03/12/2025
COMMUNIQUE DES ELU.ES GENERATION.S D'IVRY-SUR-SEINE
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles doit être le pilier de nos politiques locales !
Avant tout chez Génération·S, nous réaffirmons notre soutien total et inconditionnel aux victimes. Il ne peut y avoir ni hésitation, ni ambiguïté lorsqu’il s’agit de violences sexuelles. La parole des victimes est primordiale et doit être reçue sans minimisation : « On vous croit ! »
Les révélations portées publiquement par Mélissandre il y a quelques jours sonnent comme un cri puissant des femmes et minorités de genre face à une société et un univers politique encore pétris d’un patriarcat pesant et qui entrave la nécessaire révolution des esprits face à ces violences.
Lors du jugement pour viol commis contre Mélissandre et une autre femme, le verdict a été clair et sans appel : deux victimes, un même coupable. Elles ont pourtant dû attendre huit longues années pour que justice soit enfin rendue : huit années de solitude, de doutes, de souffrances. Beaucoup trop pour celles qui ont subi ces viols, ces crimes. Se rendre au procès pour soutenir l’accusé sans en mesurer la portée humaine et politique, c’est envoyer un signal glaçant aux victimes.
Nous nous désolidarisons totalement des agissements des élu·es qui se sont rendu·es à ces fins au procès, et de tou·tes celles et ceux qui, durant ces années, ont apporté leur soutien — direct ou indirect — à un homme accusé puis reconnu coupable de viol.
Les décisions de démission des élu·es concerné·es et les mesures de suspension prises par notre maire Philippe Bouyssou sont salutaires. Il paraît désormais incontournable que la liste des élections municipales 2026 à laquelle nous participerons soit composée de citoyen·nes ayant pris toute la mesure de ces enjeux et ne reconduise pas les quatre élu·es directement impliqué·es.
Pour Génération·S Ivry, notre future majorité au service des ivryen·nes doit s’emparer d’un travail de long terme pour la co-construction d’actions fortes et résolues. Pour cela, il sera nécessaire de nous appuyer sur les nombreuses expertises et engagements militants réunis au sein d’associations ivryennes et au-delà comme Lallab, association ivryenne, féministe, antiraciste et engagée pour un féminisme inclusif et reconnue pour la qualité de son travail ; le collectif Nous Toutes, dont l’expertise et la force militante sont essentielles pour structurer une politique cohérente contre les violences sexistes et sexuelles ; ou bien encore l'association handiféministe Les Dévalideuses qui portent la voix des femmes et minorités de genre handicapées, mais aussi toutes les associations féministes LGBT+.
Nous devons également renforcer les moyens municipaux sur la lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles. Et d’abord en formant de manière obligatoire tou·tes les élu·es, actuel·les et futur·es, sur ces enjeux cruciaux.
Il sera essentiel de construire un service municipal dédié et solide, doté de compétences élargies, ne reposant plus seulement sur le travail, pourtant remarquable, d’une seule chargée de mission. Accélérer la formation de l’ensemble des agent·es municipaux, améliorer la connaissance des agentes de la cellule municipale de signalement et son efficacité, seront gage d’une démarche renforcée d’organisation pour la prévention contre les violences sexistes et sexuelles au cœur de la municipalité. Construire une ville qui protège, qui écoute, qui croit et qui accompagne les victimes : voilà notre exigence.
L’impunité ne peut plus exister. Nous le devons aux Ivryennes et aux Ivryens. Et cet engagement doit être porté par l’intégralité des élu·es et des candidat·es de la future liste, sans exception. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles n’est pas un slogan : c’est un devoir politique, humain et moral.
Mounia Chouaf, Lydie Raër, Clément Pecqueux