25/04/2026
JOSPIN, de gauche ?
Un cas d’école éclairant les impasses politiques et économiques de la social démocratie française.
Comparé à Mitterrand, une des pires droites, il est clair que Lionel Jospin est plus à gauche mais il a mené une politique plus « à droite » qu’un Balladur et les écarts entre riches et pauvres se sont plus creusés avec L. Jospin qu’avec E. Balladur.
À savoir une politique massive de privatisations :
• France Télécom (ouverture progressive du capital)
• La Française des Jeux (FDJ)
• Crédit Lyonnais (cédé à Crédit Agricole)
• Aérospatiale (fusion puis privatisation partielle dans EADS)
• Autoroutes (cession de parts)
• Thomson Multimédia, GAN, etc. Opérations dans la poursuite de la vague de privatisations entamée dans les années 1980-1990 et dans l’ouverture à la concurrence imposée par l’UE.
• Ouverture à la concurrence et libéralisation de secteurs, souvent sous contrainte européenne :
• Télécommunications, fin du monopole de France Télécom.
• Électricité et gaz (début de l’ouverture du marché à la concurrence)
• Transport aérien et fret ferroviaire préparant la libéralisation.
• Mesures fiscales et sociales d’inspiration libérale :
• Baisse d’impôts importantes sur le revenu (notamment pour les tranches supérieures) et allègements de la fiscalité du patrimoine et des entreprises, surtout à partir de 2000 avec Laurent Fabius à Bercy.
• Prime pour l’emploi visant à encourager le retour à l’emploi en complétant les bas salaires, mesure typiquement social-libérale.
• Exonérations massives de cotisations sociales patronales sur les bas salaires, « allègements de charges » en fait subventions au patronat.
• Politique budgétaire rigoureuse : Respect strict des critères de Maastricht, déficit de moins de 3 % du PIB pour entrer dans l’euro, sans réorienter la maîtrise des dépenses publiques malgré la croissance.
Un certain Mélenchon était son ministre docile.
EN ESPRITS LIBRES, ALLONS AU FOND DES CHOSES
Lionel Jospin résumait sa ligne par la formule : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché », ce qui a valu à son gouvernement d’être qualifié de « social-libéral » par une partie de la gauche et par certains commentateurs de l’époque.
LA RÉPONSE DES ESPRITS LIBRES Â CETTE « GAUCHE PLURIELLE » SUR LE PLAN ECONOMIQUE :
Leçon de marxisme et d’économie politique à l’ex-trotskiste Jospin qui, se croyant fin dialecticien disait : « Je suis pour une économie de marché, je ne suis pas pour une société de marché. ».
Laurent Fabius, critiquant la proposition de son rival Strauss-Kahn consistant à verser un pécule aux jeunes et « après tu te débrouilles », rappelait, en la tronquant, la citation de Lionel Jospin : « Lionel Jospin disait avec justesse : « L’économie de marché existe, je ne suis pas partisan d’une société de marché ». Là, c’est le troisième stade : ce n’est pas l’économie ni la société, c’est la pensée de marché. »
Que penser de ces tergiversations ?
Il nous faut remettre les choses à leur place, remettre les pendules à l’heure, comme dirait Julien Dray collectionneur de montres qu’il achète parfois très cher en espèces.
Convoquer Karl Marx, Jaurès, toute l’économie politique, toute la science politique, tutti quanti et les autres pour écarquiller les petits yeux de nos amis laborieusement socialistes.
Pourquoi L. Fabius déforme-t-il le propos de L. Jospin ?
Jospin, on le constate, avoue son ralliement à l’économie DE marché. Fabius fait semblant de ne pas l’entendre. Draguant à gauche, pour cause d’investiture, l’ex-social libéral ne veut pas parler de « ralliement » mais de « constat » : « L’économie de marché est là, c’est un fait incontournable, on ne peut revenir en arrière mais nous ne l’avons pas voulue. », toujours « responsables mais pas coupables ». Nuance entre l’entriste, très triste en effet, trotskiste qui avoue « je suis pour » comme Sardou dans la chanson, et le repenti Fabius « c’est un fait ». « J’suis qu’un pauvre fossoyeur et si la mort n’existait plus j’crèverais de faim sur mon talus. » Georges Brassens.
