04/01/2026
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Hier, en après-midi, le conseil d’administration du Le Repas du Passant s’est rencontré pour le bilan de la fin d’année 2025-2026. Les résultats sont désastreux, le déficit n’a jamais été aussi élevé, les financements ne parviennent plus à nous soutenir, nous survivons à perte, sans parler du manque de main d’œuvre.
Suite à cette rencontre interminable, à l’unanimité, nous avons donc conclu de fermer la ressource, faute de financement insuffisant.
Après plus de quarante années à offrir des services, du soutien indispensables ainsi que de nourrir la population, l’organisme a soutenu des milliers de personnes grâce à ses services d’accueil, d’accompagnement ainsi que du soutien psychologique. Une équipe d’intervention qualifiée, toujours sur place pour répondre à vos besoins.
Toutefois, malgré une demande croissante et un contexte social de plus en plus difficile, les ressources financières nécessaires n’ont jamais suivi la réalité du terrain.
Cette situation exerce depuis longtemps une pression démesurée sur l’équipe, des gens de cœur qui travaillent dans le milieu communautaire, mais qui œuvrent pourtant dans des conditions largement inacceptables : un roulement de personnel incessant, des tâches multiples et un épuisement généralisé, mettant directement à risque la capacité d’offrir des services de qualité.
Nous devons cesser nos services. , affirme Danielle LeBlanc, directrice générale.
Que signifie la fermeture du Le Repas du Passant ?
Des services pourtant nécessaires au bien-être de la communauté :
* C’est 36 644 repas chauds qui ne seront pas servis à la population.
* C’est 2751 personnes en situation d’itinérance qui ne pourront pas manger.
* C’est 11 744 interventions qui ne seront pas effectuées par notre équipe d’intervention.
* C’est 1614 distributions alimentaires manquantes à notre population.
* C’est 210 distributions alimentaire non distribuées à domicile pour personnes à mobilité réduite.
* C’est 26 528 heures qui ne seront pas investies par notre équipe d’intervention.
* C’est aussi l’absence des dépannages d’urgence, des paniers de Noël, des distributions de matériel de prévention et d’hygiène.
La perte de ces services aura des impacts majeurs sur les personnes en difficultés, qui se retrouveront sans soutien dans un moment où les besoins augmentent.
Poisson d’avril… mais imaginez si c’était vrai.
Aujourd’hui, ce communiqué n’est qu’un Poisson d’avril, mais il reflète une menace bien réelle.
Sans un engagement clair des instances gouvernementales à financer adéquatement le milieu communautaire et à soutenir des conditions de travail décentes, ce scénario pourrait devenir réalité pour notre organisme et pour des centaines d’autres.
Le milieu communautaire ne peut plus continuer à survivre au jour le jour, au gré de budgets insuffisants et d’équipes épuisées.
Parce qu’un Québec sans organismes communautaires serait tout sauf une blague.