Club d’histoire locale de Sidi bel Abbes

Club d’histoire locale de Sidi bel Abbes Aller à la découverte d’un lieu, d’un personnage, d’un événement et des documents relatifs à notre v

Il y a 234 ans, le 27 Février 1792, le Bey de l'Ouest Mohamed El Kebir libère Oran après l’avoir assiégé  durant toute l...
27/02/2026

Il y a 234 ans, le 27 Février 1792, le Bey de l'Ouest Mohamed El Kebir libère Oran après l’avoir assiégé durant toute l'année 1791.... Par Mr Hani Abdelkader.

Prise une première fois par les espagnols en 1509, Oran set restée espagnole durant 2 siècles .Reprise par les algériens en 1708, elle est de nouveau occupée par les Espagnols en 1732.
• Durant cette deuxième période d’occupation les algériens alternent périodes de confrontations et périodes de paix. Mohamed El Kebir lance un appel au Jihad en s'appuyant sur l'autorité morale des savants (Oulémas) et des confréries religieuses. Des figures religieuses de toute la région, notamment de Mostaganem et de Mascara, ont appelé au combat pour libérer la terre d'islam de l'occupation espagnole.
Le 8 octobre 1790, un terrible tremblement de terre d'Oran ravage Oran .Les espagnols compte plus de 3 000 victimes. Le bey de Mascara, Mohamed El Kabîr, chevaleresque et compatissant humainement avec l’ennemi en grande difficulté dépêche alors une troupe pour porter secours aux Espagnols d'Oran .Mais, le gouverneur espagnol d’Oran fait ouvrir le feu sur ces algériens venus les aider.

Le bey de Mascara, Mohamed El Kabîr surpris et irrité par un tel comportement intensifie le blocus et le siège, forçant les Espagnols à négocier puis à évacuer la ville.
Le 27 Février 1792, Mohamed El Kabîr rentre triomphalement à Oran. il est décoré de l'insigne de la plume par le Dey qui récompense les moudjahidin et s'engage dans une restauration de la ville d'Oran.
Dès son entrée, le bey Mohamed El-Kébir lance d'importants chantiers pour restaurer la cité en ruines. Il fait notamment construire, le Palais du Bey (ou Palais d'El-Hadj Mohamed), édifié sur l'ancien site de Rozalcazar, la Mosquée du Bey, bâtie la même année à l'est de la ville, le Fort de Santa-Cruz, qu'il fait réaménager et renforcer après le départ des Espagnols. le Bey Mohamed El Kébir ordonné également la reconstruction du mausolée du saint Sidi Lahouari. Mohamed El-Kébir transfère le siège du beylik Mascara vers Oran, qui devient alors la capitale du Beylik de l'Ouest.
Le 27 février est la date officielle de l'entrée des troupes du Bey Mohamed el-Kebir dans la ville libérée. Cet événement met fin à la dernière grande enclave espagnole sur le territoire algérien et marque une étape majeure de l'histoire pré-coloniale de l'Algérie.

Il y a 163 ans , le 17 février 1863, se réunissait à Genève  en Suisse le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)....
17/02/2026

Il y a 163 ans , le 17 février 1863, se réunissait à Genève en Suisse le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). sous l'impulsion d'Henry Dunant, cette institution humanitaire neutre a été créée pour protéger et soigner les victimes des conflits armés. Cet évènement survient trois années après le sauvetage de milliers de chrétiens a Damas en 1860 par l’émir Abdelkader, événement qui a médiatisé son humanisme, déjà célèbre et si singulier en ces temps de barbarie coloniale.

L'Émir Abdelkader (1808-1883) est reconnu comme un précurseur du droit international humanitaire, ayant instauré des règles de protection pour les prisonniers de guerre bien avant la Convention de Genève de 1864. Humaniste et soufi, il a humanisé la guerre en interdisant la torture et en exigeant un traitement digne, fondé sur la morale et la foi musulmane.

Tout en résistant durant 17 ans à des offensives militaires infernales conduites par 142 généraux, 16 ministres de la Guerre et 5 princes , l'Émir Abdelkader a codifié, avant l'heure, des principes humanitaires modernes, conciliant la résistance à la colonisation avec un profond respect pour la vie et les droits de l'homme.
C’est ce code que les français enlèveront lors du pillage de la smalah d’Abdelkader en 1843. L’Europe découvrit alors les décrets humanitaires que l’émir avait émis dès le début de la guerre pour protéger les prisonniers de guerre, les blessés les traitant avec bienveillance plutôt que de les tuer. Il considérait l'ennemi avant tout comme un être humain, refusant de s'abaisser à la cruauté, même en temps de guerre.
En 1860, à Damas, il a risqué sa vie pour protéger des milliers de chrétiens lors d'un soulèvement, un acte qui lui a valu une reconnaissance internationale et la Légion d'honneur.
Ces Idéaux de justice, d’humanisme incarnant la réconciliation et l’amour du prochain inspireront de nombreux intellectuels occidentaux, et notamment le suisse Henry Dunant.
Dunant s'est rendu en Algérie pour ses affaires dès 1853. Il connaissait donc parfaitement le respect que l'Émir inspirait, même à ses anciens ennemis.
Le sauvetage des 12000 chrétiens de Damas en 1860 par l’émir Abdelkader es ses compagnons algériens a renforcé la conviction de Dunant que la protection des victimes devait être neutre et universelle.
Le moment clé de la médiatisation de l'humanisme d'Abdelkader survient en juillet 1860, soit un an après le choc de Dunant à Solférino et trois ans avant la fondation de la Croix-Rouge.

