20/05/2026
Quelle dérive mortifère : épilogue
Au concours du « une place parce que je le vaux bien », M. Besiers décroche sans conteste la palme.
Après une succession de revirements, tractations d’arrière-boutique et arrangements entre amis, le voilà propulsé président de la commission des finances du conseil départemental. À défaut d’être calife à la place du calife, il s’offre un lot de consolation de choix. Héritier politique assumé de M. Baylet — qui l’a formé au PRG — il en adopte désormais les méthodes comme les réflexes. La colère à peine contenue de ce dernier en séance plénière en disait d’ailleurs long. Quant à M. Albugues, promu vice-président de cette même commission, il confirme un peu plus l’ancrage à droite de cette recomposition opportuniste.
Le reste des nominations confine au théâtre d’ombres.
Quiconque chercherait encore une cohérence politique dans cet attelage finirait par y perdre son latin. Des socialistes qui s’émancipent à géométrie variable, G. Descazeaux (proche LFI) vice-président, siégeant aux côtés d’une secrétaire RN, d’anciens majoritaires renouant avec l’ex-président M. Astruc… Le brouillage est total.
Derrière les postures et les alliances de circonstance se révèle surtout une lente décomposition des convictions politiques.
Et à qui profite ce grand marché des renoncements ? Devinez.
Après la bronca que nous avons, en partie, contribué à déclencher contre la création d’une commission promise à M. Lopez (RN), M. Besiers a finalement exécuté une pirouette politicienne : suppression de ladite commission avec vote unanime des conseillers… y compris celui de M. Lopez lui-même. Tout un symbole.
Ainsi fonctionne ce petit monde de notables persuadés qu’un arrangement entre initiés suffit à obtenir l’absolution citoyenne. En prétendant marier la carpe et le lapin, ils offrent surtout une porte de sortie et une respectabilité au RN.
Nous, nous n’oublierons rien.
Lors des prochaines élections départementales, nous ferons tout pour que la gauche du réel, républicaine et sociale, reprenne la main. Cette fois, il n’y aura ni complaisance, ni bienveillance.
Une mauvaise pièce de théâtre
À l’approche des sénatoriales, M. Lopez semble avoir préféré rester dans l’ombre de cette mécanique politicienne, tandis que le RN vient d’adouber Mme Barèges comme candidate. Dans le même temps, la présence de M. Besiers aux commémorations de Larrazet aux côtés de M. De Prince — hier encore voué aux gémonies par M. Baylet — ainsi que de MM. Bonhomme et Lévi, laisse entrevoir les contours de la bataille à venir : une guerre des places, encore et toujours.
Que chacune et chacun juge sur pièces.
Pour notre part, nous faisons un autre choix : celui de la lutte des classes.
Car le monde du travail — salariés, paysans, fonctionnaires — n’en peut plus de ces professionnels de la combine qui, par leurs calculs dérisoires et leurs arrangements permanents, nourrissent chaque jour davantage le vote RN.
Face à ces élus sans cap et sans scrupules, il est temps de redonner du sens à la démocratie, à l’engagement politique et à l’intérêt général.
Et nous nous y emploierons.
Maximilien Reynès-Dupleix, secrétaire de la section PCF Castelsarrasin-Valence-Lomagne