Gardiens de la Nature

Gardiens de la Nature Une communauté dédiée à la protection des animaux, à la défense de la nature et à la dénonciation de toute forme de cruauté.

Nous partageons informations, sensibilisation et appels urgents à la compassion. Certains contenus peuvent être choquants — pruden

30/08/2026

Elle sait qui vous êtes. Et elle peut le transmettre à ses petits.

La corneille noire mémorise les visages humains. Un visage associé à une menace déclenche une réaction de défense, et les jeunes apprennent à réagir au même visage en observant leurs parents, sans jamais avoir eu de contact direct.

🐾 Son cerveau contient une densité de neurones bien supérieure à celle de mammifères de taille comparable. Elle utilise des outils, résout des problèmes en plusieurs étapes, et collabore avec son partenaire pour défendre un territoire et élever les petits.

Les couples consolident leurs nids en fin d'hiver avant la saison de reproduction. Ces nids ne servent pas qu'à elles. Des faucons et des hiboux les réutilisent les années suivantes.

Elle vit en couple stable, souvent sur le même territoire pendant des années. Si vous la voyez au même endroit chaque matin, c'est probablement la même depuis un moment.

Elle vous connaît mieux que vous ne la connaissez 🐾

27/08/2026

Un oiseau a percuté votre vitre. Il est au sol, immobile, les yeux ouverts. Il n'est pas forcément mort. Il est probablement commotionné.

Ne lui donnez pas d'eau. Ne le relancez pas en l'air. Les deux aggravent la situation.

🐾 Le seul geste utile :

- Prenez-le doucement sans serrer, avec un tissu si besoin.
- Déposez-le dans un carton avec des trous d'aération, fond tapissé de papier absorbant.
- Fermez le carton. Placez-le dans un endroit calme, à température stable.
- N'ouvrez pas pendant une à deux heures. Le noir et le silence permettent au système nerveux de se stabiliser.
- Après deux heures, sortez le carton dehors et ouvrez. S'il s'envole, c'est gagné. Sinon, refermez et contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage.

Pour réduire les collisions : des marques visibles sur la face extérieure de la vitre, des bandes verticales espacées, ou un rideau clair suffisent souvent.

Un carton, le noir, deux heures. C'est tout ce qu'il demande 🐾

Vous avez peut-être aperçu, au fond d'un vieux verger ou sur une pelouse, un oiseau si spectaculaire que vous l'avez cru...
11/08/2026

Vous avez peut-être aperçu, au fond d'un vieux verger ou sur une pelouse, un oiseau si spectaculaire que vous l'avez cru échappé d'un zoo tropical : une crête orange en éventail, un plumage tigré de noir et blanc, un long bec courbe, un vol qui ondule comme celui d'un papillon. Ce n'est pas un exotique. C'est la huppe fasciée, et elle est bien de chez nous.

On la prend pour une étrangère, et pourtant elle passe chaque printemps et chaque été en France. Migratrice, elle hiverne en Afrique, puis remonte dès la fin février dans le Sud, en mars ou avril ailleurs, et repart en août. De la taille d'un merle en plus élancé, elle porte une huppe érectile qu'elle déploie en éventail quand elle est excitée ou se pose, et referme aussitôt. Son plumage orangé zébré et son vol papillonnant en font l'un des oiseaux les plus reconnaissables — et les plus impressionnants — de nos campagnes.

🌿 Sous ces allures de paradisier, c'est une travailleuse du sol. La huppe passe son temps à sonder la terre, l'herbe et les fentes d'écorce de son long bec recourbé, à la recherche d'insectes et de larves. Son menu est un catalogue des ennemis du jardinier : courtilières, vers blancs, chenilles, grillons, fourmis, scarabées, limaces et escargots. Elle affectionne particulièrement les larves qui grouillent dans les bouses des prés pâturés. Autrement dit, là où elle chasse, elle nettoie le sol de ses ravageurs. Et elle a un moyen de défense pour le moins original : quand elle couve, la femelle et les poussins sécrètent une substance à l'odeur repoussante, et le nid, volontairement laissé sale, devient si nauséabond qu'il décourage les prédateurs. Une forteresse puante.

🐾 Malheureusement, la huppe se raréfie. La cause est nette : la transformation du bocage depuis les années 1950 — remembrement, arrachage des haies, disparition des vieux arbres à cavités et des prés pâturés — lui a retiré à la fois ses garde-manger et ses sites de nid. Car elle niche dans les trous : un vieil arbre creux, une fente de mur, parfois un bâtiment. Sans cavités et sans insectes, elle disparaît.