Il existe effectivement un lien historique fascinant et souvent méconnu entre ces deux grandes figures. Si Henry Dunant est le "père" de la Croix-Rouge, l'Émir Abdelkader en est considéré par beaucoup comme l'un des précurseurs spirituels. Dans ses écrits, Dunant cite l'Émir comme un modèle de tolérance.
Lorsqu’en 1864, Dunant informe l’émir, alors à Damas de ses projets pour la Croix-Rouge et de la notification de la future Convention de Genève, l'Émir Abdelkader répondit avec un enthousiasme marquant :« J’ai reçu votre lettre et j’en ai compris le contenu [...] ce que vous entreprenez est une œuvre de bienfaisance, dictée par l’humanité. Elle mérite d'être encouragée par tous ceux qui ont le cœur compatissant. »

L'Émir ne manqua de rappeler à Dunant que ces principes de protection des blessés et des prisonniers n'étaient pas nouveaux pour lui, mais conformes à ses propres valeurs de foi et d'humanité
L'hommage de Dunant à l’émir Abdelkader
Dans ses réflexions sur l'Algérie, Dunant notait que l'Émir Abdelkader avait, dès 1837-1843, instauré un règlement de guerre imposant le respect des prisonniers français, les soignant de la même manière que ses propres soldats.
Dunant a souvent cité l'Émir comme un modèle absolu de vertu humanitaire dans ses notes et ses mémoires. Il le décrivait comme dans ses notes et ses mémoires comme un « grand caractère », un « prince courageux » .
Pour résumer, on peut affirmer que c’est l'Émir Abdelkader a offert un modèle éthique vivant la protection des non-combattants était possible et nécessaire. Henry Dunant a apporté la structure institutionnelle (la Croix-Rouge),...par Abdelkader Hani

TELAGH  La vieille sirène de la mairie...Par B FeddalSitué sur le toit de la mairie, cet instrument, qui annonçait par l...
15/02/2026

TELAGH La vieille sirène de la mairie...Par B Feddal

Situé sur le toit de la mairie, cet instrument, qui annonçait par le passé l'imminence d'une menace ou d'une catastrophe quelconque, retentissait cette fois-ci pour la bonne cause, l'annonce de la rupture du jeûne.
Héritée a priori de la seconde guerre mondiale, la vieille sirène en question a été conçue au départ pour alerter la population d'un danger imminent (menace aérienne …), fut recyclée après l’indépendance pour mobiliser les volontaires, par exemple en cas d'incendie et d’annoncer surtout le moment de rupture du jeûne à chaque ramadhan.
Bien que pas moins de sept mosquées diffusent quasi simultanément dans la ville l’appel à la prière (Adhan) du Maghreb, marquant la fin de l’abstinence, l’annonce de ce moment très attendu par les jeûneurs reste attachée à cette tradition: Un plaisir nostalgique de rompre le jeûne au son de la sirène.
Les assemblées populaires communales, qui se sont succédé à la tête de cette municipalité depuis l’indépendance, ont toujours accordé un intérêt particulier à cette sirène de taille imposante, utilisée lors des occasions nationales pour observer les minutes de silence mais surtout durant ce mois sacré. Elle retentit aussitôt que le muezzin prononce le dernier mot de l’Adhan par souci de respect à la sacralité de l’appel à la prière tout en veillant à la perpétuation de cette tradition qui fait partie désormais du patrimoine.
Cette sirène d'alerte et d'information des populations, fait l'objet de soins particuliers et bénéficie d'actions d'entretien.Elle est gravée dans la mémoire collective de la population; elle donne un goût très particulier au ramadhan, qu’il est difficile d’imaginer autrement.

01/02/2026

LE 180° ANNIVERSAIRE DU genocide des Ouled Brahim ... un genocide fondateur de la ville de Sidi bel ABBES !Le 30 janvier 1845, le massacre des Ouled Brahim...Par Henni Abdelkader