Notre gauche se divise :
- Ceux qui combattent l’économie de marché : anarchistes, communistes, trotskistes, anticapitalistes, anti-libéraux.
- Ceux qui constatent l’économie de marché, la déplorent mais font avec sans espoir ni volonté de pouvoir revenir en arrière. Pensée morte-Emmanuelli, honteuse-Fabius ou opportuniste-Mitterrand, les socialistes.
- Ceux qui la constatent, s’y rallient mais veulent la réguler :
Jospin, Rocard, Strauss Kahn, les sociaux-démocrates et sociaux-libéraux, Rocard.
Tous commettent une erreur dialectique, à partir d’une volonté, d’intentions bonnesdont ils pavent leur pensée, tous sauf les opportunistes mitterrandiens et leur mentor sans scrupule hors de la gauche.
Concernant la dialectique :
L’économie DE marché entraîne la société DE marché qui entraîne la pensée DE marché.
Celui qui accepte, ou se rallie, ou constate l’économie DE marché sans la contester est de fait impuissant face à la société DE marché et à la pensée DE marché.
Comme on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, on ne peut avoir l’économie DE marché et la société sans ou simplement avec marché, on a une société DE marché. Esprits Libres et marxistes sont, pour une fois, d’accord. Le réel fait mal quand on s’y cogne.
Dans ces conditions dialectiques ne reste-t-il que la réponse
cohérente des marxistes qui veulent une socialisation des moyens de production, une révolution un soir plutôt de grande taille ? En restons-nous au socialisme historique et dialectique, à la lutte des classes et naguère à la dictature du prolétariat ?
La réponse est libérale-égalitaire, libérale-libertaire, centriste, réformiste radicale, elle est esprit libre citoyen. Le marché existe et nous le régulons comme les sociaux-démocrates.
Mais l’économie comme la société comme la pensée n’est pas seulement mercantile, elle est aussi distributive, dotée d’une fiscalité d’utilité publique et écologique, de service public, de communs, solidaire, sociale, étatique…
Contrairement à toute la classe politique qui se partage entre partisans de l’économie de marché plus ou moins régulée et adversaires de l’économie de marché, nous sommes pour une économie AVEC marché et non DE marché, pour une société AVEC marché et non DE marché.
Nous sommes contre l’économie DE marché car elle entraîne la société de marché et la pensée de marché.
Limité et régulé, le marché est productif et bénéfique. Non limité et non régulé, il est criminel et suicidaire. Interdit, il entraîne le collectivisme, le totalitarisme ou l’anarchie.
Notre positionnement nous distingue et nous positionne dans la perspective d’une nouvelle société.
Revenu Citoyen comme combat contre la politique dite sociale et contre les aides et allocations, contre le plein emploi, pour la liberté de licencier et d’embaucher, pour le service public garanti et ininterrompu, pour l’emploi et le service public partagé, pour la créativité.
Le marché ne signifie pas le capitalisme qui est tout marché.
L’absence de marché, collectivisation et planification, fige l’économie et la société dans un dictat totalitaire tuant la créativité. Le marché, le public et les communs doivent s’harmoniser. La fiscalité d’utilité publique avantage les secteurs autogérés et coopératifs et l’utilité culturelle, sociale et environnementale. Elle est tant qualitative que quantitative. Elle limite la concentration et les monopoles, le gaspillage et l’obsolescence. Elle instaure la démocratie économique.
Économie et société AVEC marché : Le REVENU CITOYEN nous fait passer d’une économie et d’une société DE marché, à une économie et à une société AVEC marché. Il organise la primauté de l’être sur l’avoir, l’image et le paraître.
Une économie distributive et non redistributive
Le marché florissant et actif mais l’essentiel du commun doit échapper à la loi du marché et à la centralité du couple travail-capital, afin de définir une citoyenneté fondée sur une spiritualité civile et laïque, sur la primauté de l’être dans la politique, dans l’organisation de la cité, sur la créativité.
Les Esprits Libres discernent ce qui dépend du marché, offre demande, ce qui en dépend partiellement et ce qui n’en dépend pas. Ils mettent en place une fiscalité d’utilité publique fusionnant CSG et impôt personnalisé et à la source sur les revenus et tenant compte des qualités et non seulement des quantités dans l’imposition. Ce à l’avantage du commerce de proximité, de l’artisanat, de la petite entreprise, de l’agriculture écologique, de la pêche raisonnée, de la petite exploitation, de la recherche, de la santé, de la culture, de la qualité de la vie et des produits. Le R.C. est une régulation républicaine et libertaire de la part libérale de l’économie.
