16/05/2025
Demain, il sera trop t**d pour en parler... La bataille aura pris fin...
Les Allemands ont déclenché leurs tirs d'artillerie sur Avesnes le 16 mai vers 22 heures et les premiers éléments de la 7 ème Panzer de Rommel se sont heurtés aux neuf chars Hotchkiss H39 rescapés de la montée en Belgique de la première compagnie du 25 ème Bataillon de Chars de Combat (BCC).
Le combat de nuit fut terrible et les photos prises par les Allemands ( Rommel en premier : il fallait garder de magnifiques souvenirs de la future défaite française) montrent bien les dégâts causés de part et d'autre.
C'est un épisode glorieux pour les deux parties mais le récit qu'en fait Rommel dans " La Guerre sans haine" (véritable entreprise d'auto-promotion qui aboutira au bâton de Maréchal) est assez rectifié par les souvenirs du lieutenant Sagot et par l'article "La Nuit d'enfer" qu'un journaliste de Lyon rédige après avoir écouté l'adjudant- chef Percollet en 1941.
Pour tous les détails militaires , on ne peut que renvoyer aux nombreux ouvrages qui ont traité le sujet.
Cependant, quatre-vingt-cinq ans après le tragique événement, on peut se permettre de pointer quelques problèmes de fond.
D'abord...il est presque impossible d'avoir une vue d'ensemble exacte d'une bataille ( on le sait depuis Stendhal et le récit que fait Fabrice Del Dongo de Waterloo).
Ne rêvons pas à une synthèse définitive de ce qui s'est réellement passé ces 16 et 17 mai et j'en veux pour preuve le nombre r***es qui ont essayé d'en parler ces vingt dernières années.
Autre preuve : le décompte des soldats décédés dans les salles militaires de l'hôpital d'Avesnes, ces deux jours là : 33 au total ( sur un total de 140!)
Or l'analyse du numéro le plus récent de GBM en se focalisant sur le 25 ème BCC posté sur la D962 en direction de Marbaix ( au passage merci à Bernard Lobet qui est abonné à la r***e et a pu nous en avoir plusieurs exemplaires) de Maroilles et de Landrecies ne relève que deux tués ( enterrés au cimetière d'Avesnes parmi les autres: il y 42 tombes pour mai juin 40 dont 12 inconnus).
Comment les autres ont-ils été touchés ?
Quelles ont été les pertes allemandes?
Soyons modestes et remettons souvent l'ouvrage sur le métier en fonction de la découverte de nouveaux documents ou de nouveaux témoignages.
Parlons aussi du capitaine Escande du 39 ème RI qui habitait Lorient, du médecin lieutenant colonel Blazy , directeur du service de santé de la 5 ème DI, médecin chef de l'hôpital mixte de Caen, âgé de 52 ans et tué rue Vauban, de ces tirailleurs marocains, tunisiens, de ces "soldats indigènes inconnus" venus de si loin et tombés le même jour ( ou nuit) que le chasseur Georges Fromont du 25 ème qui, lui, était simplement né à Boulogne sur Mer.
Certes, on pourrait estimer que tout cela n'a plus guère d'importance et que les récentes commémorations ( pour lesquelles nous avons travaillé et qui donneront lieu en novembre à la sortie d'un numéro spécial du Bulletin de la Société archéologique et historique de l'arrondissement d'Avesnes) étaient plutôt centrées sur la Libération et le retour des "absents ".
Mais la guerre c'est comme une pièce de théâtre : les processus tragiques enclenchés dès le début ne trouvent leur résolution qu'à la fin et en justifient les particularités.
Ne pas comprendre ce qui s'est passé en mai juin 40, c'est se condamner à ne pas comprendre ce qui s'est passé en 1944-45 ( et peut-être aussi ce qui nous menace encore à l'heure d'aujourd'hui....)