Militia Sanctae Mariae : Prieuré de France

Militia Sanctae Mariae : Prieuré de France Les Chevaliers de Notre Dame ont été fondés en 1945 pour vivre l’idéal chevaleresque dans une perspec

Circulaire PJ Hamel N° 3
23/02/2018

Circulaire PJ Hamel N° 3

circulaire PJ Hamel N° 02
20/12/2017

circulaire PJ Hamel N° 02

Quand Mgr Le Gal répandait avec joie, bienveillance et largesse, les grâces d'En-haut sur le nouveau chevalier de Notre ...
01/12/2017

Quand Mgr Le Gal répandait avec joie, bienveillance et largesse, les grâces d'En-haut sur le nouveau chevalier de Notre Dame, en la vigile de la fête du Christ-Roi.

26/11/2017
26/11/2017

circulaire N° 01 Père Jacques Hamel

La quête du saint Graal fait partie de la démarche de conversion et du chemin de recherche de tout chevalier. La Règle d...
07/11/2017

La quête du saint Graal fait partie de la démarche de conversion et du chemin de recherche de tout chevalier. La Règle des chevaliers de Notre Dame y fait allusion de façon précise au chapitre III.
Nous donnons donc à lire le texte d'un moine bénédictin, Simon Noël.

S'il y a une chose dans le catholicisme qui me tient particulièrement à cœur, au point que je n'envisagerai jamais de rejoindre une autre...

Photo d'un chevalier, porte parole du Verbe de Vie, devant le Panthéon où reposent des morts bien silencieux.
05/11/2017

Photo d'un chevalier, porte parole du Verbe de Vie, devant le Panthéon où reposent des morts bien silencieux.

Pour la fête de la Toussaint 2017, grande procession dans Paris de bannières de Saints, départ  à 14 h 30 de l'église No...
21/10/2017

Pour la fête de la Toussaint 2017, grande procession dans Paris de bannières de Saints, départ à 14 h 30 de l'église Notre Dame du Liban rue d'ilm Paris 5e, arrivée à 17 h pour les vêpres à la cathédrale Notre Dame de Paris.

05/02/2017

Une promenade Jacques Hamel à Béziers.
Inauguration de la promenade Jacques Hamel
Robert Ménard, maire de Béziers, a inauguré dimanche 23 octobre, la promenade Jacques Hamel, en hommage au prêtre assassiné par des Islamo - musulmans, le 26 juillet dernier à Saint-Etienne du Rouvray.
"Le père Hamel est un martyr. Il y a longtemps que nous n’avons pas eu de martyr en France, la fille aînée de l’Eglise. Alors, chaque fois que vous emprunterez cette petite promenade, souvenez-vous de son visage, de son humanité, de sa grâce. Et priez pour son âme. Et pour l’âme de la France."
25/07/2016 – 09H00 Beziers (Breizh-info.com) – Robert Ménard, maire de Béziers, a inauguré dimanche 23 octobre, la promenade Jacques Hamel, en hommage au prêtre assassiné par des Islamistes le 26 juillet dernier à Saint-Etienne du Rouvray. L’inauguration s’est déroulée après un hommage rendu sur le parvis de la cathédrale Saint-Nazaire.
Sur la plaque, on peut lire : « Promenade Jacques Hamel, prêtre et martyr. Assassiné par des islamistes le 26 juillet 2016 dans l’église de Saint-Etienne du Rouvray ». Il s’agit sans doute d’une des premières plaques signalétiques qui commémore et qui rappelle aux Français les crimes sanglants commis par des fous d’Allah en France.
Robert Ménard est l’un des maires de France qui – tout en ayant rempli une large partie des engagements qu’il avait pris pour la commune de Béziers – a fait de la lutte contre l’immigration et l’islamisation organisée une priorité. Fin communicant, ce dernier maîtrise parfaitement les règles de l’Agit-Prop et de l’influence, ce qu’il a à nouveau prouvé récemment avec une affiche « ça y est ils arrivent, les migrants dans notre centre-ville, l’Etat nous les impose » qui a fait hurler la presse subventionnée tout en séduisant une large partie des biterrois et de la toile dissidente.
Si certains élus ou politiques évoquent la démocratie à tout bout de champ, Robert Ménard la met en application, concrètement, dans sa commune, en organisant prochainement une consultation

