16/09/2026
PLAN CASI (Climat Adaptation Sécheresse Incendies) dans l’INDRE : la Chambre d'agriculture de l'Indre dénonce des aides très insuffisantes face aux pertes subies par les exploitations agricoles
À l'issue de la réunion du Comité Départemental d'Expertise Sécheresse (CDES) consacrée à la présentation des mesures du plan CASI et à l'examen des critères de répartition du Fonds d'Urgence, la Chambre d'agriculture de l'Indre tient à faire part de sa déception quant aux annonces effectuées et aux modalités d'attribution envisagées.
Alors que les pertes liées à la sécheresse sont estimées à plus de 50 millions d'euros pour notre département, l'enveloppe d'aide annoncée ne s'élève qu'à 2 millions d'euros, soit seulement 4% des besoins identifiés. Un niveau de soutien que la Chambre d'agriculture juge largement insuffisant au regard de l'ampleur de la crise traversée par les exploitations du département.
Depuis plusieurs semaines, la profession agricole alerte les pouvoirs publics sur l'ampleur des conséquences économiques de cette nouvelle crise climatique. Les estimations réalisées auprès des exploitants concernés mettent en évidence des besoins financiers significatifs pour compenser les pertes de production en productions végétales, les achats de fourrages supplémentaires pour subvenir aux besoins des animaux et les surcoûts engendrés par la sécheresse :
• En grandes cultures, les pertes sont estimées à près de 30 millions d'euros, soit un peu plus de 100 euros par hectare sur les 265 000 hectares de surfaces cultivées (céréales, colza, tournesol, pois, lentilles…) du département.
• Pour les élevages, le déficit fourrager est estimé (fin août) à environ 100 000 tonnes, représentant un manque évalué à 20 millions d'euros, sur la base d'un coût moyen d’achat de fourrage de 200 euros par tonne, sur le marché actuellement.
Au total, les conséquences directes de la sécheresse sont aujourd'hui estimées à près de 50 millions d'euros pour l'agriculture indrienne, sans compter les charges supplémentaires qui ont des effets directs sur la trésorerie des exploitations (abreuvement des animaux, ressemis indispensable des prairies...)
La Chambre d'agriculture de l'Indre considère que les critères de répartition actuellement proposés ne permettent pas de répondre de manière satisfaisante aux situations les plus critiques.
Nicolas Pailloux, président de la Chambre d'agriculture de l'Indre : « Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous estimons les pertes à près de 50 millions d'euros pour notre département, dont 30 millions pour les grandes cultures et 20 millions liés au déficit fourrager. Dans ce contexte, l'enveloppe de 2 millions d'euros annoncée au titre du Fonds d'urgence apparaît très largement insuffisante au regard des besoins exprimés par les agriculteurs. Nous demandons que les moyens mobilisés soient à la hauteur de la réalité des pertes constatées sur le terrain. Aujourd'hui, nous sommes loin du compte et profondément inquiets pour l'avenir de nos exploitations. Cette situation est d'autant plus préoccupante que les charges continuent d'augmenter, notamment sous l'effet de la hausse du coût des intrants et du GNR, dans un contexte géopolitique qui pèse durablement sur les équilibres économiques de nos entreprises. »
La Chambre d'agriculture de l'Indre poursuivra ses échanges avec les services de l'État afin d'obtenir une réévaluation des moyens mobilisés et une meilleure prise en compte des besoins constatés. Il est indispensable que les exploitations les plus touchées puissent bénéficier d'un soutien à la hauteur des besoins. Il en va de l’avenir de notre agriculture indrienne.