16/12/2021
DIALOGUE POLITIQUE / QUE VEUT RÉELLEMENT L’OPPOSITION ?
Le dialogue politique reprend le 16 décembre prochain entre les acteurs politiques ivoiriens. Un dialogue dont l'esprit est de prôner la réconciliation, la cohésion sociale et permettre de comprendre toutes les situations absconses et confuses du jeu démocratique suite aux différentes crises qu'a connues notre pays.
En effet l'ardoise de revendications de l’opposition se présente comme suite :
• LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES CIVILS ET MILITAIRES
Plusieurs actions et efforts et non les moindres ont été consentis par le pouvoir dans le cadre de la libération des prisonniers et le retours des exilés politiques. Des actions qu’il faut saluer à sa juste valeur. Plusieurs prisonniers civils ont été libérés et amnistiés. En revanche la libération des militaires détenus ne sera pas effective vu le délit de crime qui pèse sur eux. Chacun est responsable de ses actes en pénal. Comme dirait Laurent GBAGBO : « Quand on t'envoie, il faut savoir t'envoyer. »
• L'AUDIT INTERNATIONAL DE LA LISTE ÉLECTORALE
Un vrai faux débat qui n’honore aucunement le PDCI-RDA. Une campagne fut lancée par l’opposition afin de boycotter l’enrôlement des populations sur la liste électorale. Néanmoins le gouvernement par le biais de la CEI a permis que la liste électorale de 2010 soit prise en compte en 2020. Un autre effort pour l'apaisement.
• LA MISE EN PLACE D'UNE COMMISSION ÉLECTORALE INDÉPENDANTE CONFORMÉMENT AUX ARRÊTS DE LA COUR AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES
Une recomposition de la CEI a été effectuée à la demande de la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP). Précédemment constituée de 17 membres elle est passée à 15. Désormais, l’État et le parti au pouvoir représentent un tiers contre deux tiers pour les organisations de la société civile et les partis d’opposition.
• LE RETOUR EN CÔTE D’IVOIRE DE TOUS LES EXILÉS IVOIRIENS POUR DES RAISONS POLITIQUES
C'est un secret de polichinelle pour les ivoiriens et les observateurs de la politique ivoirienne que le pouvoir d'Abidjan a mis tout en place et tout en œuvre pour le retour de tous les exilés sans exception aucune. Il a permis aux fonctionnaires et agents de ‘Etat précédemment réfugiés de reprendre leurs emplois et fonctions notamment dans l'administration.
• LE RÉAMÉNAGEMENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL ACTUEL
Nous considérons cette proposition de farfelue qui ne mérite pas d’être commentée vu son caractère anticonstitutionnel. Le président de cette institution est nommée par le président de la république selon la constitution et donc non négociable.
• LE RÉÉQUILIBRAGE DU DÉCOUPAGE ÉLECTORAL
Le découpage électoral repose uniquement sur le ratio entre le nombre d’habitants et la superficie, comme ce fut le cas sous Gbagbo en 2001. Raison pour laquelle le récensement de la population et de l'habitat est un élément important dans le processus du découpage électoral. Il faut noter effectivement que depuis la crise en 2002, les Ivoiriens ont eu plutôt tendance à migrer vers le sud créant ainsi une forte densité. cette velléité démographique a dénaturé foncièrement les statistiques électorales dans le sud du pays.
En outre l’opposition demande une augmentation du nombre de députés en procèdant à un nouveau découpage électoral dans le sud, le centre et l'ouest du pays. Et pour cause, dans son entendement ces régions sont des bastions de l’opposition. La côte d'Ivoire compte 255 députés. Mais diantre ! Malgré sa bonne foi le pouvoir ne va quand même pas faire la part belle à son opposition en autorisant un nouveau découpage électoral au bon vouloir de celle-ci. Il ne faut quand même pas demander au bon Dieu sa barbe.
L’Opposition doit adopter une position responsable afin de réussir cette réconciliation nationale dans l’intérêt de tous et de chacun.