populaire sur l’accueil de réfugiés, votée en conseil municipal durant le mois d’Octobre. Et cela malgré les mises en garde du préfet de l’Hérault, visiblement fâché avec le fait de donner la parole au peuple. « Je me dois dès à présent de vous indiquer que si cette délibération venait à être adoptée, je serais conduit à en demander la censure par le juge administratif par la voie d’un référé-suspension » avait déclaré le Préfet « républicain ».
Depuis plus de deux ans à la tête de la commune de Béziers, Robert Ménard est devenu le symbole d’une certaine dissidence de droite, pas forcément encartée dans un parti malgré les proximités qu’on lui prête avec le FN, mais désireuse d’en finir avec une caste politique et médiatique pratiquant la politique de la Terreur.
DISCOURS DE ROBERT MÉNARD : HOMMAGE AU PÈRE HAMEL
Le 26 juillet dernier, quelques jours à peine après l’attentat de Nice, la France basculait à nouveau dans l’horreur. Alors qu’il célébrait la messe, le père Jacques Hamel, 85 ans, était assassiné, non, était égorgé. Encore une fois par des islamistes.
Nous n’étions pas à Mossoul, nous n’étions pas à Alep, mais bien en Normandie, dans la petite paroisse de Saint-Étienne de Rouvray. Oui, en France, chez nous. L’égorgement, ce rituel de l’État islamique, faisait irruption au cœur de notre pays.
C’est vrai, on a du mal à imaginer la scène. Comment des jeunes gens, prétendument français, ont- ils pu commettre un tel acte, dans un tel lieu ? Il nous a fallu prendre la mesure de l’horreur. On venait de mettre à mort un prêtre, dans une église, en pleine messe. Chrétiens ou pas, pratiquants ou non, chacun était visé, dans son cœur, dans son être. On s’en était pris au sacré. La maison de Dieu avait été profanée. Ils avaient martyrisé un simple curé. Ils avaient martyrisé la France.
On me répondra fraternité, ouverture à l’autre, vivre ensemble. Je vous avoue que j’ai du mal à y croire. On m’explique qu’il faut dialoguer, ne pas stigmatiser. Mais dialoguer avec qui ? Avec ces islamistes qui égorgent ici quand leurs amis crucifient des chrétiens en Syrie ?
Non, je tiens trop à ce pays, à ses clochers, à cette chrétienté qui a façonné notre histoire, nos paysages, tout notre imaginaire. Je ne suis pas prêt à tendre l’autre joue, à me laisser faire. Je ne suis pas prêt à abdiquer devant la mort.
Ironie de l’histoire, à Saint-Etienne de Rouvray, la paroisse avait offert, pour un euro symbolique, le terrain sur lequel la mosquée voisine a été construite... Quelle récompense !
À Béziers, modestement, il nous a semblé important d’honorer le père Jacques Hamel. Un vieil homme assassiné parce qu’il était catholique, parce qu’il était prêtre, parce qu’il était français.
Cette petite promenade, au-dessus de l’Orb, au pied de notre cathédrale, est idéale pour s’accorder quelques minutes et réfléchir à la course du monde. À cette course f***e qui nous conduit à l’horreur.
Quelle réponse, me direz-vous. La fermeté, bien sûr. Le courage d’appeler par leur nom les assassins et la religion dévoyée dont ils se réclament. L’affirmation de ce que nous sommes. Mais aussi, un questionnement : et si, face à cette barbarie, nous étions un peu plus nombreux le dimanche à l’église, rassemblés autour de notre foi, de notre culture, de nos racines ? Et si nous avions besoin d’un peu plus de sens, de transcendance ?
Le père Hamel est un martyr. Il y a longtemps que nous n’avons pas eu de martyr en France, la fille aînée de l’Eglise. Alors, chaque fois que vous emprunterez cette petite promenade, souvenez-vous de son visage, de son humanité, de sa grâce. Et priez pour son âme. Et pour l’âme de la France.
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

Nous avons le plaisir de vous donner à lire la conférence que Daniel Facérias a prononcée devant le ###Ve chapitre prieu...
15/01/2017

Nous avons le plaisir de vous donner à lire la conférence que Daniel Facérias a prononcée devant le ###Ve chapitre prieural de France des chevaliers de Notre Dame, le 14 août 2016.

Conférence de Daniel Facérias

De la chevalerie au Moyen Age

Daniel Facérias a rédigé une thèse de doctorat (musicologique, littéraire et spirituelle) sur les troubadours du XIIe siècle et les trouvères. Le président du jury de thèse fut M. Jacques Chailley, membre de l’institut, spécialiste de la musique classique c’est-à-dire à partir du XVIIIe. Parmi les membres du jury figurait M. Claude Nougaro.

L’architecture, la façon d’écrire, la façon d’être dans la poésie médiévale ne se comprend que dans le contexte de la société médiévale. On ne peut comprendre d’une part ce qu’est la chevalerie, et d’autre part ce qu’est le Moyen-Age, sans resituer le contexte philosophique et spirituel de cette époque, précisément du XIIe, qui est certainement la période la plus riche sur le plan artistique, puique c’est la fondation de l’abbaye de Clairvaux et de Citeaux quelques dizaines d’années avant. On est au début de tout ce courant monastique extrèmement riche et profond, qui a généré tant de choses et notamment les chevaliers de l’ordre du Temple. Nous connaissons tous ce texte très beau de St Bernard sur la Nouvelle Milice (de laude novi Militis). Ce qui sera dit se situe sur cette racine. De nos jours le contexte général du Moyen-Age ne se comprend plus du tout aujourd’hui pour deux raisons :
• Le marxisme est passé par là, et il a jugé toute cette époque comme étant obscurantiste, comme étant totalement sous développée, comme une espèce de période où l’on prenait des vessies pour des lanternes. Le marxisme a fait beaucoup de mal dans la lecture, que l’on peut faire de l’époque médiévale.
• Ensuite, le rationalisme d’une certaine manière. Parce que quand vous regardez la théologie médiévale, elle apparaît bien particulière, et on ne peut pas y avoir accès de la même manière au Moyen-Age que dans et par les textes modernes de théologie. Même la lecture aujourd’hui de St Thomas d’Aquin, demande un effort particulier, parce que la tournure d’esprit, bien qu’elle soit plus rationnelle que celle de certains autres théologiens de l’époque, comme St Bernard, exige de pénétrer et de se familiariser avec les catégories intellectuelles de l’époque.