Le 30 janvier 1845, il y eut dans ce qui était encore une redoute au lieu dit « Sidi Bel Abbés », là où la colonisation créera quelques années plus t**d la future ville de Sidi Bel Abbés, un évènement que les historiographes coloniaux qualifient d’ « extraordinaire ». Il s’agit de ce que ces historiographes désignent comme « L’attaque des Derkaouas contre le camp de Sidi Bel Abbés » rapporté dans les écrits du général Azan (La fondation des villes de l’Oranie ), du maire de Sidi Bel Abbés Léon Adoue ( la ville de Sidi Bel Abbés, histoire , légendes et anecdotes)et récemment dans ceux de Ainat Tabet et Tayeb Nehari (Sidi Bel Abbés , de la colonisation à la guerre de libération)
Les faits d’après les chroniqueurs coloniaux :
Les faits sont différemment relatés par les historiographes coloniaux. Le général Azanfait le récit de cet « extraordinaire évènement » « d’après les documents du ministère de la Guerre français » : Il écrit « Vers dix heures du matin, les soldats aperçurent une soixantaine d ‘indigènes qui précédés de cinq ou six enfants, se dirigeaient vers le camp ; portant des bâtons, ils récitaient des prières et ne paraissaient avoir aucune intention hostile ; Leur allure étrange provoquait les rires des soldats. A l’entrée du poste, ils furent arrêtés par le factionnaire ; Alors l’un d’eux, s’approchant du soldat comme pour lui expliquer qu’ils venaient présenter une réclamation au commandant supérieur, le tua d’un coup de feu. A ce signal, tous ses coreligionnaires sortant des armes dissimulées sous leurs burnous se précipitèrent dans la redoute et attaquèrent les militaires qu’ils rencontrèrent. Ils se dirigèrent vers le logement du commandant supérieur, croyant l’y trouver et l’envahirent après avoir tué sur la porte le planton chargé de la garder.
Officiers et soldats du camp avaient aussitôt couru aux armes et s’étaient de tout cotés, jetés sur les assaillants ; Ils les pourchassèrent à la baïonnette tandis que le commandant Ponsard faisait garder la seule issue leur permettant de s’échapper, les indigènes tentèrent alors de franchir les parapets, mais au fur et à mesure qu’ils descendaient dans les fossés, ils y étaient impitoyablement fusillés. Il n’y eut pas de quartier : 58 indigènes étaient entrés dans la redoute ; après une courte lutte, il y eut 58 cadavres »
Léon Adoue, chroniqueur de la ville fait une description fantaisiste et très suggestive de cette attaque. Pour lui « Les Ouled Brahim voulurent (…) enlever la redoute. Ils se massèrent dans un repli du terrain et, ayant déguisé en pèlerins une avant-garde, ils lui enjoignirent d’aller préparer l’attaque par la ruse. Le 30, au point du jour, la petite garnison voit s’arrêter devant les murs,des Arabes en guenilles, n’ayant à la main qu’un simple bâton et récitant des prières. Ils demandent à visiter le camp français. Leur allure peu belliqueuse donne confiance. On fait droit à leur désir. Mais à peine le dernier de ces loqueteux à-t-il franchi la porte que la sentinelle est assommée. Les faux pèlerins sortent des armes de dessous de leur burnous et deviennent des assaillants dangereux ».
Une attaque ou une mise en scène ?
Pour expliquer cette « attaque » Azan n’hésite pas à prendre des libertés avec la chronologie en classant ce fait historique dans la révolte des Derkaouas. En fait cette révolte ne commencera qu’en mars 1845 et dans la vallée du Cheliff ! Léon Adoue n’ose pas cette explication et Ainad Tabet et Tayeb Nehari l’adoptent dans leur ouvrage. Mais cette explication apparaît très peu convaincante. On a dut mal à croire que 58 paysans désarmés, accompagnés d’enfants, fussent-ils enflammés par un prédicateur derkaoui, puissent attaquer un camp militaire occupé par des centaines de soldats bien armés. Au moment de « l’attaque », il y avait dans le camp au moins « le bataillon du 6° léger », soit plus d’une centaine de soldats bien armés !
Ne s’agirait-il pas d’une mise en scène d’un massacre programmé ?
La terrible répression des Ouled Brahim.
En tous les cas, comme si elle était planifiée à l’avance, la réaction des militaires français ne se fit pas attendre. La journée même, les douars des Ouled Brahim, informés des faits et redoutant la réaction attendue des militaires français tentèrent de s’enfuir avec leurs troupeaux. Leur retraite fut coupée par la colonne du commandant Vinoy qui stoppa la fuite des populations des Ouled Brahim, les razzia impitoyablement et leur enleva tout ce qui lui tomba sous la main, notamment « une trentaine de chevaux ou mulets, plus de 200 bœufs ou vaches ; 1200 moutons ou chèvres ». En outre, « 70 vieillards, femmes et enfants furent amenés en otage ».Plusieurs d’entre –eux, peut-être tous, furent immédiatement fusillés sans autre forme de procès. La répression fut si horrible et si terrifiante que « les femmes dont les maris ont été tués n’ont même pas osé les pleurer »
