14/09/2022
Il y deux jours, mon ostéopathe me disait qu’il était parti en Indonésie cet été, mais qu’il culpabilisait d’avoir pris l’avion et que sa femme et lui, jeunes trentenaires, étaient en plein dilemme d’avoir un enfant (ou pas) dans un monde en feu.
Hier, un champion de foot et son entraîneur se sont marrés, face caméras, quand un journaliste leur a demandé si leur équipe n’aurait pas pu prendre le TGV plutôt qu’un jet privé pour relier deux villes qui se trouvent à seulement 2 heures de train l’une de l’autre.
Comme je suis anesthésiée, je n’ai plus de colère à exprimer face au minable comportement de ces derniers (et puis, le foot-business me débecte depuis des lustres). Par contre, je m’interroge: comment se fait-il qu’un individu soit touché par la situation environnementale, qu’il en soit mortifié et assez terrifié pour s’interroger sur le bien fondé d’avoir un enfant, pendant que d’autres qui vivent pourtant (a priori !) sur la même planète, qui ont des smartphones dernier cri dans la main et qui voient donc, eux aussi, les images de forêts ravagées par les flammes ou les maisons emportées par des inondations dantesques, n’en aient absolument rien à carrer ?
Comment se fait-il que certains continuent d’avoir un mode de vie hautement émetteur en CO2 (les plus riches) sans même un début de prise de conscience sur leur responsabilité, mais que d’autres, dont l’impact carbone est pourtant largement moindre, se remettent en question et renoncent à des plaisirs qu’ils jugent désormais coupables ?
Pourquoi certain.e.s vivent dans la culpabilité permanente, souffrent devant les destructions du monde et réfléchissent à comment diminuer leur impact, pendant que d’autres semblent complètement imperméables à ce qui se passe ?
Le jet privé de Messi, une autre star de foot, a effectué 52 vols cet été, soit 1500 tonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère, soit autant qu’un français « moyen »… en 150 ans.
C’est quoi le problème de ces gens ? Ils pensent que ça ne les concernent pas ? Qu’ils iront vivre sur Mars avec Elon Musk ou dans un bunker de luxe en sous-sol quand la Terre sera cuite ? Belles perspectives en vérité !
Le mode de vie des plus riches est un problème et ce n’est pas de la jalousie de le dire (pétard, aucune envie de vivre aussi déconnectée !), c’est du bon sens. La Terre serait déjà inhabitable si nous vivions tou.te.s comme des millionnaires et elle ne supporte le mode de vie de ces quelques « privilégiés » que parce que des milliards d’êtres humains ont eux, une empreinte carbone dérisoire.
Que l’opprobre publique tombe désormais sur les brûleurs de carbone est la seule bonne nouvelle de cette séquence car cela prouve que les temps ont changé. Si Bernard Arnault n’ose plus utiliser son jet parce qu’il se sait suivi et qu’il en a (ne serait-ce qu’un tout petit peu !) honte ou qu’au moins ça le gêne dans ses déplacements, tant mieux.
L’atmosphère de la Terre est un bien commun infiniment précieux et n’appartient pas au bon plaisir de quelques uns. Qu’on leur répète jusqu’à ce qu’ils n’aient plus envie d’en rire.