1er point : aspect social du monde médiéval
Qu’est ce qui donc caractérisait la société chrétienne médiévale ? C’est le grand mot que nous connaissons : c’est la Courtoisie. La courtoisie vient de l’occitan cortesia, qui veut dire la cour du cœur, cela vient du mot cœur. La courtoisie c’est vraiment le lieu de la connaissance, le cœur. Il est intéressant, de rapporcher de ce que l’hébreux dit du cœur ; c’est à peu près la même correspondance entre le cœur hébraïque (en terme de langage) et le cœur courtois. C’est vraiment le lieu du confrontement de l’être, c’est-à-dire que c’est le lieu où se fait un peu « l’alchimie de la raison et du sentiment » (de l’intellectus et de l’affectus). Ce lieu du cœur, c’est le lieu vraiment où se réalise la pensée médiévale, où va s’exprimer l’art médiéval, et même où va se développer la société médiévale. On l’a appelée la « société féodale », alors même que féodal vient du mot feu, et c’est le feu qui est dans le cœur. Autrement dit la société féodale est une société qui fonctionne sur cette conception particulière du rayonnement du cœur, de la personne d’abord, et qui forme un corps –puisque l’on est en société chrétienne, on a un vrai sens de ce qu’est le corps mystique du Christ. Les textes ne manquent pas qui trouvent une application, même dans des choses très concrêtes et très basiques. St Benoit, représentons nous la manière dont la vie monastique avait tissé un peu le panorama et le paysage de l’Occident à partir du VIIIe siècle, on voit bien que ces fruits, vont se cueillir au XIIe siècle. Et que ce feu dans le sens spirituel du terme est le lieu de la communauté humaine. Le fief n’est pas une dictature autocratique d’un seigneur qui répand la terreur –comme le marxisme nous l’a décrit- sur les pauvres paysans qu’il asservit, qu’il bat, qu’il exploite etc, ce n’est pas du tout cela. Le feu c’est le lieu qui rassemble la communauté humaine, et qui a des règles spirituelles, sociales et économiques. Qu’en est-il avec les troubadours ? Par exemple, si je suis troubadour d’un fief à Limoges, je peux être appelé dans un autre fief à Carcasonne, pour aller chanter. Le fait d’être du fief de Limoges, on me donne une pièce, et cette pièce je la montre au seigneur ou à l’économe du fief, où je vais et j’ai grâce à cette pièce tout ce qu’il me faut. Je suis équipé à nouveau d’un vêtement, si j’ai besoin d’un cheval, on me le donne, etc. on voit bien que la relation sociale est une relation très particulière. Pourquoi ?
Il y a un texte d’André le Chapelain qui s’appelle l’Amour courtois (texte traduit du XIIIe siècle en très vieux français) : Il explique que de même que le sang crée la circulation et la vie dans le corps humain, puisque l’on a besoin du sang pour vivre, de même le rapport à l’argent est un rapport identique. Cet argent n’est pas quelque chose que je garde, mais quelque chose qui me permet de faire circuler la vie, de le partager, et de ne le pas garder. Il dit si je bloque mon sang, mon cœur s’arrête et je meurs ; de même dans la société, si ces pièces d’or ne circulent pas entre nous, si elles ne sont pas fluantes, la société va mourir. On est dans un contexte, totalement incompréhensible de nos jours. Quelle relation avec les chevaliers du Temple ? Une des fonctions de ces chevaliers était de précisément de garder le trésor. Mais ce n’était pas une garde militaire venant armes à la main pour faire des placements de dépôt d’argent. C’était justement une instiance faite pour maitriser, contrôler la « fluance », c’est-à-dire pour que les choses circulent comme elles doivent circuler. Sachant qu’à l’époque l’argent était frappée par le seigneur du fief à condition que le fief ait une quantité d’or ou de pierreries pour battre monnaie. C’est-à-dire qu’il fallait que la monnaie qu’il battait fût en correspondance avec le trésor du fief. Et on ne faisait pas de crédit, on ne tirait pas de lettre de change. Vous savez très bien ce qui est arrivé à nos chers frères templiers qui ont refusé au roi Philippe le Bel de faire de la « cavalerie ». Cela leur a coûté la vie. Mais c’est quelque chose de très important, car vous voyez qu’il y a un lien sacré. Il y a un très beau texte de St Bernard dans un de ses sermons, où il parle de l’or comme étant quelque chose de spirituel. Pourquoi a-t-on choisi l’or ? Pour ce qu’il représente symboliquement : il brille, il est comme le soleil, donc il est un reflet d’un principe spirituel. Donc l’or est le signe de la garantie d’une communauté, pour faire vivre cette communauté. Et le chevalier à l’époque est –idéalement- le gardien de cette circulation. Il y a dans le système féodal ancien, quelque chose qui est sans doute à regarder aujourd’hui de plus près –c’est dans nos racines que l’on peut lire notre futur.

