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Face à un danger extrême, le cerveau privilégie la survie sur la mémorisation. L'amygdale s'emballe, le cortex préfronta...
28/05/2026

Face à un danger extrême, le cerveau privilégie la survie sur la mémorisation. L'amygdale s'emballe, le cortex préfrontal se met en retrait, et l'hippocampe qui encode les souvenirs en récits cohérents, ne peut plus fonctionner normalement. Les informations restent piégées sous forme de fragments sensoriels : une odeur, une sensation, une image, sans chronologie ni contexte.

Chez les enfants, dont le cerveau est encore en développement, ce phénomène est encore plus marqué. Des années, voire des décennies plus t**d, un stimulus peut brusquement réactiver ces traces enfouies. Les lacunes mnésiques et les révélations t**dives ne sont donc pas des signes de mensonge, mais la signature neurobiologique du trauma.

Un enfant qui ne pleure jamais, n'exprime aucun besoin et anticipe constamment les humeurs des adultes n'est pas forcéme...
25/05/2026

Un enfant qui ne pleure jamais, n'exprime aucun besoin et anticipe constamment les humeurs des adultes n'est pas forcément un enfant épanoui : il peut être un enfant qui a appris à survivre. Face à la maltraitance, certains enfants développent une hypervigilance permanente : leur corps est en alerte, même quand leur visage semble serein.

Ce mécanisme s'explique par la théorie de l'attachement : quand le parent est à la fois source de soin et de danger, l'effacement devient la seule stratégie possible. cette obéissance excessive masque souvent une souffrance invisible, sans traces physiques, difficile à détecter. Elle doit alerter, surtout si l'enfant sursaute, surveille les adultes du regard ou ne joue pas spontanément. En cas de doute, le 119 (enfance en danger) est accessible à tous, 24h/24.

Quand un enfant subit des violences, il se sent souvent responsable de ce qu'il endure. Ce paradoxe s'explique : se croi...
21/05/2026

Quand un enfant subit des violences, il se sent souvent responsable de ce qu'il endure. Ce paradoxe s'explique : se croire coupable est plus supportable que de se sentir totalement impuissant. Si la violence a une cause que je contrôle, peut-être puis-je l'arrêter. Ce mécanisme de survie psychologique, décrit dès 1932 par Ferenczi, pousse l'enfant à s'approprier la faute de l'adulte qui l'agresse. La situation s'aggrave quand l'agresseur est un proche aimé : l'enfant veut le protéger, et se tait. Ce silence est souvent entretenu par l'adulte maltraitant lui-même, qui convainc l'enfant qu'il l'a « mérité ».

À long terme, cette culpabilité nourrit une mauvaise estime de soi, de l'anxiété et des séquelles durables. Pourtant, quelques mots prononcés par un adulte bienveillant au moment du dévoilement « tu n'es pas responsable, tu as eu raison de parler » peuvent changer profondément le chemin vers la reconstruction. La culpabilité de l'enfant maltraité n'est pas une vérité : c'est une blessure.

Le Projet Pour l'Enfant (PPE) est un document obligatoire, instauré par la loi de 2007, destiné à coordonner toutes les ...
18/05/2026

Le Projet Pour l'Enfant (PPE) est un document obligatoire, instauré par la loi de 2007, destiné à coordonner toutes les actions menées autour d'un enfant pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Coconstruit avec les parents et l'enfant lui-même, il couvre l'ensemble de ses domaines de vie (santé, scolarité, liens familiaux) et vise à assurer la continuité et la cohérence de son parcours. Malgré une ambition forte, sa mise en œuvre reste inégale selon les territoires.

Un attachement insécure n'est pas une fatalité. Le cerveau, grâce à sa plasticité, reste capable de se réorganiser tout ...
14/05/2026

Un attachement insécure n'est pas une fatalité. Le cerveau, grâce à sa plasticité, reste capable de se réorganiser tout au long de la vie. Des figures secondaires peuvent offrir des expériences correctrices là où le lien parental a manqué. La psychothérapie et les relations de qualité contribuent également à cette transformation. En donnant du sens à son histoire, chacun peut construire progressivement une sécurité intérieure : c'est ce que Mary Main appelait l'attachement "sécure-acquis".

Le placement d'un enfant à l'ASE ne suspend pas l'autorité parentale : les parents conservent un rôle juridique réel, no...
11/05/2026

Le placement d'un enfant à l'ASE ne suspend pas l'autorité parentale : les parents conservent un rôle juridique réel, notamment pour les actes dits "non usuels" qui engagent l'avenir de l'enfant. Entre droits parentaux et intérêt supérieur de l'enfant, le droit français tente de trouver un équilibre fragile, codifié par la distinction actes usuels / actes non usuels et renforcé par les lois de 2016 et 2022. Le Projet Pour l'Enfant (PPE) est l'outil central de ce partage des responsabilités, encore trop souvent mal appliqué. Quand les parents refusent de coopérer, le juge des enfants peut autoriser l'ASE à agir seule, mais la procédure reste lourde. Et l'enfant, dans tout cela ? Trop rarement associé aux décisions qui le concernent, malgré les obligations légales. Un équilibre possible, donc, mais qui exige du temps, du dialogue, et une volonté réelle de placer l'enfant au centre pas seulement dans les textes.

