18/05/2025
Guinée : 65 ans d’indépendance, 65 ans de trahisons politiques ?
Je ne suis ni ethnocentriste, ni blogueur. Je suis un activiste Guineens de l’UFDG , engagé pour la défense de la patrie et pour le bien-être du peuple guinéen et africain. Voici un résumé sur mon regard sur l’histoire politique de la Guinée.
1958 : L’espoir assassiné par la terreur
Tout commence en 1958, avec un « Non » historique à la France. Le peuple guinéen portait alors Sékou Touré comme un héros de l’indépendance. Mais cet espoir a rapidement été étouffé. Le régime qu’il instaure devient l’un des plus répressifs du continent. Arrestations arbitraires, exécutions massives, tortures au tristement célèbre Camp Boiro… Des milliers de Guinéens perdent la vie sous un régime dictatorial qui prônait le patriotisme, mais régnait par la peur. Ahmed Sékou Touré meurt en 1984, laissant un pays traumatisé et isolé.
1984 - 2008 : Le règne du pillage sous Lansana Conté
À la mort de Sékou Touré, le pouvoir tombe entre les mains du Général Lansana Conté. Militaire sans réelle formation politique, son régime sera celui de la décadence économique et sociale. Biens de l’État bradés à des particuliers, corruption à tous les niveaux, destruction des services publics, enrichissement personnel… Sous son règne, la Guinée s’enfonce dans une misère chronique. Il meurt en décembre 2008, laissant un pays à genoux.
2009 : Dadis Camara, du sauveur au bourreau
Après la mort de Conté, le capitaine Moussa Dadis Camara prend le pouvoir par un coup d’État. D’abord salué comme une alternative, il sombre très vite dans l’autoritarisme. Le massacre du 28 septembre 2009, lors d’une manifestation pacifique, choque le pays et le monde entier. Dadis sera évacué après avoir été grièvement blessé par son propre aide de camp. Il est remplacé par le Général Sékouba Konaté, qui ouvre une transition vers des élections démocratiques.
2010 : Alpha Condé, l’homme du peuple devenu tyran
Élu en 2010 après des décennies d’opposition, Alpha Condé est accueilli comme un sauveur. Charismatique, expérimenté, il promet la rupture avec les anciennes pratiques. Au début, il s’attaque aux contrats miniers douteux, réforme les institutions, modernise l’administration. Mais ce rêve est de courte durée. Rapidement, les mêmes maux réapparaissent : favoritisme ethnique, répression politique, inflation, gabegie, et surtout… une modification de la Constitution pour s’offrir un troisième mandat. Ce coup de force électoral entraîne de violentes répressions. Des jeunes sont tués, d’autres deviennent handicapés. La Guinée retombe dans l’abîme. Le 5 septembre 2021, Alpha Condé est renversé par les forces spéciales dirigées par le colonel Mamadi Doumbouya.
2021 à aujourd’hui : La boussole cassée du CNRD
Le putsch du colonel Doumbouya est salué par la population comme une libération. Son slogan « La justice sera la boussole qui guidera chaque Guinéen » redonne espoir. Il promet une transition sans candidature de ses membres, une refondation de l’État, une gouvernance éthique. Mais aujourd’hui, la réalité est tout autre.
La boussole de la justice est devenue un outil de chasse politique. Arrestations arbitraires, disparitions d’activistes, pressions judiciaires via la CRIEF contre les opposants, détournements couverts, gestion opaque, volonté claire de s’éterniser au pouvoir… Le CNRD, sous la direction de quatre généraux (Mamadi Doumbouya, Idi Amin, Balla Samoura, Amara Camara), donne l’image d’un pouvoir qui s’accroche. Le peuple, lui, est de nouveau pris en otage.
Conclusion : La Guinée mérite mieux
Depuis l’indépendance, chaque régime est arrivé avec des promesses. Mais tous ont échoué à mettre le peuple au centre. Trahisons, sang versé, pauvreté organisée, pillage des ressources… L’histoire politique de la Guinée est une succession de désillusions. Le pays ne manque pas de ressources, ni de talents. Il manque simplement d’hommes et de femmes sincères, intègres, prêts à servir la nation au lieu de se servir.
Je le répète : je ne suis ni pour, ni contre un parti. Mon combat, c’est celui de la vérité, de la justice, de la dignité et de l’avenir de la Guinée.