06/03/2025
A look back at chapter 5, at the Belgian Pavilion of the Venezia Biennale, through the eyes and voices of the Young Curators Storytellers. ⌢ Retour sur le chapitre 5, au Pavillon belge de la Biennale de Venise, à travers les yeux et les voix des Young Curators Storytellers. ⌢ Een terugblik op Hoofdstuk 5, in het Belgisch Paviljoen op de Biënnale van Venezia, door de ogen en stemmen van de Young Curators Storytellers.
Guennadi Maes
Un petti moment à Venise
La ville comme une mémoire.
À Venezia on se repère aux canaux, il faut avoir pris un bateau pour pouvoir se repérer dans la ville me dit-on.
Le reste vient naturellement, le plan s’imprime en nous et se repérer devient progressivement aussi instinctif que facile. Nous faisons corps avec la ville, devenons une de ses cellules mais aussi son tout, tout habitant, ce en quoi il se différencie des passants du hasard que la marée rejette incessamment, conserve en lui une version de la ville, pas moins ou plus vraie que toutes ces autres versions.
On connait aussi le nombre de ponts à traverser. On ne parle pas toujours en nombre de minutes de marches ou de vaporetto mais bien en nombre de ponts à traverser.
Venezia existe autant qu’elle est parcourue.
‿‿‿‿‿‿‿
Une bande de jeunes arrive en fin de journée. Ça cause, ça rit à plein poumon, ça s’esclaffe, et puis la musique commence et là ça explose.
Ils vont dans tous les sens, j’ai cru voir les géants remuer aussi. Je ne sais pas si ce sont les murs, le sol, les gens ou tout à la fois mais ça tremble. Ça va et ça revient. Quand ça s’éteint ils continuent, quand ils se rendent compte que ça repart un peu après ça dé***ne. Ils sautent plus haut que la structure, ils rebondissent sur le sol. Une chenille part et s’étend dans tout le pavillon.
À la fin de la seconde écoute ils me demande si je peux relancer, je dis bien sur et là ça hurle. Ils ont ramené d’autres amis, j’ai cru qu’ils n’allaient pas tous rentrer.
Ça dure au moins deux heures.
‿‿‿‿‿‿‿
Il y a des commencements et des fins, et leur ronde est charmante.
Finir c’est commencer.
Seulement quand on pense avoir fini quelque chose peut-on en commencer une autre, et cet autre sera toujours, qu’on le veuille ou pas, une suite de la précédente.
Le début de la fin de la fin du début, c’est toujours le commencement, le commencement de la fin. Seulement quand on pense avoir fini quelque chose, peut-on se retourner pour voir ce que l’on a fait, découvrir l’action qui se crée au moment où elle disparait. À peine observée et déjà racontée, finir c’est commencer. Commencer la suite, comme un pas de danse, à peine posé appelle le prochain rythme, comme un géant appelle son petit et vice-versa. Une poursuite f***e comme celle de carême qui a fini par commencer à devenir Carême, alors qu’il était carnaval et que donc carnaval s’est enfui ailleurs.
Il faut commencer par une phrase, dire « Écoutez mon histoire », « Il était une fois », « Abracadabra » Quand on entend ces formules, on est captif, on sait et on veut savoir. Car on sait aussi que le début de l’histoire contient sa fin. Et on voudrait la fin.
Commencer c’est terminer, et donc terminer c’est permettre le commencement, majuscule et points se suivent. Mais on veut aussi l’entendre ; on veut le vivre, le danser, le hurler, on veut y être.
Alors on y va, on veut que ça dure et pour ça il faut un jour que ça cesse.
‿‿‿‿‿‿‿
Image made by Guennadi Maes
� �
�
�architectes
bru.international