29/05/2025
Je m’interroge…
Parce que j’aime m’interroger sur les maux qu’on voudrait nous interdire de questionner.
Existe-t-il un peuple sur cette terre qui aurait le droit de violer impunément le droit international et les droits humains fondamentaux ?
Qu’on soit clair : je condamne à 1000 % le terrorisme du Hamas et les atrocités commises le 7 octobre 2023. Mais je condamne tout mal, d’où qu’il vienne, sans hiérarchie dans l’horreur.
La foi véritable peut-elle s’accommoder de l’injustice ? Peut-elle faire l’éloge d’un pouvoir qui piétine la dignité humaine ?
Je suis frappé par le silence assourdissant de la communauté chrétienne ecclésiastique comme institutionnelle, individuellement comme collectivement face au génocide que subit le peuple palestinien. Beaucoup détournent le regard, zappent les images, évitent les récits d’horreur. Ce mutisme est plus qu’inquiétant : il est complice.
On invoque parfois le Dieu de l’Ancien Testament, celui des conquêtes sanglantes, des ordres d’extermination, femmes, enfants, vieillards…
Mais devons-nous, aujourd’hui, justifier l’injustifiable au nom de textes anciens ? Peut-on encore, sérieusement, brandir ces récits pour soutenir des actes d’une telle cruauté ?
Dans certaines églises africaines, une rhétorique bien rodée pousse à un soutien inconditionnel à Israël, comme un impératif spirituel. On y exhorte à “bénir Israël pour être bénis”, selon une lecture littérale d’un verset biblique. Mais chacun est libre de croire, d’interpréter, de pratiquer… tant que sa foi ne coûte pas le droit et la vie à d’autres.
Quand ta croyance bénit ce qui tue des enfants, des femmes enceintes, des civils désarmés, alors elle n’est plus foi : elle devient complicité.
Et nous, Congolais ?
Peuple marqué par la colonisation, les massacres oubliés, l’occupation, le pillage…
Allons-nous bénir, aveuglément, un État qui fait à un autre peuple ce qu’on nous a fait à nous ?
Ne devrions-nous pas, au contraire, faire preuve de solidarité envers les opprimés, quelle que soit l’identité de l’oppresseur ?
Il est temps d’interroger ce silence.
Il est temps de refuser de détourner les yeux.
Car la foi authentique ne pactise pas avec l’oppression. Elle ne bénit jamais la cruauté.
Je dis…