20/08/2026
La CNIDH a présenté son Rapport annuel 2025-2026 à l’Assemblée nationale
Le Président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), Mgr Martin Blaise Nyaboho, a présenté ce 20 août 2026, devant l’Assemblée nationale, le Rapport annuel 2025-2026 de l’Institution. Ce rapport fait le point sur les activités réalisées, la situation des droits de l’homme au Burundi ainsi que les principales recommandations visant à relever les défis constatés.
Au cours de l’exercice 2025-2026, la CNIDH a enregistré 679 saisines, dont 544 recevables et 135 irrecevables. Sur l’ensemble des dossiers, 444, soit 65,1 %, ont été clôturés, tandis que 235 restent en cours de traitement. Les violations alléguées concernent notamment les droits civils et politiques, avec 418 cas, dont 223 relatifs à des détentions arbitraires ou illégales. La Commission a également reçu 105 saisines concernant l’accès à la justice et le droit à un procès équitable, ainsi que 101 demandes d’assistance juridique.
En matière de lutte contre la torture et les disparitions, la CNIDH a traité 10 cas d’allégations de torture, assuré le suivi de 27 dossiers antérieurs et mené des missions d’investigation sur 36 cas d’enlèvement, suivis ou non de disparition.
Ces actions ont notamment contribué à retrouver certaines personnes présumées disparues et à favoriser l’ouverture d’enquêtes judiciaires.
Avec l’appui du Gouvernement du Burundi et du PNUD, la CNIDH a par ailleurs effectué 399 visites de monitoring dans les cachots, couvrant 6 223 personnes retenues. Ces visites ont permis de relever 135 dépassements des délais légaux de détention ainsi que 14 cas de détention pour des faits ne constituant pas des infractions. Le plaidoyer de la Commission a contribué à la libération de 1 088 personnes retenues.
S’agissant des droits des femmes, la CNIDH a poursuivi ses actions de sensibilisation, d’éducation aux droits humains, ses émissions radiophoniques et ses déclarations publiques. Elle s’est également félicitée de la représentation actuelle des femmes au Parlement, avec 46,15 % au Sénat et 38,7 % à l’Assemblée nationale, tout en attirant l’attention sur les violences basées sur le genre et les difficultés persistantes liées notamment à l’accès à la terre.
Une attention particulière a également été accordée aux droits de l’enfant et des personnes vivant avec handicap. A Munzenze, dans l'ancienne province de Cankuzo, le monitoring de 60 enfants en situation de rue a permis d’identifier leurs besoins et d’orienter le plaidoyer en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie et de la prévention du phénomène. A Gitega, 145 élèves vivant avec handicap bénéficient d’un cadre d’éducation inclusive au Lycée Notre Dame de la Sagesse, une expérience positive que la CNIDH encourage.
Enfin, concernant les rapatriés, réfugiés et déplacés internes, la Commission a identifié leurs principaux besoins, notamment en matière de documents, terre, logement, alimentation, eau, santé et éducation. Elle a également suivi l’accueil de plus de 109 000 réfugiés congolais et la situation de plus de 78 000 déplacés internes, afin de contribuer à une meilleure prise en compte de leurs droits et besoins.
La CNIDH a cloturé le rapport en formulant des recommandations à l’endroit des pouvoirs publics et des autres acteurs concernés pour renforcer la prévention des violations et améliorer la protection des personnes en situation de vulnérabilité.