11/01/2024
Le collectif 8 mars 87 appelle à se rassembler
Place d’Aine à Limoges le Jeudi 11 janvier 2024 à 18h00.
Nous sommes féministes. Nous sommes de celles qui reçoivent les paroles des victimes chaque
jour, de celles qui ne veulent plus compter les viols, les incestes, les féminicides, les agressions
sexuelles et sexistes, de celles qui ne cessent de prôner la transformation de nos politiques publiques
pour en finir avec toutes les violences faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre.
Emmanuel Macron a tranché au plus haut sommet de l'Etat, à l'image de son bilan en la matière :
"il y a la présomption d’innocence", "Gérard Depardieu rend fière la France", dénonçant une
prétendue "chasse à l'homme" exercée contre l'acteur dont il est "un grand admirateur", dissimulant
volontairement le fait qu'il est mis en examen depuis 2020 pour viol et agression sexuelle et occultant
les nombreux témoignages existants sur l'attitude sexiste et dangereuse de l'acteur à l'encontre des
femmes sur les plateaux de tournage. Le Président n'a pas eu un mot de solidarité à l'égard des
victimes présumées et pas le moindre regard critique sur les propos et agissements répréhensibles
relevant de la justice dont tout le monde a été témoin grâce au reportage de Complément d'enquête.
Ce choix assumé de se tenir du coté d'un auteur de violences, venant d'un Président de la République,
garant des institutions, invalide la parole des plaignantes et entrave leur recours à la justice, anéantit
leurs espoirs de reconnaissance du préjudice subi, contrarie leurs tentatives de reconstruction.
La violence patriarcale s’exerce sur nous au quotidien, quel que soit notre âge, notre métier,
notre condition sociale. Pour rappel, les mis en cause dans ces affaires sont à 96 % des hommes, les
femmes et les filles représentent 86 % des victimes de violences sexuelles. Parmi toutes les victimes,
56% sont mineures. Nous dénonçons de nouveau aujourd’hui ces chasseurs qui nous voient comme
leur proie, qui nous pensent à leur disposition, qui supposent que le sexe et la violence se confondent
à leur profit et pour leurs prétendus besoins. Nous voulons que cessent rapidement les laisser-faire et
les passe-droits car les agresseurs n’existent pas qu'au cinéma, ils sont aussi présents dans notre
quotidien.
Le vieux monde doit disparaître ne laissons pas ceux qui ont peur de le perdre défendre ses
vestiges pourrissants. Nous continuerons à défendre avec détermination les droits des femmes à
disposer de leur corps et leur droit à une vie digne, débarrassée des violences sexistes et sexuelles,
une vie dans laquelle chaque agresseur, quel que soit son statut, ne pourra se retrancher derrière une
quelconque immunité.
Le collectif 8 mars 87, relaie l’appel national et invite toutes celles et ceux
qui défendent les droits des femmes, des enfants et des minorités de genres,
et qui refusent les violences sexistes et sexuelles à se retrouver Place d’Aine
à Limoges le Jeudi 11 janvier 2024 à 18h00.