09/07/2026
‼️ Communiqué de presse du BSN
Djibouti, le 9 juillet 2026
Face au scandale de santé publique qu’une étude scientifique révèle à Djibouti, le BSN appelle à une réponse appropriée et effective
Une étude scientifique réalisée par des chercheurs du Centre d’études et de recherches de Djibouti (CERD) en collaboration avec l’Université d’Aix-Marseille (France), recherche dont nous prenons connaissance du résumé, révèle un scandale de santé publique. Elle met en évidence ‘’la présence de résidus de médicaments et de produits de soins personnels (PPCP) dans les eaux souterraines de la nappe de Djibouti, principale source d'eau potable de la capitale’’.
Les scientifiques ‘’ont recherché 25 substances dans l'eau de neuf forages échantillonnés en juin 2024’’. Ils ont ‘’détecté six composés : la caféine ; le sulfaméthoxazole (antibiotique) ; la lévofloxacine (antibiotique) ; le propranolol ; le tramadol ; la fluoxétine’’. A l’exception de la caféine, ces composés sont des médicaments dont deux antibiotiques. Le propranolol est utilisé dans le traitement de nombreuses maladies telles que l’hypertension. Le tramadol sert à calmer la douleur. La fluoxétine est utilisée pour traiter la dépression. Les antibiotiques, eux, tuent les bactéries ou en empêchent la reproduction. Tous en disent long sur l’état de la santé publique à Djibouti.
L’étude montre que ‘’la caféine a été retrouvée dans 100 % des échantillons, indiquant une influence généralisée des eaux usées domestiques sur la nappe’’. Elle montre aussi que ‘’les concentrations les plus élevées concernent les antibiotiques, notamment la lévofloxacine (jusqu'à environ 142 ng/L) et le sulfaméthoxazole (jusqu'à environ 46 ng/L), témoignant de leur usage important et de leur forte persistance dans l'environnement’’. Les chercheurs précisent que ‘’la contamination est nettement plus importante dans les zones urbaines, en particulier aux environs de Balbala, de la ville de Djibouti et de l'oued Ambouli, où les concentrations totales dépassent 200 ng/L’’.
L’étude ‘’attribue cette situation principalement à l'insuffisance du traitement des eaux usées, aux fuites des réseaux d'assainissement, aux fosses septiques et aux rejets domestiques’’. Elle souligne que ‘’l'effet combiné de plusieurs contaminants peut représenter un risque significatif pour les écosystèmes aquatiques, notamment dans les secteurs urbains’’. De même, ‘’les antibiotiques soulèvent des inquiétudes quant au développement de l'antibiorésistance’’.
Les chercheurs établissent que, entre autres personnes exposées, ‘’les nourrissons et les jeunes enfants constituent les populations les plus vulnérables’’. Ils expliquent que ‘’en raison de leur faible poids corporel, ils sont plus exposés aux risques sanitaires liés à une consommation régulière d'une eau contenant ces résidus, même à de faibles concentrations’’.
Clairement, cette situation est un scandale de santé publique. Elle résulte directement de la défaillance des service publics, particulièrement de ceux chargés des eaux usées (assainissement) et des eaux potables (nappes phréatiques) de Djibouti-ville et de ses banlieues. L’Office national des eaux et de l’assainissement de Djibouti (ONEAD), son ministère de tutelle ainsi qu’un certain Ismaïl Omar Guelleh, autocrate et chef du régime en sont directement responsables.
Face au scandale, s’imposent des mesures de redressement suffisantes et effectives. Comme le préconise l’étude, il faut notamment ‘’renforcer les infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées ; mettre en place un programme régulier de surveillance des eaux souterraines ; améliorer la gestion des déchets pharmaceutiques et hospitaliers ; développer des politiques nationales de prévention afin de protéger durablement la ressource en eau et la santé publique’’.
La réponse est urgente ! Le peuple djiboutien doit se mobiliser et veiller à ce qu’elle soit effective!
Urgence!