Nous sommes libéraux, partisans des libertés et acceptant le marché mais dans l’acception républicaine et citoyenne. Libéraux-libertaires car le marché, dont la domination du capital financier est inacceptable, ne peut à lui seul réguler la distribution des richesses et organiser la cité.
Pour le libéralisme politique, contre le néo-libéralisme
Le libéralisme politique est une valeur essentielle de la gauche libérale et libertaire contre la gauche totalitaire. En remplaçant le terme de capitalisme par celui de libéralisme, l’extrême gauche et le PCF, entretiennent la confusion et gratifient le système capitaliste, qui n’est le plus souvent pas libéral mais répressif et monopoliste, et qui, traité de libéral, apparaît comme défenseur des libertés. Avec cette fausse analyse, on en arrive à traiter Pinochet de libéral et bientôt les Chinois seront taxés de libéraux. Dialectique minable, incapacité sémantique à combattre le capitalisme. La gauche totalitaire anti-libérale se fait l’alliée du capitalisme. Assimiler le capitalisme au libéralisme constitue plus qu’un crime, c’est une faute qui range de facto le capitalisme dans le camp de la liberté. Confusion entre libéralisme politique, qu’il s’agit de défendre, et un libéralisme économique outrancier, néo-libéralisme, qu’il s’agit de combattre. Naturellement cette extrême gauche non libertaire est aussi ennemie du libéralisme politique, de la liberté tout simplement. Défendons le libéralisme politique face aux totalitaires autant qu’il nous faut combattre un certain libéralisme économique, le néo-libéralisme capitaliste.
Ceux qui sont incapables de distinguer le libéralisme politique du libéralisme économique, du néo-libéralisme et du fascisme se sectarisent tentés qu’ils sont par le social-fascisme. Ils suivent l’affect de la colère sur lequel le populisme surfe.
Parlons économie AVEC marché et société AVEC marché
Soit mais quel est le second terme, qu’est-ce qui dans l‘économie et dans la société n’est pas le marché, ne relève pas du marché ? Ce sont, en particulier, les communs.
Nous parlons d’économie avec marché et communs et de société avec marché et communs.
Le marxisme considère que l’économie est déterminante en dernière analyse. Cela a donné la misère ou le capitalisme monopoliste d’État ou la chinoiserie communisme et capitalisme, couple infernal.
La culture, les communs et la nature sont, en dernière analyse, déterminants dans les rapports dialectiques individus-marché. Communalisme et libéralisme politique, écologisme fixant les limites, le cadre du libéralisme politique, l’exercice du marché, socialisme libéral et libertaire, écosocialisme, communalisme, anticommunisme, anticapitalisme.
Dans la dialectique communs-marché, que l’on retrouve tant dans l’économie avec communs et marché que dans la société avec communs et marché, l’élément « communs » doit rester déterminant en dernière analyse si l’on considère que la nature est un commun et que la culture apportée par le citoyen en est un autre. Dans ce cadre, dans cette problématique, dans cette conception du monde le marché s’exerce « librement ». C’est dire que sa liberté est relative en ce sens qu’il ne peut s’en prendre aux communs ni dominer les individus, les vies, la culture. Nous sortons de l’homo-économicus et de la marchandisation de la culture. Le marché est placé sous un régime de légalisation contrôlée.
L’État libéral-libertaire, convivialiste, socialiste écologiste, social-écologiste garantit le marché dans ce cadre communaliste écologiste. Réfutation du marxisme et du capitalisme, de la droite et de l’extrême gauche. Le cadre démocratique va du centre droit à la gauche dans ce cadre écologiste et communaliste. Cadre démocratique excluant le capitalisme et le communisme et ses partis, droite, extrême droite et extrême gauche dont les partis communistes ou ce qu’il en reste de débris. Le XXème siècle aura été celui de la barbarie, le XXIème sera celui du communalisme libéral-libertaire, du social-écologisme avec marché régulé et spiritualité rationaliste, civile et laïque.
