05/06/2026
[Ouistreham- cérémonie de tradition : hommage au commando Laurent Casalonga]
Demain, à Ouistreham, se déroulera la cérémonie de tradition de l'École des fusiliers marins. À cette occasion, un cours de quartiers-maîtres de la flotte (QMF) sera officiellement baptisé au nom de Laurent Casalonga, en hommage à l'un des 177 hommes du commando Kieffer ayant participé au Débarquement du 6 juin 1944.
Biographie de Laurent Casalonga :
Laurent Pierre Ignace François Casalonga voit le jour le 5 juin 1923 à Saint-Sébastien, en Espagne, au sein d’une famille corse marquée par l’histoire militaire : son père, Jean-Baptiste, né à Tizi-Ouzou en 1885, est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, décoré de la Légion d’honneur. En juin 1940, alors qu’il n’a que 17 ans et qu’il est étudiant à Bayonne, Laurent refuse la défaite. Le 20 juin 1940, il embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le Batory, l’un des derniers bateaux en partance pour l’Angleterre. À son arrivée à Plymouth le lendemain, il devient le plus jeune des évadés basques à rejoindre les rangs de la France libre.
Dès le 1er juillet 1940, il s’engage comme volontaire dans les Jeunes Volontaires du Général de Gaulle. Trop jeune pour le front, il intègre les centres de formation de la France Libre, notamment l’école des Cadets à Rake-Manor, puis à Malvern. Mais l’appel du combat est plus fort : en avril 1941, il démissionne de la promotion « Libération » pour rejoindre les commandos du commandant Philippe Kieffer, une unité d’élite en préparation pour la libération de l’Europe.
En juillet 1943, Laurent Casalonga est affecté au n°12 commando. Il participe au raid Forfar Beer du 2 au 4 septembre 1943, une mission de reconnaissance entre Életot et Saint-Pierre-en-Port, en Seine-Maritime. Il est alors le seul Français parmi les huit commandos engagés. Après un bref retour aux commandos français, il se prépare pour l’opération la plus décisive de sa vie.
Le 10 mai 1944, lors d’une prise d’armes solennelle, il reçoit son badge de béret vert, portant le numéro 13 (remplacé plus t**d par le 201), aux côtés de 29 autres engagés du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos (1er BFMC). Ce badge symbolise son appartenance à une unité d’exception, prête à en découdre avec l’occupant n**i.
Le 6 juin 1944, à l’aube, Laurent Casalonga débarque sur la plage de Riva Bella, à Ouistreham, avec le commando n°4, intégré au Troop 1. Dès les premiers instants de l’assaut, il est blessé. Couché, sur le sable, ne pouvant se relever, il chante la Marseillaise pour encourager ses camarades. Évacué vers l’Angleterre pour soins, il refuse de rester à l’écart du combat.
Fin juillet 1944, il rejoint volontairement son unité et participe à la campagne de Normandie, puis aux combats en Belgique et aux Pays-Bas, notamment lors de la prise de Flessingue, sur l’île de Walcheren, en novembre 1944. Son engagement sans faille se poursuit jusqu’à la fin de la guerre en Allemagne.
Il est finalement démobilisé le 17 novembre 1945.
Pour son courage exceptionnel, Laurent Casalonga est honoré de nombreuses distinctions :
• Croix de Guerre 1939–1945 (citation à l’ordre de l’armée en août 1944),
• Médaille de la Résistance (décret de mars 1947),
• Médaille Commémorative 1939–1945 avec barrettes « Engagé volontaire », « Manche », « Libération », « Allemagne »,
• Médaille des Blessés (reconnue officiellement en novembre 1969).
Il s’éteint le 22 novembre 1987 à Paris et repose aujourd’hui au cimetière d’Hendaye, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Son nom reste à jamais associé à celui des 177 Français du commando Kieffer qui ont marqué l’histoire par leur bravoure.
@ Collection famille Casalonga