15/05/2026
Aux élu·es de gauche du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne
Ressaisissez-vous
Mesdames, Messieurs,
L’élection à la présidence du Conseil départemental en avril 2026 a plongé notre département dans une situation politique aussi inédite qu’alarmante. Pour la première fois depuis des décennies, la droite prend la tête de l’institution avec l’appui direct ou indirect de l’extrême droite, dans un contexte de divisions, de manoeuvres et de rivalités internes entre forces pourtant issues de la même majorité PRG-PS, dite « de gauche ».
Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement d’années d’effacement politique, de renoncements idéologiques, de personnalisation du pouvoir et d’arrangements permanents qui ont fini par brouiller totalement les repères auprès de la population.
Depuis trop longtemps, le Conseil départemental fonctionne comme une machine d’équilibres internes, de fidélités personnelles et de jeux d’influence, bien loin des préoccupations concrètes des habitants du Tarn-et-Garonne. Sous les présidences successives, les logiques de gestion et de clientélisme ont remplacé toute ambition de transformation sociale et de progrès humain.
Cette majorité ne s’est jamais clairement affirmée de gauche. Elle a entretenu une confusion permanente entre les sensibilités politiques, banalisant au passage les comportements et les positions de l’extrême droite départementale. Pendant des années, les élus du RN ont été traités comme des interlocuteurs ordinaires alors même qu’ils annoncent ouvertement leur volonté de conquérir le pouvoir local.
Les événements récents ont porté cette dérive à son point culminant : candidatures concurrentes issues du même camp PS-PRG, divisions internes, tractations de couloir, alliances de circonstance, calculs personnels et règlements de comptes ont fini par ouvrir un boulevard à la droite et au Rassemblement national.
Nous le disons avec gravité : le spectacle donné ces dernières semaines est affligeant.
Affligeant pour les électeurs de gauche, pour les citoyens, pour les classes populaires qui regardent cette tambouille politicienne avec colère, lassitude ou dégoût. Comment s’étonner ensuite de l’effondrement de l’intérêt populaire pour la politique quand tant d’élus donnent le sentiment que les enjeux de pouvoir personnel comptent davantage que les besoins de la population ?
Cette crise politique nourrit directement l’abstention, le rejet des institutions et la progression de l’extrême droite. Quand la gauche n’incarne plus une alternative claire, populaire et combative, alors le désespoir social laisse le champ libre aux démagogues.
Le Tarn-et-Garonne a pourtant besoin de tout autre chose.
Le Département devrait être à l’offensive contre le désengagement de l’État dans les politiques sociales, en proposant des débouchés aux salariés de Quercy Intervention Service, qui se trouvent, à nouveau privés d’emploi. Il devrait se battre pour les moyens de la protection de l’enfance et se tenir aux côtés de la SEHOC, contrainte de fermer un centre dans le Tarn et Garonne, faute de financements. Il devrait agir massivement pour le logement social alors que des milliers de familles attendent un logement. Il devrait construire de nouveaux collèges pour mettre fin à la saturation d’établissements comme Olympe-de-Gouges ou Ingres. Il devrait soutenir pleinement les associations, la culture, les solidarités locales et la démocratie citoyenne, exsangues dans les communes où le RN est aux commandes.
Au lieu de cela, les habitants assistent depuis des années à des querelles, des affrontements de clans et des stratégies de pouvoir qui ne font avancer personne.
Nous appelons donc les élu·es de gauche du Conseil départemental à un sursaut politique et moral.
L’heure n’est plus aux egos. L’heure n’est plus aux calculs d’appareil. L’heure n’est plus aux ambiguïtés face à l’extrême droite.
L’heure est à la reconstruction d’une véritable gauche populaire, sociale, républicaine et combative.
Nous le disons clairement : les communistes seront à l’offensive lors des élections départementales de 2028. Nous travaillerons à reconstruire une gauche de combat, ancrée dans les réalités populaires, capable de rendre espoir et confiance à celles et ceux qui aujourd’hui se détournent de la politique.
Nous voulons sortir notre département de cette tambouille politicienne permanente qui écoeure tant de citoyens et affaiblit chaque jour davantage la démocratie locale.
Le Tarn-et-Garonne mérite mieux que des arrangements entre notables. Il mérite une politique de gauche claire, courageuse et fidèle aux intérêts du monde du travail, de la jeunesse, des retraités, des précaires et des territoires oubliés.
Il est temps de remettre l’intérêt général au centre de l’engagement politique.
Ressaisissez-vous.
Pour le conseil départemental du PCF 82
Jérémy Le Moinier
Secrétaire fédéral