Mauvaise pioche la social-démocratie n’est pas épargnée avec son ralliement à l’économie DE marché. Il va falloir rétrograder à l’économie AVEC marché sans adopter les lubies de l’économie sans marché, étatisée, capitalisme monopoliste d’État ou capitalisme ouvert d’État, passer de la social-démocratie à la social-écologie libérale-libertaire.
Les doctrines de l’assistanat, du social, du droit au logement, du statut des intermittents, des statuts et régimes spéciaux de retraite et autres doivent aussi être dépassées.
Passons à la citoyenneté qui exige le Revenu Citoyen aligné sur le seuil de pauvreté situant chacun dans l’accès aux communs et faisant de la culture et de la santé les biens communs premiers, fondamentaux d’accès libre permanent.
Le but n’est pas la croissance ou l’emploi, il s’agit de faire de son existence une œuvre d’art, primauté de l’être et de la créativité dans l’organisation de la cité.
DEUXIEME RÉPONSE DES ESPRITS LIBRES A CETTE « GAUCHE PLURIELLE » SUR LE PLAN INSTITUTIONNEL :
La plus grosse erreur politique de Lionel Jospin a été l’inversion du calendrier électoral républicain. Comment Jospin et la gauche plurielle attachée à une lecture parlementaire du régime, en sont-ils venus à mettre en chantier une réforme qui, reléguant les législatives derrière la présidentielle dans le calendrier électoral, ne pouvait que définitivement ravaler le parlement à un rôle secondaire dans le dispositif institutionnel de la Ve République ?
Supprimons l’élection présidentielle :
La Révolution française s’est faite pour que notre Assemblée nationale soit le lieu de représentation du pouvoir « du peuple, par le peuple, pour le peuple ».L’élection du président de la République au suffrage universel, adoptée par référendum en 1962, a transformé la République en monarchie constitutionnelle. Le mandat ramené à cinq ans et l’inversion du calendrier républicain en 2002 ont aggravé le processus et, force est de constater que, la France est devenue une monarchie présidentialiste.
Avec cette élection présidentielle non républicaine, notre pays est beaucoup plus monarchiste que les royautés européennes.
Le Parlement est minorée par la présidence. La représentation et la légitimité présidentielles sont bien supérieures à la représentation et à la légitimité législatives. L’élection législative a perdu son sens et sa prépondérance et ne peut logiquement qu’avaliser la présidentielle renforçant encore la monarchie présidentialiste. L’Assemblée nationale n’incarne plus la représentation nationale souveraine et les minorités n’y sont guère représentées. Ce système fracture le pays sur des questions de personne au détriment du débat politique démocratique. Le pouvoir personnel bonapartiste en sort gagnant.
Système coûteux qui crée un doublon Elysée-Matignon. Dangereux en ce qu’il entraîne, le plus souvent, une rivalité au sommet de l’État, voire des cohabitations, entre le président et son Premier ministre, dans la conduite des affaires publiques.
En coulisse beaucoup se déclarent favorables à un système parlementaire primo-ministériel mais arguent du fait que l’on ne peut revenir en arrière, que les citoyens sont attachés à cette élection. L’honneur de l’engagement citoyen consiste aujourd’hui à dire qu’ils y sont attachés comme l’esclave à sa chaîne. Le citoyen est capable de le comprendre si nous sommes capables de l’expliquer. Pour une démocratie vivante, il convient d’affirmer notre opposition à cette élection.
Rien, dans notre République, ne doit se situer au dessus de notre Assemblée nationale.
Or l’élection présidentielle court-circuite l’élection législative qui ne peut qu’avaliser, quelques jours après, le résultat de la présidentielle en envoyant une assemblée de la couleur du président élu renforçant plus encore son pouvoir. Assemblée ne représentant correctement aucune minorité.�Avec l’élection monarchiste du président de la République au suffrage universel, la France est une exception en Europe. En refusant l’élection du président de la République au suffrage universel et en proposant un président simple arbitre et garant des institutions, Pierre Mendès-France avait raison contre la dérive bonapartiste monarchiste du pouvoir personnel de de Gaulle, contre François Mitterrand et leurs successeurs.
Suppression de l’élection monarchiste présidentialiste du président de la République au suffrage universel.
Premier ministre chef du gouvernement, régime primo-ministériel. Président de la République simple arbitre, élu par 3/5ème de l’Assemblée, alterné femme-homme, c’est dire accepté par l’opposition.
