13/06/2026
LA SEMAINE DU 15 JUIN À L’ABBAYE NOTRE-DAME DU VIVIER
OUVERTURE DE LA GRANDE ORANGERIE.
LES ORANGERIES DU 18ème siècle, une affirmation du pouvoir féodal
🧑🍳MENU DE LA SEMAINE A LA CHAPELLE BETHLÉEM
Du LUNDI 15 JUIN au SAMEDI 20 JUIN
(Menu servi midis et soirs du lundi au jeudi, les vendredis et samedis midis SAUF jours fériés et soirs de concert à l’abbaye. Le menu n’est pas servi le vendredi soir et le samedi soir)
ENTRÉE
Jambon italien en cannelloni, ricotta au basilic, olives, tomates séchées, crème de truffe
Ou
Œuf de poule cuit à basse température, déposé dans un velouté d’aubergine, effiloché de magret de canard fumé
PLAT
Dos de colin cuit meunière, coulis de petits pois frais, quelques crevettes grises, purée au beurre de ferme salé
Ou
Brochette de volaille grillée au feu de bois, sauce archiduc, salade, frites fraiches
DESSERT
Brie de Meaux, sirop d’érable, raisins, pain de l’Abbaye (+3€)
Ou
Nougat glacé, coulis de fruits rouges
2 services : 22 € / 3 services 27 €
La carte est proposée 7/7
Réservations:
081240027
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📚 LES ORANGERIES DE L’ANCIEN RÉGIME. PLUS QU’UNE MODE, UNE AFFIRMATION DU POUVOIR FÉODAL
LES ORANGERIES DE L’ANCIEN RÉGIME
Plus qu’une mode, une affirmation du pouvoir féodal
Lorsqu’on évoque les orangeries de l’Ancien Régime, l’image qui vient spontanément à l’esprit est celle d’élégants bâtiments vitrés abritant durant l’hiver de précieux orangers venus du bassin méditerranéen. Pourtant, réduire les orangeries à une simple fantaisie horticole serait méconnaître leur véritable signification. Du XVIIe au XVIIIe siècle, elles furent avant tout un instrument de représentation sociale et politique, une démonstration éclatante de richesse, de prestige et de pouvoir.
L’oranger, arbre originaire d’Asie et acclimaté depuis longtemps dans les régions méditerranéennes, ne pouvait survivre aux hivers rigoureux de l’Europe du Nord. Sa culture exigeait donc des bâtiments spécialement conçus pour le protéger du gel. Construire une orangerie, entretenir des arbres en caisse, employer des jardiniers spécialisés et chauffer les bâtiments durant l’hiver représentaient des dépenses considérables. Posséder des orangers constituait dès lors un privilège réservé aux souverains, aux princes, aux grands seigneurs et aux établissements religieux les plus prospères.
Les orangeries se développèrent principalement dans les régions situées au nord de la limite naturelle de culture des agrumes. On les retrouve particulièrement dans le royaume de France, les Pays-Bas méridionaux, les principautés allemandes, l’Autriche, la Bohême et certaines régions d’Angleterre. Leur implantation fut beaucoup plus rare en Italie, en Espagne ou au Portugal où les agrumes pouvaient être cultivés en pleine terre.
Leur diffusion accompagna l’essor des grandes résidences aristocratiques et princières des XVIIe et XVIIIe siècles. À l’image des jardins à la française, elles participaient à la mise en scène du pouvoir. Les orangers, alignés avec une rigoureuse symétrie devant les façades ou sur de vastes terrasses, symbolisaient la maîtrise de l’homme sur la nature. Faire prospérer sous des climats hostiles des arbres venus d’Orient constituait une démonstration de puissance technique autant qu’économique.
Les établissements religieux n’échappèrent pas à ce phénomène. Dans les régions catholiques, où les grandes abbayes conservaient d’immenses domaines fonciers, certaines communautés adoptèrent les codes architecturaux des élites seigneuriales. Les monastères les plus riches se dotèrent ainsi de jardins d’agrément, de pavillons, de terrasses et parfois d’orangeries. Ces réalisations n’étaient pas incompatibles avec leur vocation spirituelle : elles manifestaient aussi la prospérité de la communauté, la qualité de sa gestion et son rayonnement dans la société de l’époque.
Si les orangeries monastiques demeurèrent plus discrètes que celles des palais royaux, elles participaient néanmoins à la même logique de représentation. Elles accueillaient parfois les visiteurs de marque, les évêques, les abbés commendataires ou les bienfaiteurs de l’institution. Dans certains cas, elles constituaient également des lieux de promenade et de contemplation où la beauté des jardins contribuait à l’élévation de l’esprit.
L’un des exemples les plus remarquables parmi d’autres demeure l’Orangerie de Sanssouci (photos) à Potsdam. Bien que construite dans un État protestant, elle illustre parfaitement la fonction politique de ces édifices. Édifiée sous le règne de Frédéric II de Prusse, elle s’inscrit dans l’ambitieux programme architectural destiné à faire de Potsdam une capitale digne des grandes cours européennes. Plus qu’un simple abri pour agrumes, l’orangerie de Sanssouci affirmait les ambitions culturelles et politiques du souverain. Par ses dimensions monumentales, son architecture inspirée de la Renaissance italienne et son implantation dans le paysage du parc, elle proclamait la puissance de l’État prussien autant que le raffinement de son prince.
À travers toute l’Europe, les orangeries témoignent ainsi d’un phénomène plus profond qu’une simple passion pour les plantes exotiques. Elles incarnent l’esprit de l’Ancien Régime, fondé sur la hiérarchie sociale, l’affichage du prestige et la représentation du pouvoir. Qu’elles aient appartenu à un roi, à un prince, à un seigneur ou à une abbaye prospère, elles constituaient des marqueurs visibles de statut social.
Les orangers eux-mêmes n’étaient pas choisis au hasard. Leurs fruits d’or évoquaient l’abondance, la prospérité et même les mythiques pommes d’or du jardin des Hespérides. Dans une société où tout symbole avait son importance, ils exprimaient la richesse autant que l’ordre, la permanence et la domination sur le temps et les saisons.
L’orangerie apparaît ainsi comme l’une des expressions les plus raffinées du pouvoir féodal finissant. Sous l’apparence d’un bâtiment horticole se cachait en réalité un manifeste architectural : celui d’une société où la puissance se mesurait autant à la possession des terres qu’à la capacité d’y faire fleurir, au cœur de l’hiver européen, les arbres du soleil.
Marche-les-Dames et sa petite abbaye namuroise n’ont pas échappé à ces codes d’affirmation féodale.
De manière à asseoir son prestige, la mère Abbesse de Boron fait construire en 1776, une esplanade de 100 mètres de longueur surélevée pour garantir un ensoleillement parfait, exposée Sud-Ouest. À ses extrémités deux pavillons bien vitrés et chauffés. Un balcon sur la nature, le soleil et l’histoire pour vous accueillir tout l’été dès 12:00 jusqu’au coucher du soleil (les jours de bon temps)
🎤🎶 PROCHAIN CONCERT :
MARDI 16 JUIN 20:30
VIVA ITALIA 🇮🇹 PIERRE MILAN
REPAS CONCERT
CHAPELLE BETHLÉEM
20€
Pmr,