On est dans un système, non pas comme le décrit Karl Marx par exemple, dans les manuscrits de 1844, où il critique la féodalité. C’est terrible, parce qu’il dit des mensonges. Il dit que les seigneurs ont asservi au profit d’une ou deux personnes ; ils tenaient, ils asservissaient les autres. Ceci est faux. Il n’a pas compris ce qu’était une véritable hiérarchie. C’est une hiérarchie, spirituelle d’une certaine manière. Le pseudo Denis l’Aréopagite a écrit un magnifique texte, qui s’appelle les hiérarchies ecclesiastiques. Ces hiérarchies ecclesiastiques, St Bernard en parle abondamment dans le traité de la considération. Il explique que la société procède non pas par des privilèges arbitraires, ou des privilèges achetés, mais par une logique de Grâce, par des fonctions qui sont hiérarchisées, du plus proche spirituellement au plus éloigné. Ces fonctions permettent aux membres du corps –évidemment, on revient toujours à cela- un fontionnement harmonieux à la fois pour la société et pour l’Eglise. Ainsi tous les attributs des différentes fonctions et ministères de l’église sont définis. Et dans la société civile il en va de même. Chacun a sa propre responsabilité et chacun est la courroie de transmission de quelque chose qui est au-dessus de lui, et de quelque chose qui est au-dessous de lui. Vous savez que l’on fait une distinction, qui vient de Jacques Le Goff (qui est un peu marxisant, mais qui est quand même assez bienveillant pour le Moyen-Age) qui disait que l’on pouvait définir 3 catégories dans cette hiérarchie issues un peu de Denis. C’est en latin : les oratores (ceux qui prient), les bellatores (les chevaliers), et les laboratores (ceux qui travaillent) et les servus – ce n’est pas péjoratif, ce ne sont pas des serfs, des esclaves- (Par exemple un troubadour, Bernard de Ventadour était fils de Boulanger. Il est devenu l’un des 3 noms les plus célèbres en Europe, à l’époque, il a été annobli d’une certaine manière, mais c’est sur sa qualité personnelle, qu’il a franchi les degrés de la hiérarchie. Ce n’était pas par sa productivité, ce n’était pas parce que ses parents avaient de l’argent pour acheter la charge ; c’était par ce qu’il était. On voit bien que toutes ces charges qui étaient réparties selon ces 3 ordres : la qualité de celui qui prie : le contemplatif, la qualité du guerrier : le chevalier (alors dans la chevalerie, au Moyen-Age, les artistes sont chevaliers, l’art relève de la chevalerie, les arts sont considérés comme un art chevaleresque), la qualité de celui qui travaille : les artisans, les corporations, les paysans, qui avaient besoin de personnes qui travaillaient pour eux, les servus, qui n’avaient pas forcément une qualité intrinsèque de contemplatif, de chevalier, ou d’artisan, qui n’avaient pas les qualifications pour faire une statue comme cela, mais qui étaient au service de ces personnes. Et le service n’était pas une chose péjorative, une chose inférieure, c’était le contraire –dans un climat chrétien, comme celui du Moyen-Age- : le Christ s’était fait serviteur, donc ce n’était pas une honte que d’être serviteur d’un artisan, être l’écuyer, ou être le frère lai dans un monastère. Ces choses là étaient admises –non pas de manière laxiste- mais c’était la réalité du corps mystique du Christ que formait ainsi la société féodale.
Et la courtoisie était la manière dont circulait cet amour entre les personnes, et la manière dont circulait cette énergie divine entre les personnes. C’est ce qui faisait sa force -comme disait St Bernard, s’il n’y avait cette force nous ne pourrions rien faire, s’il n’y avait pas cette communion de la communauté humaine. Cela nous l’avons oublié aujourd’hui, ce n’était pas des individus juxtaposés, c’était une communauté. Une vraie communauté, parcequ’ils partageaient tout, puisqu’ils vivaient simplement. Si vous avez réfléchi sur l’habitat au Moyen-Age, vous voyez qu’ils habitaient quand même d’une manière très communautaire, souvent ils habitaient, ils dormaient dans la même pièce, le Seigneur avec ses pages. Il y avait une espèce de façon d’être, différente –et pas du tout misérabiliste.
Dans cette façon d’être, la femme avait une place centrale, elle était la dame, pourquoi ? Dans la chevalerie, c’est important la dame. St Thomas parle de « l’exemplaire divin ». (Voir aussi un très beau texte de Dante, la divine comédie, la Dame qu’est Béatrice.) L’exemplaire divin, c’est quoi ? C’est la part divine qui est en nous quelque part, c’est-à-dire dire Dieu nous créé unique, particulièrement, personnellement, nous sommes une personne voulue et créée par Dieu, et cette personne a une correspondance en Dieu. Le reflet de cette correspondance en Dieu est l’exemplaire, qui est symbolisé par la Dame. Qui prend forme dans les chansons de troubadour, c’est très intéressant, parce que la dame, ce n’est pas dans le plan de l’eros qu’elle se situe. La courtoisie se déploie dans l’agapé. C’est-à-dire dans ce dépassement de soi, qui fait que cette dame –que certains troubadours identifient à