09/06/2026
Le 27 mai dernier, à l’occasion de la fête de l’Aïd, Guillaume Guérin a choisi de s’adresser à une assemblée de nos concitoyens de confession musulmane. A cette occasion et en sa qualité de maire de Limoges, il a cru bon indiquer « je suis croyant ».
Il bafoue ainsi gravement le principe de laïcité auquel tout élu doit se tenir. Quel « parjure » pour le Vice-président national de l’Association des maires de France qu’il est ! Pire, il est en plus co-président de la Commission Laïcité de cette même AMF ! Pourtant, la neutralité
républicaine est un exercice exigeant qui mérite davantage que des professions de foi au moment des élections.
Plus surprenante encore fut la suite de son intervention. Après avoir pris soin de préciser qu’il n’était pas « woke », Guillaume Guérin a estimé nécessaire de rappeler pour avoir une enfant, il faut « un papa et d’une maman ».
Derrière une formule en apparence anodine se dessine une position politique bien connue : laremise en cause de l’égalité des familles et, en creux, la légitimité des couples homosexuels à élever des enfants.
Mais pourquoi tenir ce discours devant un public de confession musulmane ? Parce que l’on suppose qu’il y trouvera une adhésion spontanée ? Si tel est le cas, c’est une double erreur.
D’abord parce qu’elle réduit des femmes et des hommes à leur appartenance religieuse. Ensuite parce qu’elle les considère comme un électorat auquel il suffirait d’adresser quelques clins d’œil idéologiques.
Le calendrier ajoute au malaise. À l’heure où s’ouvre le Mois des Fiertés, consacré à la visibilité et à l’égalité des personnes LGBT+, entendre un responsable politique reprendre les slogans de la « Manif pour tous », ceux qui aujourd’hui se positionnent contre le droit à l’avortement et l’aide à mourir dans la dignité, ne peut être banalisé. Cela doit nous réveiller !
La République ne trie pas les citoyens. Elle ne hiérarchise pas les familles. Elle garantit à chacune et chacun les mêmes droits, la même dignité et la même reconnaissance.
C’est cette promesse républicaine d’égalité que nous continuerons de défendre, sans ambiguïté.