Un simulacre d’enquête fut rapidement mené quelques jours après. Le rapport conclue que tous les Ouled Brahim, dont le caïd avait prit la fuite, étaient compromis dans le complot. Plusieurs autres hommes furent arrêtés et envoyés à Oran pour jugement. L’autorité militaire décida de confisquer à la tribu toutes les bêtes de somme ou de transport, « chevaux, mulets et chameaux furent enlevées à la tribu de manière à ce qu’elle ne put se déplacer ». C’est pourtant ainsi diminués que les rescapés de la répression des Ouled Brahim, terrorisés et ruinés, prendront la fuite pour le Maroc. L’ampleur de la féroce répression contribua probablement à déterminer les autres tribus Beni Amer et Hachem à émigrer au Maroc.
L’exode des Béni Ameur :
Pour les soustraire à la féroce répression, l’émir Abdelkader exhorta les tribus Béni Ameur à émigrer au Maroc. Ce fut un exode terrible. En plein hiver, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards, emportant quelques maigres vivres, poussant devant eux ce qui restait de leurs troupeaux, abandonnent leurs terres et fuient vers le Maroc. Une redoutable épreuve que cette marche de 500 km. Nombre d’entre eux, les plus faibles, les vieillards, les malades, les enfants ne purent supporter cette longue marche et périrent de fatigue ou de maladies.
Au Maroc, le séjour des tribus algériennes ne fut pas une sinécure. Mises en résidence, suspectées de subversion, le sultan du Maroc n’hésita pas à lâcher contre eux une troupe de 15 000 de ses soldats. Ils se défendirent vaillamment mais « La tribu fut défaite, les hommes emprisonnés et les femmes et les enfants emmenés en esclavage » écrit Churchill.
Ceux qui le purent décidèrent alors de rentrer chez eux Le chemin du retour fut une autre pénible épreuve pour ces populations réduites à la misère, déracinées, réprimées, affaiblies par la faim et la maladie. Les Béni Ameur revinrent « épuisés, sans moyens matériels et bien souvent très éprouvés par la famine et les longs déplacements, indépendamment de la perte du cheptel »: « les Ouled Brahim sont considérablement réduits ».
Mais c’était déjà trop t**d, « Le territoire des Béni Amer fut déclaré acquit à l’Etat par suite d’un arrêté du Gouvernement Général, duc d’Isly en date du 18 avril 1846. Cet arrêté frappait de dépossession, d’une façon générale, toutes les tribus émigrées soit dans le Maroc, soit dans le désert qui n’auraient pas obtenu l’aman dans un laps de temps déterminé et portait que toutes leurs propriétés appartiendraient à l’Etat. ».Ces terres des Béni amer expropriés, l’administration coloniale allait les mettre à la disposition de la colonisation. « Ce seul territoire admirablement situé au cœur de la province contient m’a-t-on dit sur place, 70 000 hectares à livrer aux colons, héritage de la puissante tribu des Béni amer presque toute tuée ou émigrée au Maroc avec Abdelkader »
Les quelques débris rescapés des Ouled Brahim trouvèrent leurs terres séquestrées. , 76,683 hectares de bonnes terres qui serviront à créer les villages de colonisation et la ville de Sidi Bel Abbés. Désormais, pour survivre, ils auront la consolation de trouver, selon Bastide « à utiliser leurs bras pour les défrichements et les autres travaux agricoles » que leur offriront les colons qui accapareront leurs terres. Les Ouled Brahim dont on évaluait le nombre à 10 000 en 1830 ne comptent plus que 3000 individus d’après le recensement effectué en 1867 soit une décroissance de 70 % ! Un véritable génocide.
La dernière exécution au Yatagan d’Oran.
Les hommes arrêtés, au lendemain de l’attaque du camp de Sidi Bel Abbés furent tous jugés, coupables et condamnés à être exécutés. Celui qui fut reconnu comme l’instigateur de l’attaque, le nommé Ben Kenadil Ben Djeffal fut exécuté le 26 mai 1845. Son exécution resta célèbre dans les sinistres annales des exécutions, car elle fut particulièrement et horriblement spectaculaire ; Le bourreau le mutila par trois fois avant de l’achever par un dernier coup, enfin décisif. Cette exécution fut la dernière exécution au Yatagan d’Oran. L’horreur à laquelle elle donna lieu décida les autorités coloniales d’Oran à se « moderniser » en se dotant du dernier cri en matière de machines à exécuter : la guillotine.
Des martyrs toujours sans sépultures
Quant aux 58 martyrs de ce sinistre matin du 30 janvier 1845, ils furent enterrés – est-ce le mot qui convient ? - au lieu dit « peuplier d’Abdelkader », à l’emplacement actuel du jardin public, à l’endroit précis ou est plantée une allée de cyprès.
A défaut d’une stèle en souvenir des victimes de ce crime parmi tant d’autres, de la colonisation, cet article se veut un hommage à leur mémoire !

