23/02/2026
🚄 La majorité départementale a adopté une motion pour garantir un financement 100 % public de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest.
Nous refusons tout recours au partenariat public-privé :
➡️ 7,3 milliards d’euros de surcoût
➡️ un re**rd de mise en service
➡️ une perte de maîtrise publique
La branche Bordeaux–Dax est essentielle pour le désenclavement des Landes, l’accès à l’emploi, aux études et aux soins, et pour réussir la transition écologique.
Les collectivités tiennent leurs engagements. L’État doit tenir les siens. L’intérêt général ne se privatise pas.
👉 MOTION - LIGNE NOUVELLE DU SUD-OUEST : POUR UN PORTAGE PUBLIC
La Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) est une infrastructure ferroviaire indispensable pour nos territoires, pour notre pays et pour l’Europe, notamment dans la perspective de raccordement des grands corridors atlantiques vers la péninsule ibérique. Elle constitue un levier décisif de désenclavement, de report modal et d’attractivité, dans un moment où notre République ne peut ni tolérer la relégation territoriale ni différer les investissements qui conditionnent la réussite de la transition écologique.
Les travaux ont débuté depuis plus de dix-huit mois. Près de 2,5 milliards d’euros ont déjà été engagés et plus de 180 marchés de travaux sont attribués au nord de Toulouse et au sud de Bordeaux. Le plan de financement de la première phase, acté à hauteur de 14 milliards d’euros, repose sur une clé de répartition claire, à savoir 40 % pour l’État, 40 % pour les collectivités territoriales et 20 % au titre de l’Union européenne. Les collectivités ont pris une part inédite dans l’histoire des lignes à grande vitesse et tiennent leurs engagements.
Dans l’attente des conclusions du Conseil d’Orientation des Infrastructures et de la loi-cadre annoncée, des voix proposent de recourir à un partenariat public-privé (PPP) pour la LGV Bordeaux – Dax – Toulouse. Le Conseil départemental des Landes considère que cette solution serait un choix perdant. Le recours à un PPP engendrerait un surcoût estimé à 7,3 milliards d’euros pour l’État et les collectivités, rigidifierait le pilotage du projet, transférerait le risque sur la puissance publique et différerait la mise en service de plusieurs années. Cela reviendrait à faire payer plus, plus longtemps, pour un achèvement re**rdé.
Le financement public est possible, structuré et soutenable. La part de l’État, fixée à 40 %, représente un investissement de l’ordre de 100 millions d’euros par an, sur une durée de 40 ans, soit environ 0,03 % de son budget annuel. Des pistes de ressources complémentaires existent, identifiées notamment dans le rapport remis au Gouvernement en juillet 2025, telles que les recettes issues des péages autoroutiers ou les quotas carbone européens applicables au transport routier à partir de 2027. Opposer les contraintes budgétaires pour justifier un PPP est un non-sens économique.
Nos territoires pâtissent depuis un demi-siècle d’un sous-investissement chronique de l’État dans les infrastructures de transport. Ce constat nourrit un sentiment d’injustice sociale et territoriale. Ce qui est possible pour le réseau de transports du Grand Paris, avec des montants sans commune mesure, doit être possible pour le Grand Sud-Ouest. La Ligne Nouvelle du Sud-Ouest n’est pas une variable d’ajustement comptable.
Dans cet ensemble, la branche Bordeaux – Dax appelle une attention particulière et une décision explicite. Cette ligne n’est pas un appendice du projet mais un segment de la LNSO qui constitue un ensemble cohérent et indivisible. Elle conditionne son efficacité globale et ses bénéfices concrets. Elle détermine le désenclavement d’un département vaste où la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, à l’enseignement supérieur, aux soins et aux services publics. Elle constitue un instrument de report modal crédible en substitution de la route et donc un outil direct de politique climatique. Elle participe enfin de l’attractivité de tout un territoire, car un bassin de vie qui reste à l’écart des grandes infrastructures se fragilise et se fracture.
Ce tronçon revêt en outre une dimension européenne majeure. En ouvrant un corridor ferroviaire continu vers la péninsule ibérique, la branche Bordeaux – Dax s’inscrit pleinement dans le réseau transeuropéen de transport et bénéficie à ce titre du soutien financier de l’Union européenne. Ce cofinancement, qui représente 20 % du plan de financement global de la LNSO, témoigne de la reconnaissance par l’Europe de l’intérêt stratégique de cette liaison pour la cohésion du continent et la fluidité des échanges entre la France et l’Espagne. Renoncer à ce tronçon ou en différer la réalisation reviendrait à se priver de financements européens déjà acquis et à compromettre la crédibilité de la France dans la mise en oeuvre de ses engagements communautaires.
Il convient de rappeler que le Sud-Ouest demeure, à ce jour, le seul grand territoire français non desservi par la grande vitesse ferroviaire. Alors que l’Est, le Nord, le Sud-Est et l’Ouest bénéficient depuis plusieurs décennies de lignes à grande vitesse structurantes, le quart sud-ouest du pays reste à l’écart de ce maillage national. Cette situation est d’autant plus injustifiable que Toulouse est désormais devenue la troisième ville de France par sa population, confirmant le dynamisme démographique et économique d’une métropole qui ne peut continuer à être reliée au reste du territoire national par des infrastructures ferroviaires héritées du siècle dernier.
Les lignes existantes entre Bordeaux et le sud de l’Aquitaine sont aujourd’hui saturées. Le réseau classique, vieillissant et contraint par un tracé inadapté aux exigences actuelles de capacité, ne permet plus d’absorber la croissance du trafic voyageurs et fret. Les usagers en subissent quotidiennement les conséquences.
En conséquence, je vous propose que le Conseil départemental des Landes :
- réaffirme son attachement à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest et à la réalisation de la Ligne nouvelle Bordeaux – Dax, projet structurant pour le désenclavement, le report modal et l’attractivité de nos territoires,
- exprime sa vive opposition à tout recours à un partenariat public-privé pour le portage de ce projet, un tel montage engendrant un surcoût massif de 7,3 milliards d’euros, un re**rd de mise en service et une perte de maîtrise publique incompatible avec l’intérêt général,
- demande au Gouvernement de confirmer publiquement le financement intégralement public de la LNSO, de sécuriser la trajectoire de la part État conformément aux accords signés et de garantir la pérennité du plan de financement reposant sur la clé de répartition 40 % État, 40 % collectivités, 20 % Europe,
- demande que la branche Bordeaux – Dax ne soit ni différée ni affaiblie et que son calendrier de réalisation soit clarifié et garanti, cette ligne conditionnant le désenclavement du département des Landes, l’accès à l’emploi, à l’enseignement supérieur, aux soins et aux services publics,
- rappelle que les collectivités territoriales tiennent leurs engagements financiers, dans des proportions inédites dans l’histoire des lignes à grande vitesse, et attend de l’État qu’il tienne sa parole avec la même constance,
- alerte les citoyennes et citoyens sur le risque de voir un projet d’intérêt national sacrifié au nom d’une logique comptable de court terme, alors que le financement public est soutenable et économiquement préférable,
étant précisé que la présente motion sera transmise au Premier ministre, au ministre chargé des Transports, à la ministre chargée de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation ainsi qu’aux parlementaires du département des Landes.