03/04/2026
166_Un Adieu au Père Alain Théallier 🙏
Mercredi 25 mars 2026, en ce jour où l’Église célébrait l’Annonciation — fête de lumière et d’espérance — le Père Alain Théallier nous a quittés.
Comme si, une dernière fois, il avait choisi son heure avec cette discrétion qui le caractérisait si profondément, il a rejoint le Seigneur au cœur même de l’annonce de Sa venue parmi les hommes.
Nos cœurs sont lourds. Lourds pour tous ceux qui l’ont connu, aimé, accompagné. Lourds, surtout, pour vous, Lezoviens — vous qui avez eu la grâce de le compter parmi vous durant vingt années de sa vie sacerdotale, vingt années tissées de présence fidèle et d’attention silencieuse.
Alain Théallier était né le 17 mars 1943, à Bort-l’Étang, dans ce village d’Auvergne où, quelques jours plus t**d, il reçut le baptême. Qui aurait pu deviner, en ce printemps troublé par la guerre, que cet enfant deviendrait l’un de ces prêtres dont le passage laisse dans les âmes une trace que le temps n’efface pas ?
Sa vocation le mena au Grand Séminaire de Clermont en 1963. Puis la vie l’emporta plus loin encore, jusqu’aux terres d’Algérie, à Colomb-Béchar, où il fut coopérant militaire et enseignant. Là, dans la nudité du désert, sous l’immensité du ciel africain, s’enracina en lui cette ouverture au monde, cette curiosité de l’autre, cette capacité d’accueil qui ne le quitteraient jamais.
C’est là aussi que naquit une amitié avec un certain Hippolyte Simon, appelé bien des années plus t**d à devenir son évêque à Clermont. Ainsi la vie, mystérieusement, tisse ses liens — et la Providence en garde le secret.
Le 27 juin 1970, il fut ordonné prêtre. Il avait vingt-sept ans. Devant lui s’ouvrait un chemin de cinquante-six années, un chemin de service, de fidélité et de don.
Ce chemin, il le parcourut sans éclat, mais sans jamais faillir.
Vicaire à Beaumont-Vallières, puis curé de Saint-Saturnin, il arriva à Lezoux en 1982 — et avec lui, quelque chose changea.
Pendant vingt ans il fut notre curé, notre pasteur, notre frère.
Il veilla sur les clochers du territoire comme on veille sur une maison habitée, portant à chacun une attention singulière, croyant ou non, proche ou lointain. Car le Père Théallier n’attendait pas : il allait. Il rencontrait. Il écoutait.
Les anciens de Lezoux se souviennent encore de sa convivialité simple et chaleureuse, de ces repas où éclataient les rires, de cette manière bien à lui de faire tomber les distances, d’ouvrir la parole, d’accueillir chacun — le fidèle de toujours comme celui qui franchissait pour la première fois le seuil d’une église.
Engagé dans l’Action Catholique, il accompagnait les équipes avec patience, offrant son temps sans mesure, avec une générosité qui ne calculait pas.
En 2002, après ces vingt années parmi nous, il fut appelé ailleurs, pour ouvrir un chemin nouveau : devenir le premier curé de la paroisse Saint-Jean-François-Régis en Livradois-Forez, à Ambert, et en assumer également la charge de doyen. Dix années encore, dix années données avec la même fidélité.
Puis vinrent les épreuves.
En 2015, un grave problème de santé l’obligea à ralentir le pas. Mgr Simon, avec une délicatesse fraternelle, lui confia alors la mission d’aumônier auprès des Petites Sœurs des Pauvres. Et lorsque ses forces diminuèrent davantage, Mgr Kalist lui remit la plus intérieure des missions : celle de la prière.
Et il l’accueillit comme il avait tout accueilli — avec foi, avec ferveur, avec constance.
Jusqu’au dernier jour, depuis sa chambre de l’EHPAD des Champs Fleuris, il porta dans la prière les résidents qui l’entouraient, et tous ceux qu’il avait rencontrés au fil des années.
Nous aussi à Lezoux — nous n’avons jamais cessé d’habiter son cœur.
Ce dernier Carême fut pour lui un temps rude. Mais ceux qui l’ont approché dans ces semaines éprouvantes témoignent qu’aucune plainte ne franchissait ses lèvres. Il y avait en lui cette paix profonde de celui qui sait où il va, de celui qui, dans l’hiver même, discerne déjà la promesse du printemps.
Il nous a quittés à l’aube de cette saison nouvelle, le jour même où l’Église proclame que le Verbe s’est fait chair.
Comme une ultime parole — silencieuse, mais lumineuse.
Père Alain,
vous qui avez semé tant de bien sur cette terre d’Auvergne,
vous qui avez baptisé, marié, accompagné et confié à Dieu tant des nôtres,
vous qui avez ri avec nous et pleuré avec nous,
MERCI.
Merci pour Lezoux.
Merci pour ces vingt années où vous avez été bien plus qu’un curé : un père, un frère, un compagnon de route.
Nous le savons : vous ne nous oublierez pas.
Et nous, nous ne vous oublierons pas.
Allez en paix, Père Alain.
La table est dressée, et Celui que vous avez servi tout au long de votre vie vous y attend.
🙏
(source: Diocèse de Clermont - Eglise catholique dans le Puy-de-Dôme)