🏡 Ce que vous pouvez faire :
- Gardez les vieux arbres à cavités — chênes, châtaigniers, vieux fruitiers : ce sont ses logements
- Préservez les haies champêtres et, si vous le pouvez, laissez une zone de pré non traitée : elle y trouve ses courtilières et ses larves
- Bannissez les insecticides et les vermifuges qui stérilisent les bouses : ils suppriment le cœur de son alimentation
- Posez un nichoir à huppe (grand, à trou large) en lisière de verger ou de prairie : elle peut l'adopter

Vous cherchiez un oiseau extraordinaire, digne des tropiques. Il déploie sa crête orange dans les vieux vergers de France, et il mange les courtilières de votre potager.

EN BOUCHANT UN SIMPLE TROU DE QUINZE CENTIMÈTRES DANS VOTRE GRANGE, VOUS AVEZ PEUT-ÊTRE MIS À LA PORTE VOTRE MEILLEURE A...
10/08/2026

EN BOUCHANT UN SIMPLE TROU DE QUINZE CENTIMÈTRES DANS VOTRE GRANGE, VOUS AVEZ PEUT-ÊTRE MIS À LA PORTE VOTRE MEILLEURE ALLIÉE.

Elle ne demande pas de salaire. Elle travaille chaque nuit, sans un bruit, à débarrasser vos abords des rongeurs. Et elle vit à vos côtés depuis des siècles. C'est la chouette effraie — la « dame blanche » — et elle est en train de disparaître pour une raison qui tient en un mot : le logement.

UNE LOCATAIRE FIDÈLE, DEPUIS TOUJOURS
→ Contrairement à d'autres chouettes, l'effraie ne construit pas de nid et ne niche pas dans les arbres. Elle a besoin de nous, ou plutôt de nos bâtiments : granges, greniers, clochers, ruines, pigeonniers. Depuis des siècles, elle s'installe par les ouvertures libres du vieux bâti rural, et les paysans, qui la savaient utile, la laissaient faire.
→ Le problème d'aujourd'hui, c'est que ces ouvertures se ferment. Les granges sont rénovées et murées, les combles aménagés, les clochers grillagés pour tenir les pigeons à l'écart — mais le même grillage barre la route à l'effraie. Privée de site où nicher, elle ne se reproduit tout simplement pas cette année-là. Elle n'a pas de solution de repli. Et son déclin, en France, est marqué et continu.

CE QU'ELLE FAIT POUR VOUS
→ Son menu est composé à plus de quatre-vingt-quinze pour cent de campagnols, mulots et musaraignes. C'est l'auxiliaire agricole par excellence.
→ Un couple, avec sa nichée de l'année, élimine plusieurs milliers de rongeurs — de l'ordre de trois à cinq mille par an. Sans piège, sans poison, sans facture. Là où un rongeur ravage les récoltes et les réserves, elle rétablit l'équilibre, gratuitement.
→ Et c'est un rapace protégé par la loi : la déranger ou la détruire est interdit.

LES DEUX AUTRES DANGERS QUI LA GUETTENT
→ La route. L'effraie chasse en rase-mottes le long des bords enherbés, souvent au ras des chaussées. Chaque année, en France, ces collisions tuent des milliers d'entre elles. Sur une route de campagne, la nuit, lever le pied peut lui sauver la vie.
→ Le poison. Comme sa cousine la hulotte, elle avale les rongeurs empoisonnés aux raticides, et le poison s'accumule dans son corps. En protégeant vos granges de la chimie, vous la protégez aussi.

COMMENT LUI ROUVRIR LA PORTE
→ Si vous avez une grange, un hangar, un grenier avec un accès sous les toits : le principe est de lui ménager une ouverture d'une quinzaine de centimètres en hauteur, dans le pignon, avec à l'intérieur une plateforme tranquille et sombre où elle pourra pondre. La LPO diffuse des plans précis et éprouvés — mieux vaut suivre leur modèle que bricoler au jugé.
→ Si un clocher doit être grillagé, on peut y aménager une chatière à effraie qui la laisse passer tout en bloquant les pigeons.
→ Et la règle d'or : ne bouchez jamais un accès pendant la belle saison. De février à octobre, une nichée peut s'y trouver. Refermer, ce serait condamner les petits.

