01/06/2025
La motion qui nous a été soumise lors du conseil communal de ce mois de mai, aborde une question internationale à la fois complexe et profondément douloureuse. En tant que représentants locaux, nous devons traiter ce sujet avec mesure et responsabilité. Notre groupe a proposé des modifications au texte initial, qui n’ont malheureusement pas été retenues.
La situation humanitaire à Gaza est effectivement très préoccupante. Les rapports des Nations Unies et des ONG font état de grandes difficultés d’accès à l’aide humanitaire, de conditions de vie extrêmement précaires pour la population civile, et de destructions massives. Cela mérite toute notre attention.
Sur les différentes demandes exprimées dans cette motion, il est essentiel de rappeler que :
La Belgique et l’Union européenne sont déjà activement engagées sur ce dossier. Plusieurs points mentionnés dans cette motion ont déjà été abordés, et des actions ont été menées.
Sur le plan humanitaire :
La Belgique a augmenté son aide d’urgence à Gaza. Je vous invite simplement à faire une recherche sur « l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens » (UNRWA) : vous constaterez que la Belgique a contribué à hauteur de 27,5 millions d’euros, une aide directe et ciblée. On peut encore en citer avec des sources à l’appui si vous le souhaitez.
La Belgique soutient activement les efforts de l’ONU pour l’établissement de couloirs humanitaires. Il est regrettable que cette motion fasse référence à des éléments datant du 2 mars 2025, alors que la position belge a clairement évolué depuis. Par exemple, la semaine dernière, le ministre de la Défense a évoqué la possibilité de reprendre les largages humanitaires, comme cela avait déjà été fait par le passé. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Concernant la vente d’armes, le gouvernement wallon — sous la présidence d’Elio Di Rupo ainterdit, en date du 27 mai 2024, l’importation, l’exportation et le transit de produits liés à la défense vers Israël. Cet arrêté a été annulé le 29 avril 2025 par le Conseil d’État, et non par le gouvernement actuel.
Sur le plan diplomatique :
Il est regrettable que la motion ne soit pas à jour sur ce point. Rien n’y est mentionné sur la position officielle du gouvernement belge, alors que, en mai 2025 donc ce mois-ci la Belgique a :
Appelé à un cessez-le-feu immédiat
Demandé la libération des otages des deux camps
Réclamé un accès humanitaire sans entrave à Gaza
Défendu la préservation du mandat de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens
Toutes ces positions sont publiques et consultables sur le site du ministère des Affaires étrangères. Il s’agit, par ailleurs, d’éléments que l’on retrouve dans cette motion.
Sur le plan européen :
La dynamique suit la même direction. En mai 2025, 17 des 27 États membres de l’Union européenne, dont la Belgique, ont demandé la révision de l’accord d’association UE-Israël, en raison des préoccupations liées au respect du droit international humanitaire.
La complexité de cette crise historique nous appelle à la prudence et à la mesure dans nos prises de position. Une approche constructive devrait, selon moi :
Maintenir un engagement humanitaire clair et sans ambiguïté
Soutenir les efforts diplomatiques en cours
Éviter les gestes symboliques susceptibles de diviser
Privilégier les actions concrètes qui favorisent réellement la paix
Nous comprenons profondément l’émotion et la sincérité des auteurs de cette motion. Néanmoins, en tant qu’autorité locale, notre rôle n’est peut-être pas de trancher sur un conflit international aussi complexe, mais plutôt :
De soutenir les initiatives de paix et de dialogue
D’exprimer notre solidarité envers toutes les victimes civiles
De promouvoir, dans notre commune, les valeurs de respect, de tolérance et de compréhension mutuelle
C’est pourquoi, tout en partageant pleinement les préoccupations humanitaires exprimées, notre groupe choisira de s’abstenir lors de ce vote.