04/05/2026
Les camerounais crient sur les réseaux sociaux mais rampent dans la vie.
Les Camerounais ont le clavier vengeur et les genoux pliés.
Sur les réseaux sociaux, c’est une marée noire d’indignation. Chaque scandale – pénurie d’eau, électricité fantôme, hôpital sans médicaments, policier qui rançonne – déclenche des milliers de commentaires enflammés. On partage, on s’indigne, on jure que "ça ne peut plus durer".
Et puis, rien.
Dès qu’il faut sortir du virtuel, la fureur s’éteint. Les mêmes lions deviennent des agneaux. On serre les dents. On se tait. On accepte. La peur – celle des coups, des arrestations, du "je veux voir mes enfants grandir " – a gagné. Définitivement.
Ailleurs, un barrage de police qui extorque les voyageurs finit brûlé. Ici, on poste la vidéo et on espère un partage viral.
Ailleurs, des journées sans électricité déclenchent des manifestations. Ici, on allume un groupe et on crée un mème.
Des étrangers torturent et tuent des camerounais, on lit ou on regarde la vidéo, on félicité le blogueur qu’on compare au FBI, on commente comme si le lendemain, on sera tous dans la rue pour dire trop c’est trop. Et puis…rien. « Personne ne veut lire l’heure. »
Ce n’est pas de la résignation. C’est de la lâcheté collective déguisée en sagesse.
Camerounais, arrêtez de croire que tweeter est un acte de bravoure. La rue ne tremble pas devant vos statuts. Le pouvoir ne tombe pas sous les likes. Tant que votre colère tiendra dans un téléphone, on continuera à vous marcher dessus.
Réveillez-vous : le prix de la liberté a toujours été plus élevé qu’un abonnement internet.
Et certains énergumènes veulent se moquer des militants du MRC qui ont fait et on a vu?
Roger Justin Noah