Vous n'avez pas de grange ? Un nichoir à effraie, fixé haut sur un mur de bâtiment, fait aussi bien l'affaire.

Vous avez peut-être renvoyé, sans le vouloir, la meilleure employée de votre ferme.

Un trou de quinze centimètres suffit pour la réembaucher.

Cette grosse chenille verte annelée de noir et d'orange sur votre persil ou votre fenouil vient de faire quelque chose d...
10/08/2026

Cette grosse chenille verte annelée de noir et d'orange sur votre persil ou votre fenouil vient de faire quelque chose d'étrange : vous avez frôlé la tige, elle s'est cabrée, et deux cornes orange vif ont jailli de derrière sa tête. Elles ressemblent à une langue de serpent. Et elles sentent atrocement mauvais. C'est une arme — et cette chenille est un futur machaon, l'un de nos plus beaux papillons.

L'organe orange s'appelle un osmétérium, et c'est une exclusivité des chenilles de la famille des porte-queue. Au repos, il est invisible, replié derrière la tête. Mais dès que la chenille se sent menacée, elle le déploie en une fraction de seconde : une fourche molle, colorée, qui libère aussitôt une odeur répulsive. Pour une fourmi, une guêpe ou un petit prédateur qui s'en approche, c'est un signal de dégoût immédiat — l'attaque s'arrête net. Cette chenille lente et dodue, incapable de fuir, se défend par la chimie et par le bluff.

🌿 Et devinez ce qu'elle mange. Le machaon pond sur les ombellifères : fenouil, carotte, aneth, persil, angélique. Autrement dit, votre carré d'aromatiques est son garde-manger. Elle va s'y nourrir quelques semaines, grossir, puis se ceinturer à une tige pour se transformer en chrysalide. De cet emballage terne sortira l'un des papillons les plus spectaculaires de France : de grandes ailes jaune clair veinées de noir, bordées de bleu, avec une touche de rouge et deux fines « queues » à l'arrière. C'est le grand porte-queue, présent dans tous nos départements — mais en recul, comme tant de papillons.

🐾 Alors voici le marché, et il est simple. Le persil repousse. Le machaon, lui, ne repousse pas. Une chenille sur vos aromatiques n'est pas un ravageur à écraser : c'est une des plus belles métamorphoses de votre jardin en train de se préparer. Quelques feuilles de fenouil sont un prix dérisoire pour voir un porte-queue naître chez vous.

🏡 Ce que vous pouvez faire :
- Laissez-la manger : elle prélève un peu de feuillage, jamais toute la plante
- Pour avoir les deux, semez quelques pieds de fenouil, d'aneth ou de persil en plus, et offrez-lui sa part
- Ne la manipulez pas : l'osmétérium ne vous fera aucun mal, mais il sent mauvais et peut tacher
- Bannissez les insecticides sur vos aromatiques : ils tueraient les chenilles de machaon comme les autres pollinisateurs en devenir

Vous vouliez protéger votre persil. Vous teniez sans le savoir la nurserie d'un des plus beaux papillons de France.

CE PETIT BIJOU CHANTEUR, VOUS N'AVEZ PAS BESOIN DE L'ACHETER NI DE L'ENFERMER. LAISSEZ-LE VENIR À VOUS.Sa face est d'un ...
09/08/2026

CE PETIT BIJOU CHANTEUR, VOUS N'AVEZ PAS BESOIN DE L'ACHETER NI DE L'ENFERMER. LAISSEZ-LE VENIR À VOUS.

Sa face est d'un rouge éclatant, ses ailes noires barrées d'une flamme jaune, et son chant est une cascade de trilles claires, d'une richesse rare. Le chardonneret élégant est l'un des plus beaux oiseaux de nos jardins. Et c'est précisément ce qui le condamne.

UN OISEAU QU'ON AIME TROP, ET TROP MAL
→ Sa beauté et son chant lui valent d'être capturé en masse, à la glu, pour finir vendu en cage. C'est l'un des passereaux les plus braconnés du pays.
→ Mais l'enfermer, c'est le détruire. En liberté, il vit une dizaine d'années. En cage, deux à trois, guère plus. Et beaucoup ne survivent même pas aux jours qui suivent leur capture.
→ Sachez-le clairement : le chardonneret est une espèce protégée. Le capturer, le détenir, le vendre est un délit, passible d'une lourde amende et de prison. Si vous en voyez un en cage, vous pouvez le signaler à l'Office français de la biodiversité ou à la LPO.