Notre-Dame- me conduit comme la Béatrice de Dante à cette conversion, qui est très intéressante ; elle vient chercher Dante à l’entrée du paradis et l’amène à St Bernard, qui l’amène à la Vierge Marie. Donc on voit le lien symbolique. Au Moyen-Age on travaille beaucoup le symbole ; on n’est pas dans le discours ; la pensée n’est pas du tout discursive, elle est symbolique. Et même pour les philosophes, elle est ontologique, c’est-à-dire que je connais ce que je suis, c’est par l’être que je connais, par révélation, on est pas dans le raisonnemment. C’est très judéo-chrétien, c’est Dieu qui me révèle la connaissance, c’est un peu ce que l’on trouve dans les « théoriciens médiévaux de la courtoisie ». (On est très loin de Descartes) On est dans quelque chose de profondément spirituel, où la philosophie n’a pas vraiment sa place, on est dans cette respiration spirituelle permanente, qui jailllit dans les sculptures, dans les cathédrales, dans les chansons, dans la musique, et qui n’est pas quelque chose de conceptuel. Notre Dame de Paris n’a pas été créée de « manière conceptuelle ». Le travail de création est l’émanation symbolique d’une commmuanuté qui travaille. Une cathédrale comme celle de Paris, tout le monde y a participé, c’est-à-dire que ce n’était pas le Bouygues de l’époque qui avait pris le chantier, et qui avait créé des structures et qui avait fait des appels d’offres, pas du tout, c’est la communauté humaine de Paris, qui s’est mise au travail, et tous des boîteux jusqu’à l’ingénieur, tous travaillaient chacun à sa place, dans sa fonction. Cela a duré plusieurs générations. (Cela veut dire que la génération qui suivait ne disait pas, les anciens ont fait n’importe quoi, on repart de zéro, parce que nous voulons la faire carrée. Ils suivaient à la lettre ce que les pères avaient commencé. Ce que la tradition leur donnait.
Que conclure sur cette partie un peu sociale ? En un mot avec le XIVe siècle, et on peut dire que symboliquement, avec la chute de l’ordre du temple, apparaît une mutation sociale terrible dans la société française. On peut dire qu’avec la croisade des albigeois –sujet bien mal connu et mal appréhendé aussi- il y a eu une rupture d’avec la féodalité. L’esprit dont il vient d’être question commence à se déliter, à partir du XIVe siècle.
Notre chère Jeanne d’Arc a essayé dans l’esprit qu’elle avait, qui l’animait, qu’elle avait par révélation, elle a essayé en allant chercher Charles VII de montrer que la France n’était pas un pays ou un état, mais un royaume. Les feux, les fiefs n’étaient que des membres du royaume, ils n’étaient que des parts de ce royaume, ils n’étaient que des parts du corps mystique du Christ ; Le Christ est le vrai roi de France et Charles son lieutenant. C’était cela un peu le sens de la mission de Jeanne d’Arc et nous savons ce qui lui est arrivé. On voit bien qu’il y a eu une rupture profonde dans la pratique sociale du christianisme. Je pense que le XIVe siècle a marqué le tournant. L’histoire de la séparation de l’Eglise et de l’état est un faux problème, par rapport au Moyen-Age. Parce que le Moyen-Age vivait une vraie laïcité, dans le sens où le laïc avait une place, à part entière dans cette société, qui était chrétienne, où chacun avait sa place ; le clergé, les chevaliers, les artisans et les serviteurs. Chacun avait véritablement sa place. A partir du moment, où l’on a commencé à créer cette confrontation, qui culmine avec la révolution, à partir du moment, où cette cohésion et cette cohérence s’efface, des frictions apparaissent ; on n’a plus le sens du royaume, mais on a le sens de l’état. Qui a fait l’état ? Philippe le Bel. Et cet état n’est pas du tout la même chose que ce qu’était le royaume féodal. Libre à chacun de penser, si c’était mieux avant ou après, mais toujours est-il que cela a ouvert la porte aux coupeurs de tête au nom de l’état. On a même coupé la tête des églises, des clochers parce que cette cohésion avait disparu, et que l’on a cru que la religion était un pouvoir. Alors qu’elle n’est pas un pouvoir, elle est un service. Elle est un service spirituel, et elle a permis de transmetttre un état de vie, qui fut très important, surtout au sortir des ruines de l’empire romain, où la barbarie avait déferlé sur l’Europe. Le christianisme a civilisé, a rendu la dignité humaine et la noblesse à l’humanité. Après la chute de l’empire romain, s’il n’y avait pas eu le christianisme qu’est-ce qui serait advenu ? On voit bien que le XIIe siècle est le fruit de cette magnifique civilisation –avec des défauts bien évidemment, rien n’est jamais parfait- mais qui a eu cet aboutissement merveilleux, que sont les cathédrales, le signe un signe visible aujourd’hui encore. Cette réalité sociale va se déliter, à partir du XIVe siècle, et c’est malheureux car finalement on en paye les conséquences graves aujourd’hui. On a perdu ce sens de l’« être ensemble » (plus que du vivre ensemble). On nous dit qu’il faut vivre ensemble, alors qu’il faut être ensemble. Or dans le fief on était ensemble.

