03/26/2026
26 mars 2026 - JOURNÉE NATIONALE DES CUISINES COLLECTIVES
Lettre ouverte
Nos valeurs sont au menu… mais les moyens ne suivent pas!
Le 26 mars, les membres du Regroupement des cuisines collectives du Québec soulignent la Journée nationale des cuisines
collectives (JNCC). Sous le thème : « Nos valeurs sont au menu » — solidarité, dignité, équité, justice sociale, autonomie et
démocratie s’invitent à table.
Le Fabuleux réseau montérégien des cuisines collectives (FRMCC), créé en 2015, rassemble des organismes qui œuvrent à
mettre sur pied et à soutenir des cuisines collectives en Montérégie. Dans nos milieux, des centaines de personnes se
réunissent pour cuisiner ensemble, briser l’isolement, développer leur autonomie alimentaire et reprendre du pouvoir sur
leur quotidien.
L’engouement pour les cuisines collectives est bien réel. Les besoins augmentent. Les demandes explosent. La solidarité est
au rendez-vous.
Mais les ressources ne suivent pas.
Dans le contexte du mouvement « Le communautaire à boutte! », nous ne pouvons célébrer cette journée comme si tout
allait bien. Nous choisissons donc de mettre nos tabliers en berne.
Les organismes communautaires en sécurité alimentaire peinent à réaliser leur mission en raison d’un sous-financement chronique. L’augmentation du coût des aliments, la hausse des loyers, la difficulté de recruter et de retenir du personnel qualifié, la pression croissante des demandes : tout cela fragilise un réseau pourtant essentiel.
Les cuisines collectives ne sont pas un simple atelier culinaire. Elles constituent un levier reconnu contre l’insécurité
alimentaire et l’isolement social. Elles favorisent l’autonomie, renforcent le tissu social et contribuent à la dignité des
personnes. Elles incarnent concrètement le droit à l’alimentation.
Or, un droit ne devrait pas dépendre de la capacité des organismes à survivre d’année en année.
En cette Journée nationale des cuisines collectives, nous choisissons de transformer la célébration en réflexion collective. Si
nos valeurs sont réellement au menu, elles doivent aussi se retrouver dans les choix budgétaires et politiques qui soutiennent
— ou non — le milieu communautaire.
La solidarité ne peut être qu’un slogan.
La dignité ne peut être conditionnelle.
L’équité ne peut être théorique.
La justice sociale exige des moyens réels.
Nous invitons la population et les décideur·es à reconnaître l’importance des cuisines collectives et à soutenir concrètement
les organismes qui les rendent possibles.
Le droit à l’alimentation concerne tout le monde.
La Corne d'abondance
Membre du Fabuleux réseau montérégien des cuisines collectives