10/21/2026
Le communautaire retourne aux barricades
SOLIDARITÉ. L’arrivée d’un nouveau gouvernement à la tête de la province ne change pas la donne pour le mouvement québécois Communautaire à boutte. Pour la 4e fois en quelques mois, la cellule locale de la Haute-Yamaska monte encore aux barricades pour réclamer un rehaussement du financement et une plus grande protection de l’autonomie des organismes.
À bord d’un autobus, mercredi matin, une cinquantaine de représentants du communautaire de la région, pancarte à la main, ont pris la direction de Sherbrooke pour aller manifester aux côtés de leurs confrères et de leurs consœurs de l’Estrie dans le cadre d’une énième activité de visibilité. Une manifestation symbolique qui s’inscrit au programme régional de la Semaine nationale de l’action communautaire autonome.
Après des années de sous-financement sous l’ère de la Coalition avenir Québec, le communautaire est prêt à donner une chance au nouveau gouvernement péquiste de Paul Saint-Pierre Plamondon. Mais le temps presse, estime Diane T. Charette, de l’Association des personnes aphasiques Granby et région et membre de la cellule locale de Communautaire à boutte Haute-Yamaska.
«C’est le gouvernement du PQ qui a voté la loi sur la reconnaissance des organismes communautaires qui soulignait l’apport essentiel et fondamental pour le tissu social. Et aujourd’hui (21 octobre), on compte aller lui rappeler», a commenté Mme Charette.
«Les sommes annoncées par le gouvernement entrant (NDLR: lors de la dernière campagne, le PQ s’est engagé à injecter 400 M$ dans les organismes communautaires) se doivent d’être saluées. C’est une bonification, mais ça reste très loin des besoins réels des organismes communautaires», a déclaré Nicolas Luppens, directeur sortant de la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska. (CDCHY).
Selon M. Luppens, les crises actuelles (le logement, l’itinérance) sont les résultantes d’un sous-financement chronique de l’État en matière de santé et de services sociaux. «Si le gouvernement nous donne les moyens suffisants, le communautaire est capable d’aller aider les gens en difficulté», soutient-il.
Membre du nouveau gouvernement péquiste, le député Jean-François Arsenault a plaidé en faveur d’un meilleur soutien au milieu communautaire durant la campagne électorale, notamment dans la lutte contre l’itinérance. Un discours qui a trouvé écho auprès des intervenants et des intervenantes du milieu, qui attendent maintenant que les paroles se traduisent en actions.
«On s’attend à ce qu’il soit présent. M. Arsenault a une très bonne compréhension des enjeux. La suite va nous dire si les bottines vont suivre les babines (…). Le parti au pouvoir, on le connaît, mais parfois avec un nouveau chef et une nouvelle équipe, les valeurs et les orientations peuvent changer. Pour le moment, on regarde le train avancer et on pourra réagir en temps et lieu», conclut Nicolas Luppens.
SOURCE: Granby Express