12/06/2026
Dans la continuité de nos Histoires sur la commune de Chuffilly-Roche :
📜 Arthur Rimbaud à Roche : les racines ardennaises d’un poète en marche
Lorsque l’on évoque Arthur Rimbaud, on pense naturellement à Charleville, où il naît en 1854, à ses fugues, à Paris ou encore à ses voyages lointains. Pourtant, une autre terre occupe une place essentielle dans son histoire familiale : le hameau de Roche, aujourd’hui rattaché à la commune de Chuffilly-Roche.
La mère du poète, Marie-Catherine Vitalie Cuif, naît à Roche en 1825. La famille Cuif y possède une exploitation agricole, tenue notamment par Jean-Nicolas Cuif, le grand-père maternel d’Arthur. Vitalie y passe son enfance avant de s’installer à Charleville avec son père au début des années 1850.
Pour Arthur Rimbaud, Roche devient ensuite un lieu de séjour et de retour. La ferme familiale représente à la fois les racines maternelles, le travail de la terre et un refuge entre ses départs. En 1878, sa mère reprend elle-même la gestion de l’exploitation et Arthur participe aux moissons avec son frère Frédéric.
Mais Roche est surtout associé à Une saison en enfer. La tradition locale situe sa rédaction dans le grenier de la ferme familiale. Les recherches de la Bibliothèque nationale de France confirment la présence de Rimbaud à Roche entre la fin juillet et le début du mois de septembre 1873, ainsi que la composition sur place d’une partie de cette œuvre majeure. Il convient donc de ne pas affirmer que l’intégralité du livre y fut écrite, même si Roche appartient incontestablement à son histoire.
Quelques années auparavant, l’adolescent avait déjà composé les poèmes qui allaient révéler son immense talent :
🌾 Sensation, mars 1870 :
« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers… »
🌳 Roman, 29 septembre 1870 :
« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. »
💧 Le Dormeur du val, octobre 1870 :
« C’est un trou de verdure où chante une rivière… »
Ces poèmes ne peuvent pas être présentés comme ayant été écrits à Roche. Ils témoignent cependant de l’attention que le jeune Rimbaud portait déjà aux chemins, aux paysages, à la nature et au désir de liberté.
De l’ancienne ferme Cuif, détruite durant la Première Guerre mondiale, il ne subsiste aujourd’hui que de rares traces et un lieu de mémoire. À Roche, le promeneur peut encore parcourir les paysages familiers de la famille Rimbaud et emprunter le sentier « Sur les pas de Rimbaud ».
Une belle invitation à redécouvrir notre patrimoine local… et à relire le poète aux semelles de vent.
Sources consultées : Bibliothèque nationale de France – BnF Essentiels ; Jean-Miliau Garion, Autour de Rimbaud – Roche et Attigny, septembre 2024 ; Agence de développement touristique des Ardennes ; Office de tourisme Charleville-Mézières–Sedan.