2e point : fonction médiévale du chevalier
Le texte essentiel est celui de St Bernard dans l’éloge de la nouvelle milice (de laude novi militis). Il y a peut-être aussi quelque chose qui ne peut manquer de nous interpeller dans les sermons de St Bernard sur le cantique des cantiques. A un moment donné, Salomon parle de ses soldats, le commentaire que fait St Bernard sur ce verset est très intéressant. Il donne un peu la clé, une lecture de ce qu’est le rôle du chevalier, le rôle spirituel du chevalier. Dans le début du sermon, on ne comprend pas pourquoi, il parle du chérubin qui chasse avec l’épée Adam et Eve. Puis il nous amène à Josué, qui va traverser le Jourdain après la mort de Moïse, et il y a le même chérubin avec une épée, qui lui montre la terre sainte. St Bernard, dans sa perspective de la terre sainte que l’on devait protéger, sa conception de la croisade, dit que le chevalier est celui qui, par grâce de Dieu, montre de son épée la terre sainte. Pour les médiévaux c’est plus fort que pour nous, qui avons oublié, le sens de franchir le Jourdain, c’est très proche du judaïsme. Les vrais juifs qui font l’alya, qui retournent en Israel, veulent passer par la Jordanie, parce qu’ils veulent traverser le Jourdain comme Josué. Franchir le Jourdain c’est se purifier pour rentrer en terre sainte. Ce texte est dans le Ier livre de Josué, les trois premiers chapitres, il raconte vraiment comment le peuple Hébreux entre à travers le Jourdain ; le Jourdain s’ouvre, il rentre, tout est purifié. St Bernard nous dit que le chevalier est celui qui montre comme le chérubin où est la terre sainte. Et celui qui de fait protège ceux qui vont la franchir, ceux qui vont suivre, qui vont amener l’arche d’alliance, et cela c’est pour Josué. Et qui vont aller sur cette terre sainte. Donc le chevalier est le gardien de la terre sainte, et c’est pour cela que Saint Bernard s’est battu. Il a fait une lecture mystique de ce qui se passait à l’époque en terre sainte, où les musulmans commençaient à profaner les lieux saints. Il a reçu un appel pour défendre de manière à la fois théologique et mystique la réalité, la nécessité d’envoyer des gardiens en terre sainte. Et c’est les chevaliers du temple qu’il a envoyés, avec ce texte où finalement la vraie guerre sainte n’est pas d’aller trucider les musulmans, elle est d’abord à l’interieur de soi, la vraie guerre sainte. Il le dit dans l’éloge de la nouvelle milice. C’est le combat intérieur, il faut se purifier soi-même, il faut être spirituellement équilibré pour pouvoir accepter cette dignité, d’être gardien de la terre sainte. Il y a un texte de Guillaume de St Thierry, un des disciples de St Bernard, la fameuse lettre aux frères du Mont-Dieu (lettre d’Or), où il reprend un peu cette idée ; il commente St Paul qui dit il faut revêtir le casque du salut… C’est la même chose, il dit en fait la nécessité de cette caste chevaleresque, de cet ordre qui ne sont pas des moines –quoi que les templiers fussent moines- qui est nécessaire pour permetttre à la communauté chrétienne de vivre en paix, et de réaliser la paix. Encore une fois, comme le dit St Bernard, il faut que les chevaliers soient les gardiens de la terre sainte, Guillaume de St Thierry dit aux frères du Mont-Dieu, il faut accepter que les chevaliers viennent protéger, viennent vous protéger. Ce n’est pas qu’une protection militaire, ce n’est vigipirate, ce n’est pas du tout cela. C’est une protection à la fois, militaire certes puisqu’ils sont armés, c’est le bras armé du Moyen-Age, mais c’est une protection spirituelle, et que ce soit Guillaume de St Thierry ou que ce soit St Bernard, ils ne dissocient jamais la veille spirituelle de la veille militaire. Les chevaliers sont de véritables sentinelles, comme l’entendait Jean Paul II quand il dit