24/06/2025
En conseil de la Métropole, ce jour, Nathalie Perrin-Gilbert a tenu ces propos liminaires au nom du groupe.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus,
Le menu de notre séance publique de Conseil étant copieux, avec de nombreux plats de résistance, je ne l’alourdirai pas avec une entrée qui porterait sur la situation internationale qui ne cesse de devenir chaque jour politiquement et militairement plus grave et humainement plus dramatique.
Je n’en dirai donc rien ce matin, si ce n’est que ce contexte mondial doit nous pousser encore plus à faire, humblement, ici, le mieux que nous pouvons. Telle est notre responsabilité et, là, est notre pouvoir d’agir réel, en ayant conscience que cela ne suffira peut-être pas et surtout qu’à tout moment les cartes peuvent être rebattues d’une manière brutale. Mais nous avons une chance immense de vivre ici, sur un territoire porté par des institutions fortes, des entreprises créatrices d’emplois, des associations qui assurent un maillage social indispensable, et puis bien-sûr des paysages, un patrimoine bâti et humain exceptionnel. Nous avons la responsabilité de prendre soin de ce territoire riche et fertile.
Notre responsabilité est donc de faire ici le mieux que nous pouvons avec des moyens financiers, techniques et humains qui ne sont pas infinis. Nous y reviendrons lors de cette séance au moment de l’examen du compte financier unique de notre collectivité pour l’exercice 2024, un exercice budgétaire qui a souffert d’un manque d’anticipation de la part de notre exécutif et de son incapacité à entendre et intégrer à sa trajectoire des signaux et messages d’alerte.
Faire ici le mieux que nous pouvons pour prendre soin de notre sol qui constitue une ressource finie et non renouvelable, nous en parlerons à l’occasion du projet de révision du Schéma de Cohérence Territorial qui fixe pour le développement de notre agglomération un cap à 15/20 ans.
Nous verrons en séance que notre groupe partage globalement l’orientation politique du futur SCoT [Schéma de Cohérence Territoriale] qui consiste à vouloir mettre fin à une surconsommation foncière dangereuse, à vouloir mieux réguler la croissance démographique de notre territoire et mieux organiser le développement de l’activité humaine entre les différents secteurs géographiques de notre agglomération.
Mais nous verrons aussi que notre groupe est inquiet parce que ce projet de révision ressemble bien à un échec, alors que nous en parlons depuis 2021, alors qu’il a mobilisé nombres de services et compétences diverses, alors qu’il a couté je crois près de 3 millions d’euros. Ce projet de révision ressemble à un échec car le vote du futur SCoT qui devait avoir lieu en 2025 est repoussé pour sauver la face à l’été 2026 c’est-à-dire après les élections municipales du printemps prochain. Faute de réel dialogue, il restera de ce projet de révision du SCoT de l’agglomération lyonnaise de la communication – comme d’habitude, mais pour quel résultat concret au final ?
De la révision du SCoT non aboutie en 5 ans au rejet de la ZFE par une grande partie de la population, j’ai ici une transition toute trouvée. Notre président de groupe, Mathieu Azcué, interviendra tout à l’heure à ce sujet en soulignant combien l’erreur a été de vouloir faire de la ZFE une fin en soi, une victoire contre l’automobile et donc contre celles et ceux qui se déplacent en voiture.
L’erreur a été de faire peser la transition écologique sur les individus seuls en se plaçant sur le champ de la morale et en leur disant ce qui était bien ou pas bien de faire. Non, là encore notre responsabilité est d’organiser politiquement, et donc collectivement, la transition écologique pour répondre à des enjeux de santé publique qui ne se résument pas au « tout vélo » contre le « tout voiture ». Organiser politiquement la transition c’est organiser l’inter-mobilité, c’est donner la capacité aux hommes et aux femmes de choisir leur mode de déplacement et de les articuler les uns avec les autres. Et c’est en cela que nous devons proposer plus de places en parcs relais, avancer sur la question de la gratuité des transports en commun mais aussi sur la question de leur meilleur fonctionnement et cadencement.
Je le disais la ZFE n’est qu’un outil dans le cadre d’une politique plus globale de santé publique. Comme tout outil, il peut être affiné, modifié, re-calibré, repensé, bref nous sommes typiquement tombés avec la ZFE dans un mauvais débat que certains ont instrumentalisé pour des raisons politiciennes et populistes quand d’autres lui ont donné une visée moralisatrice.
D’autres délibérations concernent des questions de santé et le Groupe Métropole en Commun aura l’occasion d’y revenir en séance. J’en profite pour terminer cette déclaration préalable, cette entrée finalement plus lourde à digérer que je ne l’aurais souhaité, en disant qu’en matière de santé publique notre modèle craque. Nous le savons tous et toutes bien sûr, c’est presque devenu une banalité que de le dire, hélas.
Mais pouvons-nous accepter, dans la position d’élus métropolitains que nous sommes, qu’il craque à ce point sur notre territoire ? un territoire pourtant où la santé a joué et joue un rôle moteur en matière d’identité et de développement territorial ? Il craque sur l’ensemble de notre territoire avec des personnels hospitaliers au bout du rouleau, j’en ai rencontré de nombreux dans nos hôpitaux publics, j’en ai rencontré récemment à l’Infirmerie Protestante je suis allée les voir pendant leur mouvement de grève récent.
L’hôpital Saint Luc Saint Joseph, qui s’est retrouvé le seul hôpital situé en plein cœur de la ville centre depuis que l’Hôtel Dieu a fermé, doit réguler ses urgences car il est débordé. La direction de la clinique du Val d’Ouest s’alarme de voir ses urgences et sa maternité devenir difficilement accessibles en raison des nouveaux aménagements liés aux Voies Lyonnaises.
On ne compte plus les secteurs de notre métropole qui s’apparentent à de véritables déserts médicaux, où les habitants ne trouvent pas de médecin généraliste référent, où les politiques de prévention sont notoirement insuffisantes alors que, parallèlement, les maladies chroniques ne cessent de progresser. Quant au droit des femmes à disposer de leurs corps, lui, il pourrait bien dramatiquement régresser y compris sur notre territoire métropolitain et j’évoquerai ce dernier point à l’occasion d’une de nos délibérations en séance.
Et bien sûr, il nous reste les pompiers qui de plus en plus assurent des missions d’assistance et de premiers soins. Je me permets puisque nous ne nous reverrons pas avant plusieurs mois Monsieur le Président au regard du peu de séances publiques que nous avons dans une année, de vous demander où en est le dialogue social au sein de notre Service Départemental et Métropolitain d’Incendie et de Secours, pourrons-nous éviter un nouveau mouvement de grève à la rentrée tel que nous l’avons connu précédemment ? Le dialogue avec l’État et le Département du Rhône est-il bon dans le cadre du Beauvau de la Sécurité Civile ?
Je vous remercie de votre attention et, par avance, de vos réponses.
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