MAIS CE N'EST PAS DE CELA QUE JE VEUX VOUS PARLER. JE VEUX VOUS PARLER DE VOTRE JARDIN.
→ Car voici la merveille : vous pouvez avoir des chardonnerets chez vous, chaque jour, sans rien acheter et sans enfermer personne. Il suffit de leur offrir ce qu'ils cherchent : des graines sauvages.
→ Le chardonneret est un mangeur de graines passionné — on dit qu'il en consomme plus de cent cinquante sortes. Et son grand favori, celui qui lui donne son nom, c'est le chardon. Avec les cardères, les centaurées, les pissenlits.
→ Or ce sont exactement les plantes que l'on arrache parce qu'elles font « désordre ». En les coupant, on vide son garde-manger.

COMMENT LE FAIRE VENIR, ET RESTER
→ Laissez monter en graines vos chardons et vos cardères, au lieu de les couper. Leurs têtes sèches sont un festin pour tout l'automne et l'hiver.
→ Semez des tournesols et des cosmos : ils grainent en abondance de l'été à l'automne. C'est le bon moment.
→ Gardez un coin de jardin volontairement sauvage, une petite friche de pissenlits et de hautes herbes. C'est un aimant à chardonnerets.
→ Posez un point d'eau peu profond : il vient boire et se baigner souvent.
→ Et surtout, ne traitez pas vos plantes. Au printemps, le chardonneret nourrit ses petits de pucerons et de chenilles. Les insecticides suppriment à la fois ses graines et ses proies.

Un carré de chardons et de cardères qu'on laisse vivre fait plus pour le chardonneret que n'importe quel geste.

Ne l'achetez pas. Ne l'enfermez pas.

Plantez, laissez faire, et il viendra — libre, éclatant, et chantant à votre fenêtre.

Vous avez entendu des grattements sous le toit. Vous avez trouvé des crottes. Au crépuscule, vous avez vu de petites for...
09/08/2026

Vous avez entendu des grattements sous le toit. Vous avez trouvé des crottes. Au crépuscule, vous avez vu de petites formes sombres s'échapper d'un interstice sous la volige. Des chauves-souris. Vous avez voulu vous en débarrasser, vous avez fait boucher le trou. En plein été.

Les adultes que vous avez exclues étaient des mères. Et leurs petits — nés au début de l'été, encore incapables de voler — sont toujours à l'intérieur. Ils ne peuvent pas suivre les adultes dehors. Ils vont ramper dans vos murs en cherchant une sortie, en appelant leur mère, et mourir dans la structure. Vous les sentirez au bout d'une semaine environ.

C'est ce qu'on appelle un emmurement, et c'est l'inverse d'une exclusion correcte. De mai à septembre, les femelles se regroupent dans les combles pour mettre bas et élever leurs jeunes : c'est la colonie de mise bas. La pipistrelle commune, la plus fréquente dans nos maisons, forme ainsi des colonies de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de femelles selon les sites. Toutes les chauves-souris sont strictement insectivores : une seule colonie débarrasse chaque nuit votre voisinage de plusieurs centaines à plusieurs milliers de moustiques, moucherons et papillons de nuit.

La bonne procédure consiste à n'intervenir qu'après l'envol des jeunes, à la fin de l'été ou en début d'automne, en posant un dispositif anti-retour : les adultes sortent, ne peuvent plus rentrer, et rejoignent un autre gîte. Boucher un gîte entre mai et septembre condamne les jeunes non volants à l'intérieur.

Et ce n'est pas seulement cruel : c'est illégal. En France, toutes les chauves-souris sont protégées par l'article L.411-1 du Code de l'environnement et l'arrêté du 23 avril 2007. La loi interdit non seulement de les tuer ou de les perturber, mais aussi de détruire ou d'altérer leurs sites de reproduction.

🦇 Le bon réflexe :
- Ne bouchez jamais un accès entre mai et septembre : attendez le départ automnal de la colonie
- Ne manipulez jamais une chauve-souris à mains nues : mettez des gants, elle peut mordre pour se défendre
- Contactez le réseau SOS Chauves-souris (via la SFEPM) avant toute intervention : le conseil est gratuit
- Un jeune tombé ? Placez-le en hauteur à la tombée de la nuit près de la colonie : la mère vient le récupérer

Boucher en octobre, pas en juillet. Le calendrier, c'est toute la différence entre une exclusion et un emmurement 🌿

Ce petit animal au museau pointu que vous prenez pour une souris et que vous voulez chasser de votre jardin n'est pas un...
09/08/2026

Ce petit animal au museau pointu que vous prenez pour une souris et que vous voulez chasser de votre jardin n'est pas un rongeur. C'est une musaraigne. Et son cœur bat jusqu'à 1 000 fois par minute.