Ce régime d’essence bonapartiste, gaulliste, populiste, monarchique est une « monarchie présidentialiste ». Le populisme monarchique puise sa légitimité dans cette particularité française, unique et scandaleuse en démocratie européenne, que constitue l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel. D’autres élisent un président mais qui n’est pas chef de l’exécutif ! Moment où le peuple se dessaisit dans un processus de servitude volontaire pour se livrer au pouvoir absolu d’un seul. Possibilité de choisir son monarque, cadre monarchiste. Le Parlement, qui légifère, et son émanation politique, le gouvernement et son Premier ministre, qui exécutent, deviennent de simples chambres d’enregistrement et de simples courroies de transmission du monarque tout-puissant. La légitimité populaire présidentielle concentrée sur un seul écrase la légitimité populaire législative dispersée sur 577 circonscriptions. Le Parlement et avec lui la démocratie qu’il incarne n’existent plus en réalité.
D’autant qu’avec le quinquennat, l’élection de ces « petits » députés s’effectue dans la foulée de l’élection du « grand » personnage monarque. Le peuple ne va pas se déjuger à trois semaines d’intervalle. Sauf à se ridiculiser, il est condamné à donner une majorité au président. Les députés ne sont que des godillots du président.
Le fait de prétendre vouloir limiter les pouvoirs du président avec un tel mode d’élection est demi-mesure voire pure lubie.
L’élection du président au suffrage universel direct ne se conçoit que dans le cadre d’un régime présidentiel à l’américaine qui ne correspond ni à notre choix de régime parlementaire primo-ministériel ni à notre conception de la République.
La République, issue de la Révolution française, a rompu avec la monarchie puis conçu l’Assemblée nationale comme instance supérieure souveraine de la représentation du peuple.
L’élection présidentielle étant la clé de voûte des institutions de la 5ème République, il est quasi impossible de mettre en cause le présidentialisme et de prôner une 6ème République sans remettre en question l’élection du président de la République au suffrage universel.
Les législatives avalisent et renforcent la présidentielle qui la précède. Le pouvoir de dissolution bétonne l’édifice.
Pourquoi, alors que cette élection du président au suffrage universel, en tant que chef de l’exécutif, est une singularité française antidémocratique en Europe, ce mot d’ordre essentiel n’apparait pas ? Président de la République simple arbitre non élu au suffrage universel mais élu à la majorité des trois cinquièmes de l’Assemblée.
Régime parlementaire primo-ministériel. Fin de la monarchie présidentialiste.
Le gouvernement émane des élections législatives, le président nomme Premier ministre le chef de la coalition gagnante et celui-ci nomme un gouvernement responsable devant l’Assemblée.
Dans un premier temps, il convient d’adopter le mode de scrutin mixte, scrutin proportionnel paritaire à correctif majoritaire et de revenir au calendrier républicain de la législative avant la présidentielle.
La conception de la République change. La République devient citoyenne par son mode de représentation réellement parlementaire mixte et la démocratie vivante qu’elle met en place. Et européenne par sa capacité à se fédérer au noyau central et à s’intégrer à l’ensemble européen.
Les Esprits Libres, mendésistes, n’étant pas majoritaires, soutiennent des mesures de transition comme la présidentielle en même temps que la législative, mieux, après la législative, et le scrutin au vote préférentiel pour cette présidentielle qui nous colle. Ce serait moindre mal et cela dépolluerait la législative en lui redonnant son autonomie.
Les Esprits Libres, tant que cette élection monarchiste existe, ne proposent pas de la boycotter. Il serait même bon qu’un candidat Esprit Libres se présente et propose la suppression de cette élection. Il convient de favoriser la gauche et l’écologie voire le centre, contre la droite et l’extrême droite. Il s’agit toujours de choisir le moins pire. Voire d’appeler à un vote blanc dans certaines circonstances. Chaque voix compte, surtout avec autant d’abstentions, et la voix des Esprits Libres doit compter au maximum dans toutes les configurations. Boycotter c’est offrir le pouvoir aux partis du système et à l’extrême droite.
Aujourd’hui nous devons jouer les anti-Jospin et exiger du président actuel qu’il rétablisse le calendrier républicain en prononçant la dissolution de l’Assemblée, à bon escient cette fois, avant le scrutin présidentiel.
Salut Lionel et repose en paix.