Une enquête sur le cinéma à Sidi bel abbés en 1933...par hani abdelkaderEn 1933, le cinéma à Sidi Bel Abbès était marqué...
16/01/2026

Une enquête sur le cinéma à Sidi bel abbés en 1933...par hani abdelkader

En 1933, le cinéma à Sidi Bel Abbès était marqué par le tournage d'extérieurs pour le film français "Un de la Légion" avec Fernandel dans la région d'Oran et de Sidi-Bel-Abbès, un événement notable qui liait déjà la ville, centre de la Légion Étrangère, à l'univers cinématographique.
En 1933, la légion Etrangère proposa à la municipalité la démolition des remparts de la ville devenus depuis longtemps encombrantes et inutiles à la condition qu’elle s’approprie les matériaux récupérés et surtout le belle pierre rougeâtres blanches avec laquelle elle fit construire son fameux cinéma Légion. « La salle de spectacles était la plus belle d’Afrique du Nord. Tout est l’œuvre du savoir-faire et de l’ingéniosité des légionnaires. » 1
La même année, en mai 1933, l’ «Institut International du Cinématographe Educatif» lance une enquête sur «Les problèmes que le cinéma pose chez les peuples de mentalité et de cultures diverses ». Des chefs d’établissements d’enseignement et des enseignants furent alors sollicités pour répondre à 11 questions à ce sujet. A Sidi bel Abbes, le questionnaire fut adressé au Directeur du lycée Laperrine (actuel lycée Azza Abdelkader qui chargea deux de ses enseignants de répondre et comme la ville était partagée en deux communautés, le directeur du lycée Laperrine charge un enseignant d’origine européenne pour donner le point de vue des européens et un enseignant algérien – on disait alors indigène- en l’occurrence Azza Abdelkader pour le point de vue des indigènes.
Sidi bel Abbes était alors l’une des premières villes d’Algérie à être dotée d’un nombre appréciable de salles de cinéma. «A Bel-Abbés (47 000 habitants, population étrangère et indigène comprise) il y a plusieurs cinémas dont deux « parlants » assez vastes et confortables.» précise l’enseignant d’origine européenne. Et dans cette ville duelle, l’enseignant d’origine éprouve le besoin de préciser que « Il faut distinguer ici 1°/ algériens proprement dits. 2°/ Indigènes.
Les Algériens sont ici en majeure partie d’origine ou au moins d’ascendance européenne, surtout espagnole, et citoyens français même si beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu la France. Quelques-uns parlent moins bien le français que l’espagnol. Le cinéma leur fait connaître parfois des paysages, des villes, des milieux, des personnages français et contribuent certainement à leur donner une idée assez favorable de la France. Les jeunes se laissent influencer par les films où l’on étale la force physique ou la ruse et où l’on montre des milieux connus pour leur légèreté. On s’en va rejetant dans les rues, des chansons tirées de tel film « genre opérette » sans qu’elles arrivent cependant à détrôner les mélodies espagnoles.
Les autres, les indigènes ne fréquentent pas ces salles de spectacle avec assiduité, sauf une faible minorité cultivée. Leurs mœurs les éloignent d’ailleurs des usages français pour qu’ils puissent goûter suffisamment ces films. Du reste, cette partie de la population étant la plus pauvre en même temps que la plus ignorante voit ses plaisirs surtout subordonnés à la question pécuniaire et c’est pourquoi dans les cinémas muets on trouve beaucoup plus d’arabes que dans les cinémas «parlants».
En fait le cinéma est en ces années d’entre-guerre une affaire d’Européens et Sidi bel Abbes n’intéresse le cinéma que parce qu’elle est le siège de la mythique « Légion Etrangère ». Le légionnaire, défenseur de l’ordre colonial, guerroyant sur les plateaux marocains ou dans la boue du Tonkin, était alors le prototype du héros épique.
Pour l’enseignant d’origine européenne: « Comme moyen de distraction, le cinéma occupe à Bel-Abbés la première place, soit à cause de l’absence de théâtre, soit, lorsque le théâtre existait, à cause de la médiocrité des troupes de passage, soit enfin à cause des prix relativement modiques des entrées par rapport au théâtre, bals, courses hippiques etc.… ne sauraient faire une concurrence sérieuse au cinéma à ce point de vue».
« Comme moyen d’instruction et d’éducation, quelques films dits documentaires incorporés parfois au programme et assez brefs permettent au public d’apprendre quelques éléments de sciences, de géographie, etc. mais ils présentent un caractère trop spécial. Dans les écoles, on utilise le cinéma selon les moyens, et surtout les ressources dont on dispose.»
Pour l’indigène Azza Abdelkader: « l’usage du cinéma comme instrument d’éducation ne fait que commencer.» Toutefois pour Azza Abdelkader: «le cinéma influe profondément sur les indigènes algériens, particulièrement sur les jeunes. Leur engouement pour les films d’aventures, le genre américain en particulier est extraordinaire. Si l’on tient compte de ce fait que le caractère éducatif de ces films est bien souvent pauvre, que leur valeur morale est parfois douteuse, on comprendra que cette influence est d’une manière générale déplorable.
Elle développe mieux le goût de l’aventure et du mystère et leur donne de la vie une conception simpliste et puérile au préjudice des qualités de réflexion et de sens critique.»
Pour l’enseignant d’origine européenne « les conséquences bienfaisantes ou nuisibles chez les Algériens qui assistaient aux projections des films théâtraux américains, européens et russes » sont «Difficile à déceler. Du reste les films russes qui passent ici sont extrêmement rares et ne sauraient avoir une influence. Les films américains, allemands, etc. sont assez rares dans l’ensemble parce que ces films avec sous-titres donnent l’impression du cinéma muet alors que le spectateur a payé une somme qu’il juge assez forte pour voir un film parlant et, naturellement, le procédé du « doublage» n’est guère apprécié. Dans ce cas, il n’y a pas d’affluence dans les salles de cinéma. Une exception: le film espagnol entièrement parlé et chanté en castillan. Il connaît un grand succès parce que la majeure partie de la population est d’origine ou de langue espagnole: beaucoup d’indigènes, de juifs, de Français parlent ou au moins comprennent l’espagnol.
Quelles possibilités d’usage et de développement peuvent avoir en Algérie le cinéma éducatif et instructif, et quelles genres de films sont mieux indiqués pour les jeunes algériens (films documentaires, didactiques, culturels, agricoles, industriels, scientifiques, d’hygiène, etc.… ? Pour Abdelkader Azza : « Le cinéma éducatif et instructif peut rendre en Algérie de grands services surtout dans les milieux indigènes ? On sait que la grande masse des Musulmans échappe totalement à l’influence de l’école française à cause de l’insuffisance des locaux scolaires principalement. Pour remédier à cette situation temporairement on pourrait faire bénéficier cette masse d’un rudiment de culture:
a) en dotant d’appareils cinématographiques et de films les sociétés ou groupements indigènes qui existent un peu partout dans les villes.
b) en créant dans les campagnes un organisme ambulant dirigé par un moniteur.