Regardez ce chiffre une seconde. Mille battements par minute — chez la plus petite espèce, la musaraigne étrusque, on monte jusqu'à environ 1 500. À ce régime, la musaraigne vit dans une urgence permanente. Elle doit manger chaque jour l'équivalent de son propre poids en proies, parfois près du double chez les plus minuscules. Et si elle jeûne seulement quelques heures — une dizaine au maximum — elle meurt. Pas de faiblesse, pas de sursis : son moteur cale.

Alors elle ne s'arrête jamais vraiment. Elle chasse jour et nuit, par cycles de quelques heures, sans jamais dormir longtemps. Ce n'est pas de l'agitation : c'est une course contre sa propre thermodynamique. Un corps aussi petit — de 2,5 à 28 grammes selon l'espèce — perd sa chaleur si vite qu'il faut la rebrûler sans cesse.

Et ce qu'elle brûle, ce sont vos ravageurs. Insectivore stricte, elle dévore limaces, escargots, chenilles, larves, araignées et cloportes. La France compte une dizaine d'espèces de ces micromammifères, tous précieux au jardin — elles chassent dans des recoins du sol inaccessibles à la taupe comme au hérisson.

L'hiver, quand les proies manquent, certaines réalisent un tour de force que la science appelle l'effet Dehnel : leur crâne et leurs organes internes rétrécissent, jusqu'à perdre 20 % de leur masse, pour consommer moins. En cas de disette brutale, elles peuvent aussi tomber en torpeur, laissant chuter leur température à 12-18 °C avant de la faire remonter en quelques minutes.

🐾 Comment la protéger au jardin :
- Ne la confondez pas avec une souris : museau très pointu, minuscules yeux, cinq doigts aux pattes avant — ce n'est pas un rongeur et elle ne s'attaque ni aux réserves ni aux câbles
- Laissez des tas de bois, de feuilles et des bordures enherbées : c'est là qu'elle chasse
- Zéro anti-limaces : c'est sa nourriture, et le poison remonte la chaîne
- Si un chat en rapporte une, sachez qu'il la tue souvent sans la manger, gêné par ses glandes odorantes — gardez le chat rentré à l'aube et au crépuscule

Le plus petit chasseur de votre jardin ne survivra pas à un après-midi de jeûne. Et pourtant il tient depuis des millions d'années 🌿

Certaines plantes de nos bords de chemins ne piquent pas, ne griffent pas, et ne sentent rien. Elles vous brûlent quand ...
09/08/2026

Certaines plantes de nos bords de chemins ne piquent pas, ne griffent pas, et ne sentent rien. Elles vous brûlent quand même — mais seulement le lendemain, une fois que le soleil a fait son œuvre. Ce sont les ombellifères phototoxiques, et il faut apprendre à ne pas les toucher.

Le principe est sournois. La sève de plusieurs grandes ombellifères à fleurs blanches ou jaunes — le panais sauvage, les berces — contient des furanocoumarines. Seules, elles ne font rien. Mais si cette sève se dépose sur votre peau et que celle-ci est ensuite exposée au soleil, la réaction se déclenche : une brûlure, parfois du deuxième degré, qui n'apparaît pas tout de suite. Vous ne sentez rien sur le moment. C'est plusieurs heures, voire un jour ou deux plus t**d, que la peau rougit, cloque et brûle comme après un coup de chaud chimique. Et ces brûlures sont longues à cicatriser, laissant parfois des marques durables.

🌿 La plus redoutable est la berce du Caucase, une géante invasive qui peut dépasser deux mètres. Ce qui la rend dangereuse, c'est la quantité de sève qu'elle libère quand on la coupe ou qu'on débroussaille : les cloques peuvent atteindre la taille d'une pomme de terre. Sa cousine, la berce commune, et le panais sauvage sont moins violents mais reposent sur le même mécanisme. Le point important : ne cherchez pas à devenir expert en identification. Nos ombellifères se ressemblent toutes, et la famille compte des espèces parmi les plus toxiques de notre flore — grande ciguë, ciguë vireuse, œnanthe safranée. Le bon réflexe n'est pas de trier, c'est de ne pas manipuler à mains nues une grande ombellifère inconnue.

