26/06/2016
Rome antique (des origines à 264 avant J.-C.)
La légende des origines
Pendant deux millénaires, les historiens ont répété la même histoire : celle d'une ville fondée par Romulus et Remus, jumeaux fils d'une vestale et du dieu Mars, allaités par une louve, et d'une lointaine origine troyenne par Énée, venu en Italie après la ruine de Troie. Mais la conviction des auteurs n'était pas absolue sur ces traditions. Déjà Tite-Live (59 avant J.-C.-17 après J.-C.) reconnaissait dans son Histoire romaine que certains récits ne lui paraissaient être que des racontars.
Il fallut attendre le xxe siècle pour repousser résolument ces légendes, puis pour revenir sur cette position et reconnaître qu'elles n'étaient pas entièrement dénuées de fondement.
On s'est aperçu que la légende des origines troyennes remontait à une haute époque, le vie siècle avant J.-C. Énée était alors connu en Étrurie. Un temple qui lui était consacré a été retrouvé dans la banlieue romaine. Des rapprochements entre l'organisation classique en Troade (pays de Troie, dans l’actuelle Turquie) et celle des bords du Tibre ont été faits. On peut penser que soient restées dans les mœurs comme dans les souvenirs les traces d'une immigration d'origine orientale à une date reculée – immigration à rapprocher de celle qui est supposée avoir été accomplie par les Étrusques.
L'histoire de Romulus et Remus, elle, a pris forme au plus tôt au ive siècle avant J.-C. Un auteur grec faisait de Romulus le fils d'Énée. Mais son nom relève de l'onomastique étrusque. Le héros aurait tracé à la charrue les limites de la fondation de Rome sur le Palatin, l'une des « sept » collines : c'était la Roma quadrata. Les calculs des anciens les amenèrent à déterminer la date de cette fondation. D'hypothèse en hypothèse, celle de 753 avant J.-C. reçut la consécration de l'usage.
Les apports de l'archéologie
Les fouilles du xxe siècle ont permis de préciser la chronologie des premiers temps de Rome sans anéantir totalement les données de la tradition. La datation de l'occupation des collines correspond sommairement à la chronologie traditionnelle, si l'on veut bien s'en tenir à des époques et non à des dates précises. Certes, il existe des vestiges bien plus anciens, qui remontent au IIe millénaire avant J.-C. Mais, sur le Palatin, des traces de cabanes, aux poteaux enfoncés dans le rocher, sont restées visibles : au viiie siècle avant J.-C., deux villages existaient du côté de l'emplacement plausible de la fondation légendaire. Les bas des collines étaient occupés, ici et là, par des nécropoles, dont certaines urnes reproduisent la forme des cabanes