisés : Detroit, Chicago, Berlin. En France, la free party, c’est souvent anarchiste, antifa, solidaire.

Ces milieux sont aujourd’hui réprimés par la police. La techno, c’est d’abord un espace de liberté, pas un terrain pour la haine. Ceux qui s’en emparent pour des discours fachos, c’est de l’appropriation culturelle. Nous, on s’identifie à ce type de fêtes : libres, collectives, politiques. »

➡️ Mr Mondialisation : C’est quand la dernière fois que vous avez vraiment dansé sans penser à la fin du monde ?

Planète Boum Boum : « (Rires.) On n’y pense jamais… ou tout le temps.
C’est ça, être activiste : t’as toujours la conscience du désastre, mais tu choisis d’en faire un moteur. Danser ensemble, c’est une manière de transformer l’angoisse en puissance d’action.

On fait sortir la colère, la peur, la fatigue… et on les transforme en énergie. La fête devient un espace de soin collectif. »

« ON DIT SOUVENT : “FIN DU MONDE, FIN DU MOIS, MÊME COMBAT.” EH BIEN, LA DANSE, C’EST NOTRE MANIÈRE DE LUTTER CONTRE LES DEUX. »

➡️ Mr Mondialisation : Pourquoi tant d’amour pour la joie ?

Planète Boum Boum : « Parce que la joie, c’est politique. Ce sujet est grave, on le sait. Mais on ne veut pas s’y noyer. Nos sons peuvent parler de choses dures : Palestine, nucléaire, climat… mais ils font bouger.

La joie fédère, elle soigne, elle empêche le burn-out militant. La joie, c’est un outil d’organisation. Elle crée du mouvement, du désir, du lien. Les discours scientifiques ne suffisent pas : il faut rendre la lutte désirable. Et c’est ce qu’on fait. »

➡️ Mr Mondialisation : Quels sont vos projets pour la suite ?

Planète Boum Boum : « Beaucoup de choses ! On réfléchit à sortir un EP en 2026, en pleine période électorale. On veut créer de nouveaux sons autour de la politique, du climat, des luttes locales, de l’engagement des jeunes. Peut-être refaire une tournée à vélo, comme on l’a fait cette année dans les Landes, avec la Back to Basic organisée par Girl Go Green. Et surtout, on veut continuer à rendre la lutte sexy, joyeuse, dansante, populaire.

Notre rêve ? Être un groupe connu, oui, mais surtout un groupe utile. Faire entendre notre voix dans les clubs, les festivals, les campagnes, partout où les gens ont besoin d’un peu de beat pour continuer à se battre. »

✍🏼 Propos recueillis par Mauricette Baelen
📸 Planète Boum Boum

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Alors que le Parlement s’apprête à engager un débat sur les Narcotrafic, le Parti de la fête rappelle sa proposition : l...
17/12/2025

Alors que le Parlement s’apprête à engager un débat sur les Narcotrafic, le Parti de la fête rappelle sa proposition : la légalisation de toutes les drogues afin que l’Etat reprenne le contrôle et agisse pour la réduction des risques ! Et pour arrêter d’enrichir les mafias qui engrangent chaque année 5 milliards d’euros avec les trafics de drogue…

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