02/05/2026
Deux articles dans LA RÉPUBLIQUE DU CENTRE du samedi 2 mai 2026 par NICOLAS DA CUNHA et THOMAS BOGEARD
« Le 1er Mai est une épine dans le talon des patrons »
Dans plusieurs villes du Loiret, les participants, qui étaient plus d'un millier, avaient notamment des revendications liées au pouvoir d'achat et à l'ouverture, en ce jour de fête du travail, des commerces de bouche.
Ce 1er Mai, dans les rues du Loiret, revêtait un caractère particulier. La défense du seul jour férié obligatoirement chômé pour les salariés revenait dans les échanges, dans les revendications des 900 participants au défilé orléanais, des 300 à Montargis (près du double de l'année dernière, en présence de la CGT, Sud Solidaires et la FSU) et des 70 de Gien.
Il faut dire que ce sujet a animé les débats des dernières semaines. Un projet de loi visant à faire travailler des salariés le 1er Mai dans les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels avait été rejeté par les syndicats.
C'est vrai, la tonalité du défilé est particulière avec ce projet de loi sur le travail des salariés le 1er Mai. Je ne crois pas au bénévolat. Si un salarié refuse, il sera mal vu par son employeur. Les gens qui ont du travail ne veulent pas bo**er plus, ils veulent surtout un salaire décent, nuance Pascal Sudre, secrétaire général de la CGT dans le Loiret, présent au défilé orléanais. On a vu un gouvernement donner des ordres en demandant une tolérance pour que les commerçants puissent faire travailler leurs employés, constate Valentin Pelé, ancien candidat LFI aux municipales d'Orléans. On a passé un seuil du respect démocratique. Si on vote des lois, c'est pour qu'elles soient respectées.
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Ce combat de la préservation de ce jour chômé et payé est mené, également, par Sylvie Laisné, représentante syndicale FSU : Il y a eu une levée de boucliers contre cette offensive de fragiliser le er Mai. Nous sommes dans un contexte de déculpabilisation, on veut banaliser le 1er Mai. Ce jour est une épine dans le talon des patrons. Un symbole fort qui n'a pas échappé aux puissants. Il faut poursuivre la lutte, toutes les attaques touchant les salariés sont inquiétantes. Nous devons tous continuer à travailler ensemble. Toutes générations confondues... À Montargis, Tatiana a amené ses deux fils Camille et Alix. C'est primordial, il faut qu'ils comprennent, qu'ils aient des valeurs dès le départ. Il faut se souvenir de nos droits, ce qu'ils ont acquis et ce qu'il ne faut pas perdre. Il faut être unitaire. Personne ne gagnera sous son seul drapeau, poursuit, à Orléans, Philippe Chamoux, représentant de Solidaires. Il faut un front le plus large possible pour freiner les envies patronales de remettre en cause les acquis sociaux,
D'une manière générale, les conditions de travail se détériorent. Les arrêts maladie sont en augmentation. La question de la souffrance au travail est sous-saisie regrette le député Génération.s, Emmanuel Duplessy.
Cette unité réclamée par les organes syndicaux devrait s'exprimer, une nouvelle fois, le mardi 5 mai, à 18 heures, à Place d'Arc à Orléans ainsi qu'à Montargis. Cette fois, il s'agira de dénoncer le racket à la pompe, prévient la CGT. Nous demanderons un juste prix du carburant. 1,20 € le litre de gazole.
NICOLAS DA CUNHA
Environ 900 manifestants dans les rues d'Orléans. PHOTO
Contre l'extrême droite
La manifestation montargoise a pris une tonalité particulière après les victoires de l'extrême-droite dans les villes de Montargis et d'Amilly. Ils (le RN) ont voté contre l'augmentation du SMIC à l'assemblée, contre la taxe Zucman, contre le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Le RN n'est pas du côté des travailleurs, a souligné Julie, une enseignante. Le défilé, parti de la place du Pâtis, a duré un peu plus d'une heure, sous l'œil des responsables politiques de gauche : Bruno Nottin, Dalip Vehapi, Franck Demaumont ou encore Alexis Christodoulou, qui n'ont pas manqué de rappeler que « le 1er mai est attaqué. Il faut défendre cette journée». THOMAS BOGEARD
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