03/04/2025
Qui a dit ça? «La seule façon d’éviter un troisième lien entre les deux rives, c’est d’aller de l’avant rapidement avec [un SRB], c’est aussi simple que ça.»
C’était Gilles Lehouillier, maire de Lévis, il y a exactement 10 ans.
Le 2 mars 2015, Régis Labeaume et Gilles Lehouillier annonçaient le projet de SRB (service rapide par bus), un projet de bus à haut niveau de service, en site propre, avec une fréquence aux 3 minutes. Un immense trajet de plus de 30 km entre le campus Desjardins à Lévis et le secteur D’Estimauville. Le tout livré en 2022.
Un an plus tard, je participais à une sortie médiatique dans laquelle les groupes environnementaux du Québec dénonçaient la lenteur du gouvernement du Québec, alors dirigé par les Libéraux de Philippe Couillard, avec Sam Hamad comme ministre responsable de la Capitale-Nationale et Robert Poëti comme ministre des Transports, à démarrer un bureau de projet.
On connaît la suite. En 2017, le maire de Lévis abandonnait le projet de SRB pour mettre tous ses œufs dans le panier du 3e lien, une stratégie qui aura certainement contribué à lui faire gagner les élections qui ont suivi, mais qui ont maintenu la population lévisienne dans un désert d’offre de transport en commun.
La CAQ de François Legault a rapidement repris cette recette à son compte avec Geneviève Guilbault comme ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, puis ministre des Transports. Depuis déjà plus de 6 ans, la vice-première ministre met continuellement le projet de tramway sur la voie de service parce qu’elle veut éviter de donner l’impression que ce projet, validé par tous les experts, avance plus vite que le 3e lien.
En définitive, qui a gagné dans toute cette histoire? Certainement pas la population de Québec et de Lévis. Parce que depuis 10 ans, le nombre d’automobiles dans la région de Québec a augmenté et la congestion aussi.
Non, les vrais gagnants, ce sont certains élus des trois paliers de gouvernements - municipal, québécois et fédéral - qui, de tout temps, se sont joués des électrices et des électeurs en multipliant les promesses non-tenues et en retardant, voire annulant, des projets auraient eu des effets bénéfiques sur la mobilité.
On fête donc un triste anniversaire aujourd’hui: celui qui marque 10 ans de stagnation dans les projets majeurs de transport collectif à Québec.