05/01/2021
En ce 1er mai, les professionnel.le.s en soin de l'Outaouais lancent un appel aux citoyen.ne.s de la région: signez leur lettre d'appui dont le lien se trouve en commentaire.
Pour ce qui est de QS, les assos de l'Outaouais ont préparé la lettre suivante pour leur signifier notre appui :
Il y a longtemps que l’on sait que l'Outaouais est le parent pauvre du système de santé au Québec. Les derniers mois l’ont démontré de façon encore plus éloquente, la pandémie exacerbant des problèmes déjà bien présents.
Les associations de Québec solidaire en Outaouais tiennent à exprimer leur appui aux travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux. Nous sommes préoccupé.e.s par la qualité des soins, car, selon plusieurs intervenantes qui ont récemment fait des sorties médiatiques, nous sommes à la porte d’un bris de services.
Comme le révélait Le Devoir cette semaine, les employées qui sonnent l’alerte de situations comme celles décrites plus bas risquent leur emploi. Les députés libéraux locaux, dont le parti a pourtant contribué à des décennies de négligence à l’égard de l’Outaouais, appelaient cette semaine le reste du Québec en renfort.
À l’approche du 1er mai, nous nous soucions de la santé et de la sécurité du personnel de la santé en Outaouais. Les arrêtés ministériels obligent les employé.e.s à travailler à temps plein en plus d'exiger du temps supplémentaire obligatoire. On leur enlève même le droit d’aller vers d'autres emplois sans subir des pénalités importantes. Tout ce contexte met les infirmières à risque de commettre des fautes professionnelles posant des risques pour les patient.e.s.
On sait que les employé.e.s sont sans convention collective depuis 18 mois. On pourrait penser que le gouvernement Legault aurait un semblant de respect et de reconnaissance pour ces "anges gardiens", mais ce n’est pas le cas. Non seulement les négociations piétinent, mais les offres sont inacceptables, par contraste avec ce qui se passe pour les institutions à prédominance masculine, telles qu'Hydro-Québec.
En plus du sous-financement historique, la situation en Outaouais est particulière à cause de notre proximité avec l’Ontario. Depuis un an, il y a eu 350 départs chez le personnel de soin, souvent parmi les plus expérimentés. Pour conserver nos employées et en recruter d’autres, il faut être attractif, avec des conditions de travail avantageuses et une gestion respectueuse basée sur la communication.
Déjà en 2018, un livre noir sur les urgences en Outaouais sonnait l’alarme. Qu'est-ce que le gouvernement a fait pour corriger la situation ? Malheureusement, plutôt que de prendre soin des professionnelles en place, on a promis un nouvel hôpital. C’est bien beau, du béton, mais comment allons-nous trouver le personnel pour offrir les soins si on est déjà en pénurie chronique dans les établissements existants?
Le plan de relance de Québec solidaire propose d’embaucher massivement dans le secteur public, notamment en santé. Monsieur Legault et les députés de la CAQ de l'Outaouais, quel est votre plan pour maintenir et renforcer l’effectif en santé en Outaouais? Il faut agir maintenant pour éviter que les conditions de travail exécrables des travailleuses de la santé ne mettent en péril la vie des gens de l’Outaouais.