31/07/2022
Les militaires au pouvoir au Mali ont conscience d’avoir été trop loin dans l’affaire dite des « mercenaires ivoiriens ». Les éléments de langages ont changé et, désormais, il n’est plus question de mercenaires mais « de militaires en situation irrégulière ». C’est déjà une évolution positive.
Force est de reconnaître qu’il y a eu des problèmes de procédure administrative, de part et d’autre, mais cela ne devrait pas entraîner la détention arbitraire et abusive de ces soldats régulièrement rentrés au Mali et reconnus par les forces armées officielles de leur pays d’origine ; la Côte d’Ivoire.
Des milliers, voire des millions de Maliens fuyant l’instabilité chronique et la misère structurelle dans leur pays, entrent, eux, de façon irrégulière en Côte d’Ivoire chaque année pour espérer y trouver un avenir meilleur. Pour autant, cette pléthore de maliens qui exercent dans divers secteurs d’activités ne sont pas traités d’immigrés ou de travailleurs clandestins par les populations et les officiels ivoiriens et mis aux arrêts.
Certains même, depuis toujours, vont jusqu’à frauder la nationalité ivoirienne et se mêlent à des activités politiques exclusivement réservés à des nationaux.
Ils sont estimés à plus de 100.000 familles illégalement installées en France où, en dépit de leur situation irrégulière, ils bénéficient de la protection de la loi et des avantages sociaux réservés aux français et aux personnes en situation régulière.
Ce message du chef d’Etat major malien fait référence à « la question des rotations de la MINUSMA pour une bonne coordination ». Les autorités maliennes reconnaissent donc explicitement qu’il y a une défaillance administrative et technique dans la coordination des rotations. Défaillance qui ne peut être exclusivement imputée aux autorités ivoiriennes.
De tout ce qui précède, il appert que nos soldats sont détenus illégalement au Mali.