25/04/2025
[Piste cyclable dans le bois du Noir Chien]
CAP Communal souhaite réagir à la suite des différents échanges concernant le projet de piste cyclable dans le bois du noir Chien.
Pour rappel, au Conseil communal du 13 juin 2024, la majorité (MR/Engagés) décide de passer un marché public en vue du construire une piste cyclo piétonne dans le bois du noir Chien. Ce projet a été adopté à 16 voix pour et 2 voix contre (celles de CAP Communal).
En réalité ce projet a dû être ajouté à la hâte par la commune pour recevoir les subsides liés au plan d’investissement mobilité active communal et intermodalité (PIMACI) car ils n’avaient pas prévu de projet sur le volet cyclable.
En effet, lors du même Conseil communal, un autre point est adopté concernant le PIMACI.
Dans les considérants de ce point il est clairement indiqué que :
« Considérant la remarque émise dans le courrier du SPW sur le PIMACI 2022-2024 ;
Considérant qu’il y a lieu de rectifier la proposition initiale de notre enveloppe PIMACI ;
Considérant qu’aucun travail n’a été proposé pour le volet cyclable du PIMACI et que la commune doit compléter ce plan rectificatif par un nouveau projet ou investissement […] ;
Considérant le nouveau projet ou investissement n°10 ajouté et intitulé « Création d’une piste cyclo-piétonne dans les bois du Noir Chien à Nalinnes » au montant de 192.255,69 € TVAC ; »
Le plan de mobilité de Charleroi métropole prévoit en effet de réaliser un réseau cyclable structurant à l’échelle de Charleroi métropole mais il n’impose pas de construire une piste cyclable en tarmac dans le bois du Noir chien.
A cet égard, le plan prévoit ceci : « Cette proposition devra être affinée, de même que le type de liaison à prévoir (cyclostrades ou fonctionnelles supralocales) et les aménagements à réaliser. Ce travail devra se faire en collaboration avec les communes du territoire, et idéalement avec les associations de cyclistes locales, voire également des acteurs locaux (Maison du Tourisme, etc.). »
Le plan de mobilité d’Ham-Sur-Heure-Nalinnes prévoit uniquement l'itinéraire du réseau cyclable structurant destiné à rejoindre le réseau structurant de Charleroi.
Nous nous sommes à l’époque opposés au projet décidé par la majorité communale notamment car :
- mettre du tarmac dans les bois était fortement problématique d’un point de vue environnemental ;
-réaliser une piste cyclable dans un chemin en bon état déjà réservé aux cyclistes et aux piétons n’est pas du tout une priorité, créer de véritables pistes cyclables le long de certaines routes dangereuses est davantage prioritaire (rue de Marcinelle par exemple qui fait partie du même itinéraire);
- le cahier des charges était très peu fourni.
Il nous a été répondu par l’Echevin de la Mobilité que le comité vélo avait fait cette demande, or il semblerait que ce dernier n’a jamais demandé de « tarmaquer » ce chemin.
Il est un peu facile, pour la majorité communale, aujourd’hui, de se défausser sur d’autres niveaux de pouvoirs alors même que le choix de créer ce chemin relève de leur seule et unique décision et alors même qu’ils auraient pu prévoir un autre projet pour prétendre au subside PIMACI.
A cet égard, lire que la majorité ne souhaite pas asphalter nos campagnes prête à sourire quand on sait qu’ils ont, en outre, asphalté le chemin de la logette à Nalinnes, et qu’ils prévoient d’asphalter le chemin dit « trou à Flochère » à Marbaix et le chemin de Florennes à Nalinnes sans raison évidente mais pour « utiliser des subsides destinés aux chemins agricoles ».
Sauf abandon de ces projets, l’asphaltage des chemins de campagne semblera donc bien relever d’une politique voulue par la majorité en place.
Peut-être que les règles régionales pour construire une véritable piste cyclable sont exigeantes au niveau de la largeur mais sûrement ne sont-elles pas prévues pour construire des pistes cyclables au milieu des bois en lieu et place de chemins déjà existants et sécurisés. Ces règles servent plutôt, en réalité à construire des pistes sécurisées le long des routes et d’axes dangereux.
D’autres alternatives étaient possibles sans asphalter à ce point ce chemin. D’ailleurs l’infléchissement actuel de la majorité voulant réduire la largeur de la piste et faisant dépendre la réalisation de ce projet de la réalisation du tronçon du côté de Charleroi va dans le bon sens et montre bien que notre position était plutôt raisonnée.
Nous saluons, a cet égard, la mobilisation citoyenne qui a permis ces évolutions. Une autre solution serait de prévoir une bande asphaltée encore moins large pour permettre aux vélos de route de circuler sur ce chemin, ou de prévoir un recouvrement plus naturel.
Nous regrettons que les propositions que nous formulions à l’époque soient restées lettre morte et que le choix de réaliser ce projet pour recevoir les subsides PIMACI ne permet pas à la commune une grande marge de manœuvre aujourd’hui pour revenir en arrière.
Nous espérons que ce mauvais choix de projet réalisé par la majorité précédente ne fera pas perdre l’intégralité des subsides que la commune doit recevoir dans le cadre du PIMACI.
Nous enregistrons le fait qu’une Commission Communale de Mobilité va être mise en place ce qui permettra davantage d’écoute et de discussion. Cela permettra d’éviter des situations problématiques et ubuesques comme celle-ci.
Nous restons, comme nous l’avons toujours été, attentif et constructif pour construire une véritable politique de mobilité douce réfléchie et censée dans notre commune.
Pour CAP Communal,
Ses élus,
Alexis Mulas
Yves Escoyez
Anne-Cécile Bal