03/05/2026
⚠️📈« Accuser l’héritage ne fera pas oublier le re**rd des décisions et l’absence de cap » ‼️
Un mois et demi après l’élection municipale, la nouvelle majorité présente son premier budget et tente déjà d’installer un récit : celui d’un « héritage handicapant » qui l’empêcherait d’agir.
Ce discours ne résiste pas à la réalité des chiffres.
Des projets annoncés, structurants pour l’avenir, et des finances maîtrisées : oui, la municipalité en place jusqu’au 15 mars a travaillé jusqu’au bout et respecté ses engagements.
Tout a été exposé lors du débat d’orientation budgétaire présenté en mars 2026 : le contexte, les contraintes, les enjeux, et surtout une ligne claire poursuivre la baisse de la fiscalité, continuer à réduire la dette et maîtriser les dépenses, en particulier la masse salariale.
Rien n’était caché.
Tout était documenté.
Tout était anticipé.
Les investissements aujourd’hui repris par la nouvelle majorité ne sont pas des découvertes : ce sont des projets longuement travaillés, présentés à de nombreuses reprises en conseil municipal. Leur concrétisation n’a rien d’une surprise.
• Une dérive budgétaire dès le premier exercice.
Ce qui surprend, en revanche, c’est la manière dont le budget a été construit.
La comparaison entre la prospective présentée en mars et le budget voté est particulièrement éclairante.
Les dépenses de fonctionnement passent de 25,74 millions d’euros envisagés à 26,47 millions d’euros votés, soit +732 901 euros.
Dans le détail :
- les charges à caractère général augmentent significativement
- les charges de personnel passent de 15,26 à 15,54 millions d’euros
- les autres charges de gestion courante progressent également
Autrement dit, l’effort demandé aux services municipaux et qu’ils avaient engagé a été annulé en quelques semaines.
Dans le même temps, les recettes progressent de manière encore plus marquée : +1,12 million d’euros par rapport aux prévisions.
Mais cette hausse repose largement sur la fiscalité.
👉 La fiscalité passe de 19 à 19,65 millions d’euros
👉 Les propriétaires contribuent à eux seuls pour +241 916 euros
Le constat est simple :
le contribuable fournit l’essentiel de l’effort.
Une gestion de l’investissement qui interroge
La gestion de l’investissement révèle également un choix de facilité.
Le niveau des dépenses d’investissement (crédits nouveaux et restes à réaliser) augmente de près de 2,5 millions d’euros en 2026.
Or, une autre méthode était possible.
Elle consiste à inscrire au budget uniquement les crédits réellement nécessaires sur l’année, tout en conservant une vision globale du projet, maîtrisée par le Conseil municipal.
C’est une pratique largement utilisée.
Elle aurait permis de limiter l’inscription à environ 1,5 million d’euros supplémentaires, au lieu de 2,5.
Conséquence directe :
👉 le recours à l’emprunt aurait pu être ramené de 3,5 millions à 2,5 millions d’euros
👉 la dette aurait continué à baisser, passant de 22,5 à 21,5 millions d’euros
Ce n’est pas une hypothèse.
C’est une trajectoire possible, construite et cohérente.
• Une épargne qui se dégrade
Autre élément préoccupant : la dégradation de l’épargne.
Le virement à la section d’investissement passe de 4,02 millions d’euros en 2025 à 3,08 millions en 2026.
Soit une baisse de 938 000 euros.
Cette baisse n’est pas anodine.
Elle traduit un déséquilibre :
👉 les dépenses de fonctionnement augmentent plus vite que prévu
👉 la capacité à financer l’investissement diminue
Et c’est précisément ce type d’évolution qui, à terme, fragilise une trajectoire financière.
• Dette : un héritage solide, pas un problème
Il faut ici rappeler les faits.
En 2014, la dette de la ville s’élevait à environ 42 millions d’euros.
En 2026, elle est de 22,5 millions d’euros.
Près de 20 millions d’euros de baisse.
Sans augmentation des taux d’imposition.
En continuant à investir.
En maintenant les services publics.
Les indicateurs actuels le confirment :
👉 une dette autour de 1 143 € par habitant
👉 une épargne brute supérieure à 8 %
👉 près de 4 millions d’euros d’autofinancement
Ce sont des bases solides.
Parler d’« héritage handicapant » dans ces conditions n’est pas sérieux. C’est, au mieux, une facilité.
• Fiscalité : une promesse repoussée… et affaiblie
La majorité annonce aujourd’hui une baisse de la taxe foncière… en 2029.
Mais il faut être clair :
👉 il n’existe aucun lien mécanique entre la fin de certains emprunts et la baisse de la fiscalité
👉 ce raisonnement masque en réalité l’absence de choix de gestion
Nous avions, pour notre part, proposé une trajectoire claire :
👉 passer de 61,40 % à 50 % en 7 ans
👉 soit 1,6 point de baisse par an
Une trajectoire progressive, réaliste, immédiatement engagée.
Aujourd’hui, rien !
Le taux reste inchangé.
Et malgré une revalorisation officielle des bases de 0,8 %, leur progression réelle atteint 1,54 %, signe d’une dynamique fiscale.
Résultat :
👉 près de 240 000 euros de recettes supplémentaires
👉 sans aucun effort sur le taux
Un simple ajustement de –0,8 % du taux aurait permis de neutraliser en grande partie cette hausse, pour un coût limité de 127 000 euros.
Dire que ce n’était pas possible n’est pas exact.
C’était un choix.
Une méthode qui interroge
Ce budget donne le sentiment d’une gestion à court terme.
On laisse filer les dépenses.
On mobilise davantage l’emprunt.
On reporte les décisions structurantes.
Et dans le même temps, on renvoie au passé ce qui relève du présent.
• Des dossiers révélateurs
Sur le crématorium, aucune solution concrète n’est avancée, pendant que le projet privé OGF risque de quitter le territoire.
Sur l’école des Arches, l’absence de représentation de la ville lors du CDEN du 9 avril contraste avec l’efficacité d’autres communes, comme Riez, qui ont obtenu gain de cause.
• Conclusion
Le constat est simple.
Les finances de la ville ne sont pas un frein.
Elles sont un point d’appui.
Elles ont été assainies, stabilisées et préparées pour permettre d’agir.
Aujourd’hui, la majorité fait d’autres choix.
Elle en a le droit.
Mais elle doit les assumer.
On ne peut pas, en même temps, bénéficier d’une situation financière solide et expliquer qu’elle empêcherait d’agir.
On ne peut pas promettre une baisse d’impôts… et commencer par la repousser.
On ne peut pas invoquer des contraintes… quand les marges existent.
Digne-les-Bains mérite des choix clairs, une direction et de la constance.
Elle mérite, surtout, que l’on regarde la réalité en face
Francis Kuhn