21/09/2025
Influenceuse ou trottoir digital ?
Algorithmes, likes, partages… et corps mis en avant.
Voilà le nouveau commerce du XXIe siècle.
Question : où finit l’influence et où commence le trottoir digital ?
Je scrollais machinalement ce soir sur Facebook, quand une phrase, lancée comme un éclair, est venue frapper mon esprit :
« Combien cela te rapporte de faire le trottoir digital ? »
Un frisson a traversé mon corps. Cette expression, brutale, m’a ouvert une nouvelle perspective.
Car “faire le trottoir”, dans notre imaginaire collectif, renvoie immédiatement aux travailleuses de la nuit : ces femmes qui exposent leur corps contre rémunération. Mais transposé au monde numérique, le terme prend une dimension inattendue et dérangeante.
Les réseaux sociaux fonctionnent selon un principe simple et implacable :
Une vue génère quelques centimes,
Un “like” ajoute de la valeur,
Un commentaire booste la portée,
Un partage, c’est le jackpot.
Tout est calculé, tout est monnayé. Chaque interaction devient une transaction.
Alors dites-moi : quand une créatrice de contenu choisit de mettre en avant son corps, ses formes, ses artifices, sous prétexte de “mode”, de “coaching” ou de “lifestyle”… que vend-elle réellement ? Son idée ? Son talent ? Ou bien son image charnelle, devenue produit d’appel ?
La vérité dérange, mais elle est là.
Beaucoup d’influenceuses d’aujourd’hui critiquent les prostituées de la rue, tout en pratiquant une version numérisée du même commerce. Elles affirment “inspirer”, mais en réalité, elles séduisent et captivent par la chair.
Et les hommes ? Ils ne s’arrêtent pas sur ces vidéos pour la profondeur du contenu, mais parce que le corps exposé les retient. Osez dire le contraire.
Quelle différence alors entre la prostituée au bord de la route et celle du trottoir digital ?
L’une s’offre à quelques clients par mois pour une somme dérisoire.
L’autre s’expose à des millions de regards chaque jour, engrange des revenus colossaux, et se cache derrière le mot “influence”.
La prostituée assume. L’influenceuse, elle, se drape dans un rôle factice, alors que des milliers de regards scrutent chaque centimètre de son corps. Les pervers utilisent déjà ces images à des fins inavouables, et l’argent coule par millions.
Et que dire de l’impact sur la jeunesse ?
Voir des femmes à demi-nues en continu pousse même l’homme le plus vertueux à désirer davantage. Ces vidéos, prétendument “divertissantes”, alimentent en réalité la banalisation de la pornographie et façonnent une génération hypersexualisée.
Alors oui, le corps de la femme est une merveille. Mais lorsqu’il est utilisé comme monnaie d’échange, lorsqu’il devient le carburant des algorithmes, n’est-ce pas là une prostitution déguisée ?
Influenceuse ou trottoir digital ?
La frontière est mince. À vous de me dire de quel côté vous vous situez.