C’est au XIIe siècle, sous la vicomté de Gimoes, que fut élevé le puissant château de Launac, entouré de fossés et pourvu d’un pont-levis permettant d’y accéder depuis le village, également fortifié. Puis la vicomté devint en 1148 la propriété des Jourdain de l'Isle, de puissants seigneurs alliés des comtes de Toulouse. En 1229, en application du traité de Paris qui mettait un terme à la guerre de
s Albigeois, le château vit ses remparts démantelés, conséquence de la nouvelle allégeance des seigneurs locaux au roi de France. En 1297, Izarn Jourdain de l'Isle organisa la vie du village en lui octroyant une charte de coutumes, c'est-à-dire un recueil de l'ensemble des droits et devoirs du seigneur et des habitants. Les fortifications qui avaient été détruites furent alors reconstruites. En 1637, Gaspard de Fieubet, trésorier d’Espagne, se rendit acquéreur de la baronnie qui fut ensuite vendue en 1682 à un bourgeois enrichi, le capitoul Richard Dejean. Très imbu de sa personne et de ses privilèges, il se permit de mépriser les coutumes du village et d'ignorer les droits des habitants. Mais les Launacais ne se laissèrent pas faire. Après un long procès, ils abandonnèrent le village et n'acceptèrent d'y retourner qu'après avoir fait reconnaître leurs droits. Ruiné, le fils de Richard Dejean assista en 1710 à la vente aux enchères de la baronnie, qui fut adjugée à Nicolas d’Aguin, capitoul, trésorier général de France. Son fils Jean-Joseph d’Aguin, président au Parlement, se retira en 1727 au profit de Jean-François Tournier de Vaillac dont la famille perdura à Launac jusqu’à la Révolution. Centre commercial et siège d’une importante baronnie, Launac fut peuplé au XVIIIe siècle de nombreux bourgeois enrichis, occupant les charges de la seigneurie. Le château actuel, qui conserve de nos jours son aspect militaire, fut bâti au XVe siècle par les Carmaing de Nègrepelisse. Il comporte une tour d’angle et une rangée de mâchicoulis portant un chemin de ronde éclairé d’étroites ouvertures. Le château est inscrit au titre des monuments historiques.