16/09/2026
Retour en images sur le 82ème anniversaire de la « Libération de Malzéville » ce mercredi 16 septembre 🇫🇷🇫🇷🇫🇷
Merci pour leurs présences aux côtés du maire Bertrand Kling et des élus : À Anieska, conseillère municipale des enfants, à Sylvaine Scaglia, conseillère départementale, au lieutenant-colonel Lezer qui commandait un détachement de l’ESTA Malzéville, de la Base aérienne 133 Nancy-Ochey, aux Porte-drapeaux, au représentant de la FNACA et à Emilie Malhache pour sa magnifique « Marseillaise » chantée à capella 👌
Discours du maire :
« Mesdames, Messieurs,
Chers représentants de la BA133 de Nancy-Ochey,
Chers porte-drapeaux,
Chers collègues élus,
Chère Anieska,
Chers Malzévilloises et Malzévillois,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir.
Nous souvenir de ces journées de septembre 1944 au cours desquelles Malzéville a retrouvé sa liberté, après quatre années d’occupation et d’épreuves.
Mais commémorer la Libération de notre commune, ce n’est pas seulement regarder vers le passé. C’est comprendre ce que les générations qui nous ont précédés ont vécu, mesurer les sacrifices consentis et transmettre ce que cette histoire nous enseigne.
Il y a 82 ans, Malzéville était libérée.
Avant ces journées d’espoir, notre commune avait traversé des années particulièrement difficiles.
Dès septembre 1939, avec l’ordre de mobilisation, la municipalité dirigée par le maire Auguste Chéry reçoit les instructions de la Préfecture. Des tranchées sont creusées et des hommes sont réquisitionnés pour les aménagements de défense passive.
Puis, le 10 mai 1940, l’Allemagne nazie déclenche son offensive.
Le 18 juin, l’armée allemande arrive à Malzéville. À 18 heures, son drapeau flotte sur la mairie, alors située rue de la République.
Quasiment au même moment, depuis Londres, le Général de Gaulle lance son appel à poursuivre le combat.
À Malzéville aussi, certains choisissent de ne pas renoncer.
La municipalité conduite par Auguste Chéry refuse de céder aux menaces et aux injures. Jusqu’au 1er avril 1941, elle défend la dignité et les intérêts de la commune et de ses habitants.
Ce jour-là, Vichy destitue Auguste Chéry, maire depuis 1925. Lucien Betsch est nommé à sa place. Le conseil municipal, réuni autour de son maire destitué, refuse cette décision et démissionne.
Ce geste appartient pleinement à l’histoire de Malzéville. Il rappelle que, même dans les heures les plus sombres, des femmes et des hommes de notre commune ont choisi de rester fidèles à leurs convictions.
Puis viennent les années d’occupation.
Les restrictions s’installent. La peur gagne les familles. Beaucoup ont un père, un fils, un mari ou un frère disparu au combat ou retenu prisonnier.
Les femmes assurent la continuité de la vie quotidienne, à la maison, dans les usines, dans les champs. Les jeunes gens nés entre 1920 et 1922 sont contraints de partir, toutes professions et catégories sociales confondues.
Lucien Betsch démissionne en octobre 1942. Charles Grandjean lui succède jusqu’en 1944.
Dans le même temps, Auguste Chéry s’engage dans la Résistance au sein du groupe Libération Nord. Il est déporté en juin 1944 et interné au camp de Neuengamme.
Puis vient l’espoir.
Le débarquement du 6 juin 1944 et la progression des forces alliées font espérer une libération prochaine. Le 25 août, Paris est libéré. Le Général de Gaulle appelle à l’unité nationale.
En Lorraine aussi, l’espoir grandit.
À Malzéville, le début du mois de septembre est une nouvelle période d’épreuve. Les occupants ordonnent l’évacuation de toute la commune pour laisser place aux combats.
Mais des Malzévilloises et des Malzévillois résistent, négocient, gagnent du temps et prennent des risques pour protéger leur ville.
Grâce notamment aux renseignements de la Résistance locale et à l’appui de résistants nancéiens, dont le regretté colonel Roland Legrand, les Américains renoncent à bombarder massivement Malzéville afin de préserver leur offensive.
Les premiers bombardements commencent pourtant à partir du 10 septembre.
Les Allemands font sauter les ponts. Le 14 septembre, une arche du Pont Renaissance est détruite.
Puis vient le 16 septembre.
Les premiers combats pour libérer Malzéville commencent. Les Forces Françaises de l’Intérieur, avec l’appui des soldats américains, libèrent le centre-ville dans la soirée.
Le 17 septembre, les combats se poursuivent. Les soldats allemands sont traqués maison par maison.
Le 18 au soir, seul Pixerécourt est encore tenu par les forces ennemies, qui y ont installé des batteries d’artillerie.
Il faut attendre le 20 septembre 1944 pour que l’ensemble du territoire malzévillois, plateau compris, soit définitivement libéré.
Cette Libération a cependant un prix.
Nous avons une pensée particulière pour les soldats américains qui, redescendant du plateau par Agincourt, se retrouvent sous le feu allemand, notamment celui des mitrailleuses installées sur le Pain de Sucre.
À tous ceux qui ont combattu, résisté, souffert ou ne sont pas revenus, nous devons notre reconnaissance.
Quelques semaines plus t**d, en octobre 1944, Auguste Chéry revient des camps. Il retrouve sa ville et est réélu maire jusqu’en 1947. Charles Grandjean lui succède jusqu’en 1951.
Cette histoire pourrait sembler lointaine. Elle ne l’est pas.
Car la liberté dont nous bénéficions aujourd’hui n’est jamais tombée du ciel. Elle a été défendue par des femmes et des hommes qui avaient, eux aussi, une famille, un métier, des projets et l’espoir de vivre en paix.
Cette cérémonie doit être un rendez-vous avec notre histoire.
Elle doit nous rappeler que la liberté, la démocratie et la paix sont des biens précieux, et que la solidarité, le courage et la capacité à rester unis peuvent faire la différence.
Parce que les témoins disparaissent. Parce que les voix s’éteignent. Parce qu’un jour, plus personne ne pourra dire : « J’y étais. »
Alors il nous appartient de raconter.
De raconter les Malzévilloises et les Malzévillois qui ont vécu l’occupation, ceux qui ont résisté, ceux qui ont souffert, ceux qui ont combattu et ceux qui ont permis à notre ville de retrouver sa liberté.
Aujourd’hui encore, alors que la guerre est présente en Europe, en Ukraine agressée par la Russie, ce devoir de mémoire prend tout son sens.
Nous ne commémorons pas la guerre. Nous commémorons ceux qui ont permis d’en sortir.
Nous célébrons la liberté retrouvée.
Et nous transmettons aux générations futures les valeurs qui restent au cœur de notre République : la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.
Souvenons-nous de Malzéville libérée.
Souvenons-nous de celles et ceux qui l’ont défendue.
Et faisons vivre, à notre tour, les valeurs pour lesquelles ils se sont battus.
Vive Malzéville,
Vive la République,
Vive la France ! »