12/06/2026
Balade à travers les âges avec « Les Fêtes Napoléon III » qui reviennent à Vichy, pour un nouveau très beau et chaud week-end de juin, alors que les « Flamboyantes » se « réveilleront » de leur longue sieste, fin juin, renouant avec le Moyen-Âge et le symbole des heures glorieuses de Cusset, ainsi que de son particularisme toujours présent. Napoléon III est venu régulièrement à Vichy entre 1861 et 1866 pour soigner ses crises de goutte (aujourd’hui le corps médical ne recommanderait plus une telle cure), il en profitait aussi pour visiter les environs : monuments, mais surtout entreprises, se tenant ainsi au courant de l’activité économique ; des entreprises qui se trouvaient pour la plupart sur la commune de Cusset : moulins, papeterie, usine des Grivats (où l’on fabriquait la toile dite « Vichy »), ou tout simplement pour l’agrément en promenade à la Chaume-Guinard (aujourd’hui Montagne Verte) et le long de la vallée du Sichon, jusqu’à l’ancienne ardoisière (traversant ainsi Cusset), où un restaurant du même nom lui permettait de prendre le thé ou de dîner au bord de la rivière. Il fréquentait également le restaurant des Malavaux, situé en limite des communes de Molles et de Cusset, en bordure du Jolan ; la route reliant les vallées du Sichon et du Jolan fut d’ailleurs appelée la « Promenade de l’Empereur ». Nous nous contenterons de nous rendre à l’Ardoisière pour rester au frais, mais aussi pour en savoir un peu plus sur cet illustre visiteur. Et comme il s’entend, le croquis du dîner Impérial champêtre à l’Ardoisière du mois de juillet 1861 du dessinateur de l’époque eut tous les honneurs du journal parisien « Le Monde Illustré », cela devenait un évènement national : « l’Empereur à Cusset !!! ». Voici quelques extraits du récit plein d’humour et de flatteries qu’en donne le chroniqueur de l’époque dans ce journal « …qui rappelle le su***de de Vatel qui « Perdu d’honneur » se su***de lors du festin donné en 1671 par le prince de Condé à Louis XIV, accompagné de la Reine, et de toute la Cour, soit 3000 personnes... En observant qu’en raison d’invités non attendus, les rôtis viennent à manquer, puis, affront suprême, que la pêche du jour a du re**rd, Il commet l’irréparable en se transperçant le cœur de son épée... cependant que la marée arrive, et que la fête continue… Le chroniqueur souhaita sans-doute faire un trait d’esprit, car cette version vient contredire totalement le récit que je vous donnais hier de ce repas mémorable, mais c’est aussi ce qui en fait tout le charme et surtout qui alimente la presse, comme aujourd’hui... ». « … Pendant ses rares moments de loisir, l’Empereur, accompagné de sa suite, se rendait en char à bancs à l’Ardoisière. Partout, les populations des campagnes se portait au-devant de Sa Majesté… ; … Un jour, il prit à l’Empereur la fantaisie d’y convier ses invités à un repas champêtre improvisé… ; Lorsque « Le Vatel » de l’endroit apprit par un courrier le projet de Napoléon III de dîner à l’Ardoisière en compagnie de 26 convives, il pâlit, la sueur coula de son front et il s’écria d’une voix étouffée : « Je suis déshonoré, nous avons eu beaucoup de visiteurs et il ne me reste qu’un peu de veau froid, trois œufs durs et à mourir !» On arrêta son bras, alors qu’il dirigeait contre son cœur la pointe d’un tournebroche homicide… Cela suffit, Sa Majesté apportera le reste, dit en souriant l’Inspecteur des Résidences Impériales. En effet, un fourgon entra dans la cour et tout fut préparé comme une féérie… ». Certains ont aussi prétendu que l'Ardoisière constituait le lieu où s'encanaillait Napoléon III, cependant les soi-disant « frasques impériales vichyssoises » ont peu de fondement probant ; si sa vie dissolue antérieure est de notoriété publique, la présence de l'Empereur à Vichy était, en premier lieu, liée aux soins qu'on lui prodiguait pour ses rhumatismes, goutte, lithiase etc. Nous vous laissons vous faire votre opinion Rappelons toutefois que pour diversifier les joies de cette bucolique campagne, un casino fut bâti en 1855 au Reposeau, dominant la vallée de l'Allier, à l'époque où Cusset se lançait dans le développement du thermalisme et mettait tout en place pour les distractions des curistes. De style néogothique, il était surnommé le « château de la Folie » ou « Villa du Belvédère » et accueillait un restaurant, un café, un billard et d’autres jeux. Excellent week-end de juin à la mode du XIXe siècle, si vous le souhaitez, en attendant de revêtir les atours du XVe siècle à Cusset.