04/01/2026
Dans un pays où les autorités cherchent activement à museler leur population à contrôler ce qu’elle pense et à lui imposer ce qu’elle doit voir, ce communiqué de l’ARPT est une preuve de plus que les autorités ne veulent à aucun moment favoriser un accès libre, équitable et ouvert à Internet.
Ce qui choque d’abord, c’est le ton du communiqué : au lieu d’encadrer, d’organiser et de régulariser, on choisit encore la menace, l’intimidation et les sanctions. On présente les “Wi-Fi zone” comme un danger immédiat, sans jamais poser le vrai débat : pourquoi de telles initiatives se développent-elles ? Parce que l’accès à Internet reste trop cher et insuffisant pour une grande partie de la population.
Le point le plus contestable dans ce communiqué est la formulation qui laisse entendre que la fourniture d’Internet serait réservée de manière exclusive aux opérateurs mobiles et aux fournisseurs d’accès déjà en place. Or, la loi guinéenne de 2015 classe bien la fourniture de services Internet parmi les activités soumises à une autorisation générale de l’ARPT, précise que cette autorisation peut être accordée à des personnes morales de droit guinéen, et ajoute qu’elle ne confère aucun droit d’exclusivité. La loi distingue également plusieurs régimes juridiques - licence, autorisation, déclaration et activités libres - nuance essentielle que le communiqué ne prend même pas la peine d’expliquer.
Autrement dit, le problème n’est pas seulement juridique, il est aussi politique. Au lieu d’informer clairement la population sur les conditions légales d’exercice, on entretient volontairement la confusion pour justifier davantage de contrôle. Ce flou profite surtout à ceux qui veulent verrouiller le secteur et empêcher l’émergence d’alternatives.
Dans un pays qui a besoin de plus de connectivité, de plus d’innovation et de plus de liberté numérique, ce n’est pas en fermant les portes qu’on avancera. La population a besoin d’un Internet plus accessible, plus abordable et mieux régulé, pas d’un discours flou qui ressemble davantage à une défense de monopoles qu’à une vraie volonté de servir l’intérêt général.
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