Le placement familial met en lumière une difficulté centrale souvent sous-estimée : la manière dont on nomme les figures...
07/05/2026

Le placement familial met en lumière une difficulté centrale souvent sous-estimée : la manière dont on nomme les figures d’attachement des enfants accueillis. entre parents de naissance et famille d’accueil, les mots hésitent, se contredisent ou se superposent, révélant une réalité psychique et sociale complexe.

Dans le quotidien, l’enfant peut vivre avec une « maman d’accueil » tout en continuant d’avoir une mère de filiation. Cette double appartenance crée un décalage entre le vécu affectif et les catégories juridiques et sociales. Le langage, lui, ne parvient pas toujours à stabiliser ces places.

le droit distingue clairement la parenté (la filiation) et la parentalité (le fait de prendre soin, d’élever, de répondre aux besoins de l’enfant). mais dans le placement familial, ces deux dimensions se chevauchent. La famille d’accueil exerce une fonction parentale réelle sans être reconnue comme parent au sens strict, ce qui peut produire une forme de « parenté invisible ».

Face à cela, les enfants développent souvent des stratégies linguistiques fines : ils adaptent les mots selon les contextes, utilisent des distinctions implicites, ou alternent entre plusieurs termes pour désigner les adultes importants de leur vie. Ce bricolage n’est pas une confusion, mais une tentative de tenir ensemble plusieurs liens d’attachement sans en effacer aucun.

La question n’est donc pas seulement celle du vocabulaire, mais celle de la reconnaissance : comment nommer des liens qui existent sans toujours être pleinement légitimés ? Comment penser une parentalité partagée sans réduire l’une ou l’autre des figures ?

Le placement familial oblige ainsi à repenser les évidences autour de la « famille », en acceptant que l’enfant puisse être attaché à plusieurs figures parentales simultanément, sans contradiction psychique nécessaire.

Quand plusieurs adultes décident pour un enfant placé, le désaccord n’est jamais neutre.Dans le cadre de la protection d...
04/05/2026

Quand plusieurs adultes décident pour un enfant placé, le désaccord n’est jamais neutre.

Dans le cadre de la protection de l’enfance, un enfant peut se retrouver au croisement de décisions prises par ses parents, les professionnels de l’ASE et parfois le juge. Sur le papier, cette pluralité vise à le protéger. Dans la réalité, elle peut générer des tensions qui impactent directement son développement.

Grandir suppose de pouvoir s’appuyer sur des repères stables. Lorsque les adultes se contredisent sur la santé, la scolarité ou les choix du quotidien, l’enfant est confronté à une forme d’instabilité. Il peut alors développer des stratégies d’adaptation, s’ajuster à chacun, ou au contraire intérioriser le conflit et se sentir responsable.

Ces situations exposent aussi à des conflits de loyauté et à une perte de sécurité intérieure, particulièrement chez les enfants ayant vécu des traumatismes ou des ruptures. L’enjeu n’est pas d’éviter les désaccords, mais de ne pas les faire porter à l’enfant.

En France, les jeunes pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance présentent un taux de tentatives de su***de nettemen...
30/04/2026

En France, les jeunes pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance présentent un taux de tentatives de su***de nettement supérieur à la population générale. Avant même leur placement, beaucoup ont accumulé violences, négligences et traumatismes répétés : ce que la recherche appelle la charge traumatique cumulative. Des troubles psychiatriques s'installent souvent dans ce terrain fragilisé, diagnostiqués trop t**d.

Le placement protège, mais ne remet pas les compteurs à zéro. La séparation familiale est elle-même une rupture, et les changements répétés de lieu de vie aggravent l'instabilité, alors que la continuité des liens est l'un des facteurs protecteurs les mieux documentés.
Évaluation psychologique à l'entrée, accès aux soins, professionnels formés à repérer une détresse qui s'exprime rarement en mots : la protection de l'enfance ne peut pas s'arrêter à la mise à l'abri physique.

***de

passer de “qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?” à “qu’est-ce qui t’a protégé ?” permet de transformer le regard porté sur...
27/04/2026

passer de “qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?” à “qu’est-ce qui t’a protégé ?” permet de transformer le regard porté sur les situations de vulnérabilité et les parcours en protection de l’enfance. là où la première question met l’accent sur les défaillances, les ruptures et les causes du problème, la seconde ouvre une lecture centrée sur les ressources, les facteurs de protection et les appuis qui ont permis à la personne de tenir malgré l’adversité.

les recherches en psychologie du développement et sur la résilience montrent que les trajectoires ne se construisent pas uniquement à partir des facteurs de risque, mais aussi grâce à des éléments protecteurs souvent discrets : un adulte de confiance, une stabilité scolaire, des liens sécurisants ou encore des expériences relationnelles positives. ces facteurs de protection jouent un rôle majeur dans le développement de l’enfant et dans la construction de la résilience.

ce changement de question est particulièrement important en accompagnement social, éducatif et clinique. il permet de sortir d’une lecture uniquement déficitaire des situations et de mieux identifier les ressources déjà présentes. il aide aussi les personnes accompagnées à ne pas être uniquement définies par leurs difficultés, mais aussi par leurs appuis, leurs capacités d’adaptation et leurs expériences de sécurité.

en pratique, cette approche favorise une meilleure compréhension des parcours complexes et ouvre des pistes d’intervention plus justes : renforcer ce qui protège déjà plutôt que se limiter à analyser ce qui a échoué. elle s’inscrit dans les travaux sur la résilience, notamment ceux de masten et de narayan, qui soulignent l’importance des facteurs environnementaux et relationnels dans le développement de l’enfant.

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