aux femmes, vous êtes les sentinelles de l’invisible. C’est une dimension chevaleresque qui est définie là, parce que elle est à la fois concrête, physique et extérieure et à la fois intérieure et invisible. Cela a donné lieu à l’histoire du St Graal, qui est une forme symbolique de monter la garde du Cœur Sacré. Et qu’est ce que le St Graal si ce n’est le Cœur Sacré de Jésus. Donc il ne faut pas fantasmer comme beaucoup (comme Hi**er) sur le St Graal. C’est spirituellement une richesse qui est le cœur à la fois, le coeur-sacré, mais qui est en même temps le cœur de la communauté humaine où se reflète le cœur de Dieu. C’est cette garde-là qui est confiée aux chevaliers. Ce Graal n’est pas simplement le vase physique, (est-ce celui de Valence ou pas ?...) Cette question est relative, car la réalité est autre.
Donc ces fonctions de chevalier ont une source dès le Xe siècle. Le grand mouvement de la paix de Dieu. Ce sont les moines de Fontfroide, à côté de Narbonne qui l’ont lancé. Car il y avait des querelles de barons, qui n’arrêtaient pas de se saccager les uns les autres, leurs fiefs –ce n’était tout de même pas l’idéal, le fief- Il y avait des rivalités, des guerres et ils ont créé des villes franches, avec la paix de Dieu. Finalement ils se servaient des chevaliers. L’abbé de Fonfroide disait : « des brigands, on en faisait des hommes d’armes ». Ces hommes d’armes étaient les gardiens de la paix. Les vrais gardiens de la paix, les premiers gardiens de la paix, qu’ils formaient à la fois humainement et spirituellement pour qu’ils sachent de quoi ils parlent, et pour qu’ils sachent ce qu’ils défendaient. Ils ne défendaient pas des biens matériels, ils défendaient une communauté humaine. Ils défendaient une communauté chrétienne. On peut faire le lien, un lien logique finalement entre cette chevalerie qui est née de la paix de Dieu, et après l’Ordre du Temple, et entre-temps St Bernard les as corrigés, puisque comme dans toute histoire humaine, cela se délite toujours, les bons principes souvent sont laissés de côté, il y a des excès, des exactions. Et St Bernard avec son texte sur la nouvelle milice a remis les choses d’aplomb en disant ce n’est pas cela. On n’est pas là pour gagner des butins, pour ce nourrir sur la peau des adversaires. Il disait aux chevaliers, il vaudrait mieux que vous mourriez vous-même plutôt que de tuer l’aversaire, faites-vous sacrifier pour lui. Il était dans une démarche de rectification, d’une chevalerie qui état déjà bien imprégnée depuis le XIe siècle par cette idéal de la paix de Dieu.
Dans les chansons des troubadours le chevalier médiéval a une présence très particulière (ce point sera souligné lors de la publication de ma thèse). Ces troubadours redéfinissent dans les chansons -notamment Bertrand de Born qui était un chevalier- les fonctions de chacun : le moine doit faire cela, le chevalier doit faire cela... Et il fait un panégyrique de l’accomplissement du ministère de chacun. Et il se sert de l’épître de St Pierre, qui dit que chacun a son charisme. Il se sert de cela pour faire sa chanson, en disant que l’un est bon pour faire ceci, l’autre est bon pour faire cela. Donc on est dans un climat particulier, chez les troubadours. Le lien évident et fondamental que l’on voit -aujourd’hui c’est plus difficilement compréhensible - c’est le lien direct avec l’Eglise. La chevalerie est une émanation directe de l’Eglise. Elle est un des aspects fondamentaux de l’Eglise. Le prêtre ou le moine -quoique les templiers fussent moines- ne peut pas prendre les armes, ce n’est pas dans ses attributions. Mais l’Eglise en a besoin pour protéger la commuanuté humaine, elle a besoin de ce bras, que manifeste le chérubin qui donne la terre. Donc c’est le lien indissoluble qu’il y a entre les chevaliers et l’Eglise.

