05/03/2017
En mode rédaction Jamagne au fil du temps,
le 3/7/1985, un mirage de la force aérienne de Florennes se crashe à Jamagne là ou aujourd’hui la carrière les pétons a formé un énorme trou.
extrait du carnet de vol du pilote Emile Lemercinier
Mon premier crash a eu lieu le 03 juillet 1985, Je volais avec Jean-Jacques Dewael. Au retour de Fürstenfeldbruck où nous avions fait du vol aux instruments , pendant la phase d'approche, Jean-Jacques a simulé une panne d'huile. A partir de ce moment, la régulation automatique ne fonctionnait plus et il fallait utiliser un vérin électrique à la place de la manette des gaz pour augmenter ou diminuer la puissance. Arrivé en "palier", j'ai vu que le moteur ne poussait pas et j'ai mis les gaz à 100 % mais rien ne s'est passé. J'ai réalisé que Jean-Jacques avait simulé une panne d’huile, ce que je lui ai dit. Comme j’avais remarqué la panne, Jean-Jacques a voulu l’annuler. Malheureusement, malgré le fait que le système automatique se soit remis en marche, d’autres paramètres avaient été faussés et le moteur ne donnait plus la puissance demandée. Evaluer le problème ne fut pas facile car tous les paramètres du moteur étaient bons ; flux de carburant, température, etc. En fait, nous nous trouvions en "extinction riche". Nous avons commencé à perdre de l'altitude et à un moment donné, nous sommes passés entre les poteaux d'éclairage de la nationale 5. Quand Jean-Jacques a crié "Bail out", je n’ai pas hésité pour m’éjecter. La dernière vision que j’ai eue est celle de son siège s’armant devant moi avant de quitter l’avion. Ensuite, je me suis évanoui à cause des G. Quand je suis revenu à moi, j'étais encore assis sur mon paquetage de survie. Nous nous étions éjectés tellement bas que la séquence n'avait pas pu se faire complètement. J'ai eu une chance incroyable mais Jean-Jacques, qui était parti quelques fractions de secondes après moi, a eu les jambes brisées par son siège. Nous étions tous les deux vivants, mais comme Jean-Jacques était blessé aux jambes et ne pouvait pas bouger, nous sommes restés tous les deux là au milieu des champs, à quelques mètres de l'avion d’où s’échappait beaucoup de fumée. La scène était surréaliste. Nous avons attendu les secours en fumant quelques ci******es. Les pompiers, l’ambulance et le chef de corps, le Col. Avi Bosman, sont arrivés sur place quelques longues minutes plus t**d. Ils étaient suivis par des journalistes à qui j’ai pu parler et expliquer les circonstances du crash.
Ensuite, il a fallu répondre aux questions de la commission d'enquête, souffler dans le ballon puis je suis revenu à l’escadrille où tous les collègues du 2e wing étaient présents pour fêter cette double éjection "heureuse".
Jean-Jacques, lui, est resté quelques semaines à l'hôpital où il fut remarquablement soigné à tel point qu’il a pu revoler sur F-16 et même devenir pilote démo.