11/07/2026
JE NE TRAVERSAIS PAS TA PELOUSE POUR ME PROMENER.
JE RAMENAIS DU LAIT À DES PETITS QUE LA LAME N’A JAMAIS VUS.
Tu pourrais me trouver au matin.
Dans l’herbe courte.
Près du robot arrêté.
Le corps roulé à moitié.
Le museau encore tourné vers la haie.
Et penser :
« Un hérisson blessé. »
Puis chercher seulement comment l’aider, moi.
Mais je n’étais pas seule dans cette histoire.
Je suis une hérissonne.
La nuit, je sors quand le jardin devient calme.
Je longe les murs.
Je passe sous les haies.
Je cherche des insectes, des vers, des limaces, tout ce qui peut me donner assez de force pour revenir.
Parce qu’au fond d’un nid de feuilles, sous la haie, il peut y avoir des petits.
Aveugles.
Chaud contre chaud.
Trop jeunes pour suivre.
Trop jeunes pour comprendre pourquoi le ventre qui les nourrissait ne revient pas.
Un robot de tonte travaille sans voir les herbes qui bougent.
Sans entendre mes pas.
Sans savoir qu’une mère basse sur pattes traverse lentement la pelouse dans le noir.
La lame passe.
La nuit continue.
Et dans le nid, les petits attendent encore le bruit que je faisais dans les feuilles.
Ce qui aide vraiment :
— ne jamais faire tourner un robot de tonte la nuit
— vérifier les zones sous les haies avant de tondre
— laisser des bandes d’herbes hautes et des tas de feuilles tranquilles
— éloigner chiens et chats d’un hérisson blessé
— appeler rapidement un centre de soins pour la faune sauvage
— chercher prudemment un éventuel nid proche sans le déplacer sans conseil
Je n’étais pas seulement un hérisson sur la pelouse.
J’étais le seul chemin entre mes petits et la faim.