3e point : chevalerie : voie de réalisation spirituelle personnelle, et forme de consécration
Il y a plusieurs exemples de troubadours chevaliers. Ce point m’a beaucoup interpellé personnellement, parce que j’ai toujours été attiré par le Moyen-Age, sinon je n’aurais pas passé 15 ans de ma vie a étudié cela. Il y a quelque chose de moi, qui est dans cette dimension courtoise et chevaleresque. J’ai donc approfondi la voie spirituelle de la chevalerie. Il y a une voie spirituelle. Je vais essayer de ne pas être ambigu. Qu’est-ce qu’une voie spirituelle ? Chacun a une qualité. Notre frère est moine, donc sa nature fait que sa manière d’aller vers Dieu, ou d’épanouir son homme intérieur, son homme nouveau passe par cette forme qui est le sacerdoce, qui est la vie communautaire religieuse dans le charisme particulier de sa communauté… Nous ne sommes pas tous appelés à être des moines, des prêtres ou des religieuses, nous ne sommes pas tous appelés à vivre cette dimension spécifique. Mais on est appelé par notre propre aptitude. Que l’on soit artiste, que l’on soit quelqu’un d’autre … on peut se reconnaitre dans une voie, un idéal, comme la chevalerie. Elle est l’application des vertus, elle est exactement –mutatis mutandis- la même chose que la vie monastique, mais appliqué à une réalité laïque, sociale, donc adapté à ce que nous sommes en réalité et in fine ce que nous sommes dans notre vie quotidienne. Donc aujourd’hui, on peut être banquier et être dans cet idéal. L’idéal chevaleresque peut permettre à un laïc de vivre dans le monde cet idéal que le moine vit un peu de manière retranchée dans la clôture. Puisque la vocation du chevalier est d’être au milieu des autres. Et d’être en même temps des protecteurs du clergé, de l’église et des protecteurs des personnes. Je crois qu’il y a dans cette dimension spirituelle, une véritable voie d’éveil, de connaissance et d’approfondissement de la foi. J’en veux pour preuve le nombre de confréries chevaleresques qu’il y avait jusqu’à la Renaissance et même après. Il n’y avait pas de village sans fraternités chevaleresques. Même s’ils ne faisaient pas partie des grands ordres que l’on connait, les ordres hospitaliers ou autres, il y avait ces regroupements, parce qu’il y avait une queste commune. Je crois que le monde d’aujourd’hui souffre et manque de cette voie. Je vais peut-être vous faire sourire, mais quand on regarde les paroisses, je ne vois pas beaucoup d’hommes, qui viennent... C’est très curieux. J’ai été pendant dix ans régulièrement en Israël, donc j’ai vécu pendant pas mal de temps dans un moshav juif (ce n’est pas un kibboutz, c’est un village clos, c’est le nom dans le désert quand les tribus d’Israel marchaient en sortant d’Egypte, elles formaient un carré. Le moshav c’est l’enclos. C’est resté.), et j’avais lié amitié avec des personnes, et le rabbin m’invitait chaque fois, pour le Shabbat ou autre... et j’allais à la synagogue, j’étais impressionné de voir des hommes. Je voyais ces hommes qui étaient, certains des éleveurs de poulet, d’autres des paysans, des éleveurs avec des mains calleuses, qui chantaient et qui tapaient du pied pendant l’office de Shabbat. Et ils y étaient tous. Je me dis dans nos paroisses on n’a pas cela. Mais pourquoi ? Parce que la pratique juive est différente de la nôtre, donc on ne peut pas se comparer, mais cela veut dire qu’ils se retrouvaient dans la manière de prier, donc ils étaient en harmonie avec ce qu’ils étaient à l’extérieur. Si dans nos paroisses on proposait, comme l’a fait d’une certaine manière le Curé d’Ars, des confréries ; si l’on impliquait les hommes, à autre chose qu’à venir accompagner leur dame qui va mettre les fleurs ou faire la lecture. Si on les impliquait dans autre chose, dans un idéal, avec une démarche, avec une ligne spirituelle, je pense que les hommes reviendraient. Je pense que le rôle de la chevalerie aujourd’hui, c’est celui-là. C’est de toucher, de ramener ces hommes virils, qui ne se reconnaissent peut-être pas dans l’Eglise, telle qu’elle est présentée. On préfére aller au club de rugby qu’à l’église. Il y a un exemple très intéressant, qui avait été fait par celui qui est devenu aujourd’hui l’évêque de Vannes, Mgr Centènes. Je l’ai connu, il m’avait venir chanter dans sa paroisse, et il avait eu cette reflexion, dans sa paroisse, il avait une confrérie catalane (puisque c’était à Perpignan), la confrérie de la Sanch fondée par St Vincent Ferrier, il y a 600 ans, une confrérie pour la semaine sainte, vous savez les cagoules… et il s’était dit, ces gars qu’est ce qu’ils font, ils défilent le vendredi saint, et le reste de l’année ils font la bringue. Ils se réunissent tous les mois, il font un banquet, et c’est terminé. Il a réflechi, il est allé les voir, et il s’est dit je vais leur donner quelque chose à faire. Si je ne leur donne rien à faire, ils vont continuer, ils viendront défiler, puis on rentre là dedans même sans foi ni loi. Qu’est ce qu’il a fait ? Il leur a confié l’accompagnement des obsèques, l’accompagnement des familles, tout simplement. Et là, la confrérie a repris un essor étonnant, elle est revenue dans le cœur de l’église. Et les gens se battent toujours autant pour y rentrer. Et pas pour faire le banquet, ils sont serviteurs. On voit bien que c’est parce que tout d’un coup, on leur donne une responsabilité, dans ce qu’ils sont. La vocation de l’homme n’est pas forcément d’être une chaisière. Mais c’est vrai elles sont utiles les dames de nos paroisses, il faut leur donner une place. Qu’a fait le curé d’Ars ? il s’était rendu compte que les bonshommes allaient au café pendant que les femmes étaient à l’église, alors il a recréé des confréries. Il a essayé de leur faire faire des choses, construire ceci, l’école… Et il leur a donné des responsabilités, et c’est cela la solution.

Mais ce qui manque ce n’est pas seulement l’activisme matériel, c’est une forme de consécration. Et la chevalerie donne une consécration. C’est cette consécration qui est nécessaire pour faire avancer les choses. Regardez l’histoire, du Moyen-Age jusqu’à aujourd’hui, combien les paroisses étaient riches en confréries. L’autre jour j’étais dans un petit village en Bourgogne, et il y avait encore, survivante, une confrérie, qui datait du XIe siècle, c’est très étonnant, ils étaitent encore là, cela existe encore !

Conférence donnée lors du ###Ve chapitre du prieuré de France des chevaliers de Notre Dame le 14 août AD 2016
Pour tout renseignement sur Daniel Facérias cf le site de la diaconie de la beauté : http://ladiaconiedelabeaute.org
Son dernier livre : L’insurrection de la beauté paru en 2013 aux éditions le Passeur

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Montireau
28240

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