Les films qui conviennent le mieux seraient selon Azza Abdelkader les films documentaires, agricoles, scientifiques et surtout d’hygiène. Tandis que l’enseignant d’origine européenne estime que : « Pour toute la population indigène et pour la majeure partie de la population européenne il semble que le plus urgent serait d’abord le film d’hygiène: une visite dans la ville indigène et dans les faubourgs espagnols est à ce sujet des plus édifiantes (cf. aussi les superstitions et le nombre élevé des rebouteux et des guérisseurs). Apres cela les films agricoles (l’industrie ayant ici assez peu de chances de développement et étant à peu près négligeable aujourd’hui, sauf les industries alimentaires dérivées de l’agriculture: vin, minoterie etc.) paraissent tout désignés ainsi que les films didactiques.
« Est-ce que des films sur des sujets algériens ont-ils été réalisés ? Et ceux-ci montrent-ils les vrais aspects physiques du pays et les vrais aspects ethniques et psychologiques des habitants, ou bien ces aspects de géographie physique ont-ils été altérés ou falsifiés par les cinéastes, par légèreté, par ignorance ou pour toute autre raison ? »
Pour Abdelkader Azza: « On a eu rarement l’occasion de voir des films sur des sujets algériens et l’on peut dire que les cinéastes ont tant bien que mal rendu les aspects physiques du pays. Quand aux aspects ethniques et psychologiques, ils ont été bien souvent altérés ou falsifiés ? Dans ce domaine on a commis parfois des non-sens regrettables. On a vu des scènes de la vie publique (la prière par exemple), par l’insouciance ou l’ignorance des cinéastes, réalisée entièrement sans aucun souci de la vérité.
Mais pour l’enseignant d’origine européenne: « Surtout des films muets. Les cinéastes n’ont pas fait preuve d’originalité: ils ont exploité le caractère de monotonie bien connu des paysages algériens et ils ont travaillé sur les paysages, types vulgarisés d’ailleurs par la gravure, mais les aspects ethniques et psychologiques des habitants leur sont presque toujours tout à fait étrangers sauf exception, une partie de l’Atlantide, film parlant par exemple). Il semble que cela provienne de leur ignorance complète du genre de vie, des mœurs et de la religion des Musulmans de l’Algérie. Dans l’ensemble, ce sont donc plus les aspects de la géographie humaine que ceux de la géographie physique qui souffrent de ces falsifications. Et « Si ces films ont été projetés en Algérie même, « Il est évident qu’ils sont considérés comme des œuvres de pure fiction sans aucune portée ». (Abdelkader Azza) .Mais « La majeure partie des spectateurs s’intéressant moins au paysage ou aux invraisemblances (qu’elle n’aperçoit pas toujours) qu’à l’intrigue du film, ne réagit pas contre ces déformations. » (Enseignant d’origine européenne.
« Quelles impressions et quelles opinions ont les Algériens de la moralité et de la civilisation des peuples d’Occident, d’après la vision des films reproduisant des aspects de la vie occidentale ? ». Abdelkader Azza s’abstient de répondre à cette question mais pour l’enseignant d’origine européenne: « Chez les Européens comme chez les indigènes de Bel-Abbès, la moralité, notamment en affaires, étant au-dessous du niveau de celles des peuples occidentaux, il ne saurait mal le juger à ce sujet d’après les films. Quand à la civilisation matérielle, ils la jugent supérieure mais peut-être inaccessible, du moins ils la connaissent (cf. aviation à Bel-Abbés, etc.) »
« Estime-t-on enfin, que le cinéma puisse servir aussi à la connaissance réciproque des peuples, de leurs us et coutumes respectifs, etc. pour rendre leurs rapports meilleurs, et les induire à collaborer pacifiquement à l’œuvre ardue et incessante de la civilisation du genre humain ? ». Pas de réponse de Abdelkader Azza tandis que l’enseignant d’origine européenne estime que « Oui, à condition que ceux qui présentent un intérêt spécial à ce point de vue soient conseillés par la presse sous une forme discrète au lieu d’être parfois critiqués par les journaux de parti

Un écrit sur feu Djillali Liabes et publié sur le compte facebook de mon ami Talha Djelloul ,m’a interpellé  et m’a inci...
07/01/2026

