31/05/2026
𝘼𝙡𝙜é𝙧𝙞𝙚 : 𝙚𝙢𝙥𝙧𝙞𝙨𝙤𝙣𝙣é𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙪𝙣 “𝙡𝙞𝙠𝙚👍”, 𝙡𝙖 𝙧é𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙖𝙩𝙩𝙚𝙞𝙣𝙩 𝙪𝙣 𝙣𝙞𝙫𝙚𝙖𝙪 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙥𝙧é𝙘é𝙙𝙚𝙣𝙩
En Algérie, aujourd’hui, un simple clic peut vous conduire en prison.
L’arrestation de deux citoyens kabyles pour leur activité sur les réseaux sociaux — dont un banal “J’aime” — marque une escalade grave et révèle un pouvoir qui ne tolère plus aucune forme d’expression, même la plus insignifiante.
Smaïl Belaïdi, 53 ans, habitant du village de Bouassem, dans la commune d’Ath Zmenzer, a été arrêté par les forces de sécurité algériennes. Selon plusieurs témoignages, il a ensuite été soumis à des actes de torture.
Son seul “crime” : avoir cliqué sur « J’aime ».
Un geste quotidien. Un geste banal.
Un geste qui, ailleurs dans le monde, ne signifie rien —
mais qui, en Algérie, peut briser une vie.
Le second cas est tout aussi révélateur.
Achour Nouani, 34 ans, originaire du village de Ath Zelal, dans la commune de Mekla, est un proche d’une militante kabyle ayant obtenu l’asile politique en France.
C’est précisément pour cela qu’il semble avoir été ciblé.
Le jour de son arrestation, il ne manifestait pas.
Il ne protestait pas.
Il ne faisait qu’un acte de solidarité.
Il s’était rendu à l’hôpital de Tizi Ouzou pour donner son sang à un proche hospitalisé.
Sur place, il découvre une pénurie de matériel de collecte.
Mais au lieu de répondre à cette urgence, les autorités déclenchent une intervention sécuritaire.
Son activité sur les réseaux sociaux est examinée.
Son profil est scruté.
Ses relations sont analysées.
Et cela suffit.
Il est arrêté.
Puis accusé d’« appartenance à une organisation terroriste ».
Dans ce contexte, une question s’impose :
qu’est-ce qu’un acte terroriste aujourd’hui en Algérie ?
Un lien ?
Une opinion ?
Ou simplement… un clic ?
Ces deux affaires ne sont pas des cas isolés.
Elles révèlent une dérive profonde.
Une violation directe de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit la liberté d’expression sous toutes ses formes.
Car un “like”, aujourd’hui, est une expression.
Et le punir, c’est punir l’opinion.
Mais au-delà du droit, c’est une réalité politique qui apparaît.
Un pouvoir qui en vient à craindre un “J’aime”
est un pouvoir qui craint son peuple.
Un pouvoir qui surveille les clics
est un pouvoir qui redoute les idées.
Un pouvoir qui emprisonne pour un geste numérique
est un pouvoir qui a déjà perdu la bataille du débat.
Et lorsqu’un État utilise des accusations de terrorisme pour réduire au silence ses citoyens, il ne protège plus la société.
Il la fait taire.
Aujourd’hui, en Algérie, il ne s’agit plus seulement de réprimer des opposants.
Il s’agit d’empêcher toute forme d’existence d’une opinion libre.
Même silencieuse.
Même invisible.
Même réduite à un simple clic.
Et c’est précisément là que réside le danger.
Parce qu’un pays qui emprisonne pour un “like”
n’est pas un pays qui se protège.
C’est un pays qui a peur.
Face à cette dérive, la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme dénonce avec la plus grande fermeté ces violations graves des libertés fondamentales, exige la libération immédiate de Smaïl Belaïdi et Achour Nouani, et appelle la communauté internationale à ne plus détourner le regard.
Exil, le 31 mai 2026
Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH)
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𝘼𝙡𝙜𝙚𝙧𝙞𝙖: 𝙄𝙢𝙥𝙧𝙞𝙨𝙤𝙣𝙚𝙙 𝙛𝙤𝙧 𝙖 “𝙡𝙞𝙠𝙚👍”, 𝙧𝙚𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙧𝙚𝙖𝙘𝙝𝙚𝙨 𝙖𝙣 𝙪𝙣𝙥𝙧𝙚𝙘𝙚𝙙𝙚𝙣𝙩𝙚𝙙 𝙡𝙚𝙫𝙚𝙡
In Algeria today, a simple click can lead you to prison.
The arrest of two Kabyle citizens over their social media activity — including a mere “like” — marks a serious escalation and reveals a government that no longer tolerates any form of expression, no matter how insignificant.
Smaïl Belaïdi, 53, from the village of Bouassem, in the commune of Ath Zmenzer, was arrested by Algerian security forces. According to multiple testimonies, he was subsequently subjected to acts of torture.
His only “crime”: clicking “like”.
An everyday gesture. A trivial action.
Something that, elsewhere in the world, means nothing —
but in Algeria, can destroy a life.
The second case is just as revealing.
Achour Nouani, 34, from the village of Ath Zelal, in the commune of Mekla, is a relative of a Kabyle activist who has been granted political asylum in France.
It is precisely for this reason that he appears to have been targeted.
On the day of his arrest, he was not protesting.
He was not demonstrating.
He was simply carrying out an act of solidarity.
He had gone to Tizi Ouzou hospital to donate blood to a hospitalized relative.
There, he discovered a shortage of blood collection supplies.
But instead of addressing this urgent situation, authorities launched a security intervention.
His social media activity was examined.
His profile was scrutinized.
His relationships were analyzed.
And that was enough.
He was arrested.
Then charged with “membership in a terrorist organization.”
In this context, a question must be asked:
what constitutes terrorism in Algeria today?
A connection?
An opinion?
Or simply… a click?
These two cases are not isolated.
They reveal a deeper drift.
A direct violation of Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights, which guarantees freedom of expression in all its forms.
Because today, a “like” is an expression.
And punishing it means punishing opinion itself.
But beyond the law, a political reality is becoming clear.
A government that fears a “like”
is a government that fears its people.
A government that monitors clicks
is a government that fears ideas.
A government that imprisons over a digital gesture
is a government that has already lost the battle of debate.
And when a state uses terrorism charges to silence its citizens, it is no longer protecting society.
It is silencing it.
Today, in Algeria, it is no longer only about repressing opposition.
It is about preventing the very existence of free thought.
Even silent.
Even invisible.
Even reduced to a single click.
And that is precisely where the danger lies.
Because a country that imprisons for a “like”
is not a country protecting itself.
It is a country that is afraid.
In the face of this drift, the Kabyle League for Human Rights strongly condemns these serious violations of fundamental freedoms, demands the immediate release of Smaïl Belaïdi and Achour Nouani, and calls on the international community to stop looking away.
Exile, May 31, 2026
Kabyle League for Human Rights (LKDH)