28/11/2025
"Vous voulez résoudre une crise de 2025 avec des moyens des années 90", a lancé jeudi la cheffe de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Sarah Schlitz, à l'adresse du Premier ministre, Bart De Wever.
Les écologistes ont ouvert le feu de la deuxième journée de débat à la Chambre sur la déclaration de politique générale du Premier ministre, Bart De Wever.
Comme les autres partis de l'opposition de gauche avant eux, les Verts ont dénoncé un accord budgétaire qui fera payer le redressement des finances publiques aux travailleurs, aux malades et à la classe moyenne. Ils ont notamment attaqué l'augmentation des accises sur le gaz domestique et le saut d'index qui touchera près d'un travailleur sur deux. A leurs yeux, contrairement à ce qu'affirme le Premier ministre, d'autres choix étaient possibles. Près de 10 milliards d'euros auraient pu être trouvés si le capital était taxé comme le travail et si une taxe sur la fortune était instaurée.
Les attaques d'Ecolo sont mal passées dans la majorité, en particulier chez les Engagés: une taxation accrue des énergies fossiles ou une taxe sur les colis venant de l'extérieur de l'Europe, également au programme du gouvernement, correspondent à des revendications écologistes.
"Ce sont vos valeurs, les avez-vous abandonnées? Y a-t-il encore des écologistes dans ce parlement?" a demandé Marc Lejeune. Un argument également invoqué par M. De Wever qui a interrompu la députée Ecolo. La TVA sur le gaz passera à 21% en 2030 dans le cadre d'une directive européenne. "Ce sont les écologistes qui, au niveau européen, se sont battus pour l'imposer", a-t-il fait remarquer.
"Vous décidez d'accélérer cette augmentation sans aucune mesure d'accompagnement. Vos majorités coupent dans les budgets consacrés à l'isolation, il n'y a aucun accompagnement des locataires qui n'ont pas le choix", a répliqué Mme Schlitz, épinglant au passage une "écologie punitive" sous les railleries de ses collègues.
L'énergie et le saut d'index ne sont pas les seules cibles des Verts qui ont énuméré les autres hausses de taxes qui attendent les Belges, du paquet de frites aux festivals en passant par le ticket de cinéma, les nuits d'hôtel ou l'abonnement à la salle de sport. "C'est un budget austère pour une vie austère. Une vie qui ressemble à vos costumes : terne, rigide, sans relief. Vivre pour travailler, en renonçant à tout ce qui donne du goût à l'existence".