Un écrit sur feu Djillali Liabes et publié sur le compte facebook de mon ami Talha Djelloul ,m’a interpellé et m’a incité à exhumé un article que j’avais publié dans la presse , il a de cela une vingtaine d’années.
Qui se Souvient encore de Djillali Liabes… à Sidi Bel Abbes ?
Juin 1991, l’Algérie est secouée de toutes parts par les ondes de chocs d’octobre 1988. Dans les sphères internationales, l’image de l’Algérie est au plus mal. A l’intérieur une crise politique majeure associée à de sérieux problèmes économiques assombrit les perspectives. . La situation est explosive ; Une année auparavant, en juin 1990, l’opposition islamiste, exploitant le mécontentement populaire avait remporté les premières élections municipales démocratiques. Le pouvoir en place est contesté de toutes parts. On tente alors de réagir, de colmater les brèches, de présenter un nouveau visage du pays, un visage plus rassurant, plus crédible : Dans une ultime tentative de sauver les meubles, le président Chadli nomme un nouveau gouvernement, de nouvelles tètes plus crédibles apparaissent dans le paysage politique. C’est dans ce cadre qu’il est fait appel au professeur Djillali Liabes, jusque là, homme très discret, absorbé par ses seuls travaux de recherche au Centre de Recherches en Economie Appliquée ‘CREAD). C’était probablement aux yeux des décideurs une des tètes qui par son intégrité autant que par son génie pouvaient rehausser l’image de l’Etat tant aux yeux des populations que des instances internationales.
Qui est Djillali Liabes :
Djillali LIABES est une personnalité issue de la génération postindépendance. A l’indépendance du pays en 1962, c’était encore un jeune adolescent qui poursuivait ses études au lycée El Djalah de Sidi bel Abbes. C’est donc un homme en dehors des clans en place. Il est né en 1948 à Sidi Bel Abbés. Il a poursuivi ses études primaires et secondaires dans sa ville natale, au lycée El Djalah (qui deviendra plus t**d le lycée Azza Abdelkader) et en sortira brillamment en 1967 avec un baccalauréat en série Lettres.
Il s’en va alors poursuivre ses études supérieures à l'université d'Alger. Etudiant doué et volontaire, il réussit haut la main à obtenir une licence en philosophie et en sciences sociales,
Il ne s’arrête pas en si bon chemin et en quelques années, il décroche un doctorat 3ème cycle et un doctorat d'Etat en littérature et sciences humaines et s’engage désormais dans une carrière d’universitaire, enseignant et chercheur à l’Institut des sciences politiques, au CREAD.
Il se forge alors une solide réputation de chercheur dans les milieux universitaires. Mais l’homme garde la téte froide. Aux yeux de ses collègues de l’époque et de ses étudiants, il passait pour une véritable force tranquille. «Il était modeste et humble, il avait toujours le sourire et gardait, quelle que soit la situation, son calme. Je ne l’ai jamais vu s’emporter contre quelqu’un. Ses étudiants l’estimaient beaucoup car il était disponible à n’importe quel moment et savait les écouter.»
C’est avec cette force tranquille qui se doublait d’une détermination à toute épreuve qu’il s’attacha à l’étude et l’analyse de la société algérienne, notamment les transformations sociales. A la tète de groupes de recherches qu’il mit en place, il décortiqua les caractéristiques du système politique algérien, la relation du politique avec l'économique, le développement du secteur privé en Algérie etc.
En avril 1984, il publie son magistrale étude sur les entreprises du secteur privées en Algérie et leurs difficiles relations avec l’appareil d’Etat. En un gros volume de 650 pages , il décortique l’évolution du capital privé en Algérie de 1962 à 1982, les préjugés idéologiques et politiques qui tentaient de le cadenasser par des compromissions douteuses : « Ne peut réussir que celui qui aura préparé le terrain à l’entreprise , en gérant au mieux ses intérêts, le capital de relations , en mariant ses enfants à des hauts fonctionnaires ou à leurs enfants , en cherchant des protecteurs ou des alliées auprès des appareils d’Etat ».
C’est donc un homme jeune, n’ayant aucune attache avec les clans qui se déchiraient au sommet de l’Etat. Un homme de sciences qui appréhende la réalité algérienne avec objectivité, à travers des études, des statistiques, une vision claire et sereine non polluée par les compromissions des jeux du pouvoir
C’est probablement pour toutes ces raisons que le pouvoir en place en 1991, en quête de crédibilité fait appel aux professeur Djillali Liabes.
En juin 1991, à 43 ans, il apprend qu’il est appelé pour assurer les charges de Ministre des Universités. Ses autres collègues du nouveau gouvernement sont pour nombre d’entre eux des hommes reconnus pour leurs compétences, leur sciences et leur probité. Pour la plupart d’entre eux, ce ne sont pas des gens d’appareils, de clans avec une probité établie, à l’exemple de Aboubekr Belkaid, Lahdar Ibrahimi, Hocine Benissad. Rassuré il s’engage dans ses nouvelles fonctions avec tout le sérieux qui l’a toujours caractérisé. Voulant mettre la science et l’objectivité au service de la gouvernance, il ne rompt pas avec ses activités de chercheur et d’enseignant : une de ses anciennes collègue du Cread, témoigne : Liabès était l'un des rares à allier une fonction officielle avec une autre pédagogique, en ce sens qu'il continuait ses travaux de recherche. Sa présence dans le « pouvoir » n'était autre qu'un prolongement de ses convictions personnelles et non point un quelconque intérêt pour la responsabilité, comme le témoignait si bien la modestie qui le caractérisait
Sous sa houlette, les universités algériennes renouent avec la rigueur dans la gestion et la promotion de la qualité de l’enseignement supérieur. En tant que ministre de la Recherche scientifique, il fut le premier et malheureusement le dernier responsable du secteur à s’inquiéter de la fuite des cerveaux qui saignait gravement le pays, en diligentant une étude d’envergure qui parvint à cerner les véritables causes de la déperdition de cadres. Pour colmater les brèches, l’étude fera un certain nombre de recommandations qui ne seront, malheureusement, jamais appliquées.
