15/07/2025
⬛️C'EST L'HEURE DE SE REVOLTER SUITE AUX MESURES DE BAYROU
François Bayrou vient d’annoncer ce qui ressemble à une déclaration de guerre sociale. Derrière des mots policés comme "année blanche", "rééquilibrage" ou "solidarité nationale", se cache un plan d’austérité massif de 44 milliards d’euros d’économies en 2026. Un chiffre vertigineux, qui ne sort pas de la poche des ultra-riches ou des fraudeurs fiscaux, mais des poches des salarié·es, des précaires, des retraité·es, des soignant·es, des enseignant·es, et de nous toutes et tous.
Bayrou assume : il faudra supprimer 3 000 postes dans la fonction publique, 1 fonctionnaire sur 3 ne sera pas remplacé lors des départsa la retraite, geler les prestations sociales, ret**der l’indexation des pensions sur l’inflation, diminuer les aides aux collectivités, et même supprimer deux jours fériés. Autrement dit, on tape sur les plus fragiles, on casse encore un peu plus les services publics, on sabre dans les droits collectifs et dans les maigres respirations du quotidien.
Le tout, pour rassurer les marchés financiers et contenir une dette publique qui atteint aujourd’hui 114 % du PIB. Une dette aggravée par des décennies de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, de niches, d’évasions tolérées et de politiques néolibérales. Et c’est encore à nous de payer la note ?
Une "année blanche", un peuple noirci de colère
Ce plan, présenté comme inévitable, est un choix politique. Le choix de ne pas taxer les grandes fortunes, de ne pas bloquer les dividendes records, de ne pas remettre en cause la structure même d’un capitalisme qui précipite l’État dans le gouffre tout en s'engraissant sur les ruines. Pire : ce budget 2026 serait "une base d’efforts durables" jusqu’en 2029. Une trajectoire de précarisation assumée.
Le gouvernement Macron-Bayrou, comme leurs prédécesseurs, applique une logique : sacrifier les besoins sociaux sur l’autel de la dette, pour rassurer Standard & Poor’s et maintenir une note "AA". Mais que vaut cette note quand les hôpitaux manquent de lits, les écoles de moyens, les jeunes d’avenir, et les vieux de dignité ?
Organiser la riposte, construire la rupture
On ne pourra pas se contenter de dénoncer. Cette rentrée doit marquer le début d’un mouvement social d’ampleur, qui dépasse les colères sectorielles, les réflexes routiniers, les luttes isolées. Il faut construire une force populaire capable d’affronter ce rouleau compresseur.
Multiplier les assemblées populaires, dans les quartiers, les villages, les zones périphériques oubliées.
Faire converger toutes les colères : celle des services publics, des Gilets jaunes, des syndicalistes combatifs, des écologistes radicaux, des collectifs contre la répression, des jeunes précaires.
Inventer de nouvelles formes de lutte, offensives, joyeuses, désobéissantes, solidaires.
Ne pas attendre les mots d’ordre venus d’en haut : auto-organisation, coordination à la base, autonomie des territoires.
Ce n’est pas une crise, c’est un coup d’État économique
Ce que propose Bayrou, c’est l’instauration silencieuse d’un état d’urgence budgétaire, sans débat démocratique réel, avec la bénédiction du pouvoir. C’est une réduction autoritaire de la vie, un appauvrissement organisé de la société, un étouffement de toute résistance populaire.
Nous devons appeler les choses par leur nom : c’est une politique de classe. Et comme toujours, ce sont les mêmes qui trinquent, pendant que d’autres sablent le champagne avec l’argent de notre sueur.
Alors on fait quoi ?
On ne se résigne pas. On s’organise. On discute. On prépare l’offensive. On a quelques semaines. Rendez-vous dans quelquessemaines dans la rue, dans les assemblées, dans les lieux de vie. Qu’ils comprennent que nous ne laisserons pas ce monde mourir sans lutter.
Pas d’année blanche pour la révolte.