03/13/2026
Il y a présentement un petit débat sur la question sur le Forum Politique de Trois-Rivières, notamment sur la pertinence de cet article pour notre ville. Voici ma réponse...
Cet article est pertinent. Les problèmes relatifs à l'inabordabilité des logements et les pratiques des promoteurs privés ne s'arrêtent pas aux frontières des villes.
Le règlement pour une métropole mixte (RMM) était beaucoup plus ambitieux que ce qui prévaut actuellement à Trois-Rivières. Même la version Ferrada à 20% de logements "hors-marchés" - qui est très dilué par rapport au RMM - est de loin beaucoup plus contraignante que ce que suggère notre ville. Il faut aussi dire en passant, que le logement hors-marché n'a rien à avoir avec du logement social, ni même du logement abordable.
À Trois-Rivières, les promoteurs sont "contraints" à seulement 10% de logements abordables ou à une ridicule compensation de 2225$ (ce qui, pour caricaturé, correspond à peu près à deux mois de loyers dits abordables, toujours les critères d'abordabilité de la ville de Trois-Rivières). Il y a ici aussi, comme à Montréal, de multiples façons de contourner pour un promoteur de contourner cela ou d'en tirer avantage.
À cet égard, les projets du groupe Montoni sont inquiétants pour quiconque est préoccupé par les coûts exorbitants des loyers et par l'inflation des prix fulgurante que l'on connaît depuis une dizaine d'années. Si tout cela suscite avec raison beaucoup d'indignation, on ne peut pas vraiment dire que cela est surprenant. Lorsqu'on donne carte blanche à des promoteurs pour développer et s'immiscer dans l'aménagement urbain, on ne peut pas s'attendre à ce que ces derniers soient motivés par le bien commun et la réponse aux besoins criants de logements.
Que ces promoteurs excellent dans les relations publiques et politiques, qu'ils se donnent une apparence démocratique en mettant sur pied des processus de consultations conviviaux ne changent en rien que le but du privé, c'est toujours le profit. Ils ont de surcroit le terrain libre pour déterminer l'agenda politique, économique et, en partie, médiatique.
Dans l'état actuel de la situation, c'est un leurre de penser qu'il y aura du logement véritablement social sur les terrains de l'exposition. S'il n'y a pas de volonté de la ville de contraindre davantage les promoteurs et si on n’a pas une politique ou une stratégie d'habitation qui considère l'importance du logement social, c'est peine perdu.
Si on veut que cela change, il faut non seulement participer aux consultations, mais se faire entendre de toutes les façons possibles.
Présentement, les acteurs liés de près ou de loin à l'immobilier ne sont préoccupé que par la rapidité du développement, mais on ne peut se fier sur le marché pour s'autoréguler de façon "socialement responsable", surtout dans ce secteur activité.
⚠️Les modifications apportées au RMM pourraient entraîner à postériori des modifications aux engagements d’inclure 20% de logements sociaux pris par les promoteurs immobiliers pour le développement de grands sites. Cela serait évidemment inacceptable.
«La part de logements sociaux reste incertaine dans le futur Quartier Molson. Les promoteurs du projet, le groupe Montoni et le Fonds immobilier de solidarité FTQ, se sont engagés en décembre 2024 à inclure 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements destinés aux familles — comme le prévoyait le Règlement pour une métropole mixte, aussi appelé « 20-20-20 », créé par l’ancienne mairesse, Valérie Plante.
L’administration Martinez Ferrada a toutefois entrepris de modifier ce règlement pour le remplacer par une cible de 20 % de « logements hors marché », qui comprend des coopératives, des logements subventionnés et une série d’autres habitations décrites comme abordables — mais qui n’ont [de plus en plus souvent] d’abordables que le nom, selon les comités logement.
« Nous sommes en conversation avec le partenaire [Montoni et le Fonds FTQ] pour qu’il respecte les engagements qu’il a pris avec nous, qu’il a pris avec la Ville », a dit Soraya Martinez Ferrada lors du conseil d’arrondissement de Ville-Marie, mardi. La mairesse de Montréal est aussi mairesse de cet arrondissement, qui englobe le centre-ville.(…)
Quelle part de logements sociaux les promoteurs prévoient-ils de construire dans le Quartier Molson ?
« Le Fonds immobilier de solidarité FTQ cherche à appuyer la construction rapide du plus grand nombre de logements abordables possible. Dans le cadre du Quartier Molson et aux côtés de Montoni, nous poursuivons les échanges avec l’arrondissement sur l’inclusion de logements abordables ❓dans le projet », indique Patrick McQuilken, porte-parole du Fonds de solidarité FTQ.
« Tant que ces discussions se poursuivent, on ne peut pas se prononcer davantage sur cette question », précise-t-il.
👉🏽Le groupe Montoni refuse aussi de confirmer son engagement de respecter le règlement « 20-20-20 ».(…)
📌Éric Michaud, coordonnateur du Comité logement Ville-Marie, s’indigne du recul apparent de la Ville et des promoteurs du Quartier Molson. « La promesse de plus de 800 logements sociaux s’évapore pour les locataires du Centre-Sud », a-t-il lancé lors du conseil d’arrondissement de mardi.
L’assouplissement du RMM par la nouvelle administration élimine l’obligation d’inclure des logements sociaux — généralement subventionnés par l’État et répondant aux besoins des ménages à faible revenu, selon lui.
Éric Michaud a reproché à la mairesse d’avoir « brisé le contrat social » liant la Ville et les promoteurs. Soraya Martinez Ferrada s’en est défendue.
« Le contrat social et l’engagement qu’on a pris, c’est d’arriver à avoir 20 % de logements sociaux et abordables à Montréal. Des logements hors marché, hors de la spéculation », a dit la mairesse.»⁉️
🔗Article complet ici: https://linktr.ee/frapru