🐾 Que faire, alors, sans céder à la panique ? Ces plantes ne sont pas « le mal » : beaucoup d'ombellifères sont d'excellentes ressources pour les pollinisateurs, et elles ont leur place dans la nature. Le problème, c'est le contact peau nue plus soleil. Il suffit donc de s'en tenir à distance et de se protéger quand on jardine ou débroussaille près d'elles.

🏡 Ce que vous pouvez faire :
- Ne touchez pas à mains nues une grande ombellifère que vous ne connaissez pas : gants, manches longues et pantalon pour débroussailler à proximité
- Si de la sève touche votre peau, lavez aussitôt à l'eau et au savon, puis gardez la zone couverte et à l'ombre au moins deux jours
- En cas de contact avec les yeux, rincez abondamment à l'eau claire et portez des lunettes de soleil ; consultez si une brûlure apparaît
- Si vous repérez une berce du Caucase (géante, plus de deux mètres), ne la coupez pas vous-même et signalez-la : c'est une invasive, sa gestion relève de professionnels équipés

Ces plantes ne vous préviennent pas. Le soleil s'en charge, avec un jour de ret**d. Regardez, protégez-vous, et ne touchez pas.

CET ÉTÉ, SANS QUE VOUS LE SACHIEZ, LE PLUS BEL OISEAU DE VOS ARBRES S'APPRÊTE À DISPARAÎTRE POUR L'AFRIQUE.On dit du lor...
08/08/2026

CET ÉTÉ, SANS QUE VOUS LE SACHIEZ, LE PLUS BEL OISEAU DE VOS ARBRES S'APPRÊTE À DISPARAÎTRE POUR L'AFRIQUE.

On dit du loriot qu'il « arrive t**d et part tôt ». C'est un visiteur pressé : à peine trois mois parmi nous, le temps d'un été, et déjà il se prépare à repartir. Et ce moment, c'est maintenant.

UN DÉPART DANS LE PLUS GRAND SECRET
→ Dès la fin juillet, alors que ses petits de l'année viennent tout juste de devenir autonomes, le loriot commence son long voyage de retour. Bientôt, un matin, il n'y aura plus une seule flûte dans les grands arbres. Vous ne l'aurez même pas vu partir.
→ Car il voyage de nuit. Seul, ou en petits groupes dispersés, à la faveur de l'obscurité, il file vers le sud pendant que le monde dort. Les mâles s'en vont les premiers, les femelles ensuite. Et souvent, le père quitte ses jeunes en chemin : chacun poursuivra seul sa route.
→ Devant lui, un immense périple. Il gagnera la Méditerranée, se gavera de figues et de fruits pour faire ses réserves, franchira l'Égypte, puis l'immensité du Sahara, pour ne s'arrêter qu'en Afrique tropicale, très loin au sud, qu'il atteindra à l'automne.

LE DANGER DU VOYAGE
→ Mais cette route est semée de pièges. Chez nous, le loriot est strictement protégé. Ailleurs, sur son chemin, il ne l'est pas. Dans plusieurs pays de passage — au Liban, en Égypte, jusqu'en Italie — il est chassé et braconné en grand nombre pendant sa migration.
→ Tant d'efforts pour le protéger ici peuvent ainsi être anéantis là-bas. La sauvegarde d'un oiseau migrateur ne connaît pas les frontières.

CE QU'IL VOUS RESTE, AVANT QU'IL NE PARTE
→ Il vous reste quelques jours, peut-être quelques semaines, pour l'entendre une dernière fois cette année. Alors profitez-en : allez tendre l'oreille près des grands arbres, tant que sa flûte résonne encore.
→ Et rappelez-vous que si vous l'entendez chaque été, c'est que vos vieux arbres, vos peupleraies, vos ripisylves ont tenu bon. Ils sont son escale française. Gardez-les, et il reviendra. Fidèle, il retrouve chaque printemps le même bois — parfois le même arbre.

Il est arrivé en avril dans le silence.

Il repartira en août dans le silence.

Et entre les deux, si vous avez su lever la tête et écouter, il vous aura offert le plus beau chant de l'été.

À l'an prochain, l'oiseau d'or.

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