Parallèlement, les choses s’accélèrent en Algérie. La contestation islamiste s’amplifie . En janvier 1992, le second tour des élections législatives qui devait se dérouler le 16 janvier 1992 est annulé et le président Chadli Bendjedid démissionne. Mohamed Boudiaf prend la tête du Haut Conseil d’Etat, précipitamment mis en place. L’un des premiers décrets présidentiels du président Boudiaf est de changer de gouvernement. Djillali Liabes est toutefois maintenu dans ses fonctions On renforce même ses charges ministérielles en lui réaffectant la mission de recherche scientifique confiée jusqu’alors à un ministre délégué.
Mais le 29 juin 1992 : Mohamed Boudiaf, président du HCE est assassiné à Annaba. En juillet 1992, un nouveau gouvernement est mit en place sous la direction du nouveau président du HCE : le nom de professeur Djillali Liabes n’y apparaît pas, le ministère de l’enseignement supérieur non plus !
Directeur de l'Institut des Hautes Etudes Stratégiques Globales
Quelques mois après, en octobre 1992, Djillali Liabes est nommé Directeur de l'Institut des Hautes Etudes Stratégiques Globales, dépendant de la présidence de la république. Il y mène une activité intense, met en place une équipe de recherche qui dresse un diagnostic de la situation de la société algérienne : les causes du mal algérien sont identifiées. : L’économie, les finances, la santé, l'agriculture, l'éducation, l'endettement, la société et la corruption. Un rapport explosif analysant les Perspectives de Développement de la Société algérienne est remit aux responsables de l’Etat., Le professeur note que dans le système politique de l’Algérie d’Alors, « l'anarchie est bien structurée », Les conclusions de l’équipe de recherche font grincer les dents particulièrement celles ayant trait au phénomène de la corruption.
Mais dans cette ambiance délétère dans laquelle se débattait l’Algérie à l’époque, ce fut une alarme inutile. Le pays sombrait dans la violence meurtrière et aveugle. Des attentats de plus en plus violents, inexplicables endeuillaient le pays, des hommes intègres tombaient chaque jour sous les balles d’assassins insaisissables. Un des plus odieux attentats fut celui qui frappa à la bombe dans le hall de l'aéroport d'Alger - Dar El Beida faisant 9 morts et 128 blessés.
La mort de Djillali Liabes
Le 16 mars 1993, le professeur Djillali Liabes ,matinal comme à son habitude, sort de l'immeuble ou il habitait dans un modeste appartement pour se rendre à son bureau .Il est 7 heures du matin. Un tueur l’attendait .Rachid Sidi Boumediène, un de ses collègues raconte : «Aux environs de 7 h du matin, j’ai entendu des coups de feu. J’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu Liabès étendu à même le sol, pas loin de la cité Ben Omar, à Kouba, là où nous résidions. J’ai accouru, mais c’était trop t**d. Les assassins avaient visé juste. Transporté à l’hôpital Aïn Naâdja, l’homme décéda quelques minutes après.»
Djillali Liabes est mort mais ce ne fut une surprise pour personne. En tous les cas pas pour lui. Déterminé, dédaignant toute compromission de quelles sortes que ce soit, il se savait menacé, condamné et il avait accepté son sort. Une de ses collègues témoigne «Je tiens à vous raconter ce que nous avait dit un jour Liables. Il nous avait parlé d'un rêve prémonitoire dans lequel il voyait l'Algérie à feu et à sang, il se voyait ministre, ensuite assassiné. " Mon enterrement sera comme celui de Boumediène mais en plus petit. Si ce dont j'ai rêvé devait m'arriver, il faut que je termine tout ce que j'ai entrepris ", nous avait-il dit. »
L’héritage et le testament de Djillali Liabes
Le professeur Djillali Liabes léguait à la postérité et à l’Algérie une œuvre importante en quantité et en qualité... Des ouvrages comme Les pays du Tiers Monde et la Nouvelle Organisation Mondiale, Édition Casbah ou encore Capital Privé et Patrons d'Industrie en Algérie (1962-1982). Propositions pour l'Analyse de Couches Sociales en Formation. Alger, éd C.R.E.A., 19843.sont incontournable pour la connaissance de la société algérienne
Mais plus que cela encore, ce qu’il léguait aux générations futures, c’est surtout ce modèle de droiture désintéressée de modestie et de détermination, toute algérienne, de mourir debout, face à l’ennemi, de se sacrifier pour un idéal et surtout quand cet idéal est l’Algérie.
Mais l’homme est quelque peu oublié aujourd’hui. Certes l’Université de Sidi bel Abbes porte son nom mais on chercherait en vain un des ouvrages du brillant professeur, enfant du pays, dans ses bibliothèques. Certes certains, par opportunisme ou sincérité, durant un moment ont essayé de créer à Sidi bel Abbes une fondation en son souvenir, mais son épouse, fidèle aux principes de prudence et d’intégrité qui caractérisaient Djillali Liabes s’y est fermement opposé de crainte que le nom du défunt professeur ne soit instrumentalisé pour quelques douteuses manœuvres politiques ou électorales.
L’hommage du poète.
Ce sera aux rares utopistes rêvant encore à un idéal de justice et d’équité et surtout de nationalisme , marginalisés par la déliquescence ambiante de garder et de transmettre son souvenir .En 2004, plus de dix ans après sa mort, une poétesse de l’Algérie profonde chantait celui qui était devenu l’héros d’un idéal qui est l’Algérie. Dans « Le temps désertique, » un poème en arabe dédié à Djillali Liabès, publié par Barzakh et traduit par Samira Negrouche, Inaäm Bioud clame :
" Ma voix doit se libérer / Je bâtirai une tribune / Sur le cercueil de la science / Et crierai à ceux qui nous dénudent, De croyance. / La voix de la raison / Rattrapera le poignard / Car sur cette si bonne terre, / Toute sécheresse... est verte. "
:
HANI Abdelkader

Adresse

La Bibliothèque Naimi Abdelkader
Sidi Bel Abbès
22000

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